| UNSPECIAL
No 632 Septembre - September 2004
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| ÉDITORIAL Les dinosaures ont
toujours tort COMMEMORATION Une tragédie INTERVIEWS La gestion des ressources
humaines PERSONNEL Breaking the Stereotype:
From Asebe Teferi all the way to Geneva GLOBE Place des Nations:
un nouvel environnement SERVICES Traduction à
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à thèmes FEUILLETON Second suicide?
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Une tragédieLe Secrétaire général à loccasion de lanniversaire de lattentat de Bagdad: «Ce fut une tragédie pour chacun dentre nous» Déclaration du Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan à loccasion de la cérémonie marquant le premier anniversaire de lattentat contre le Bureau des Nations Unies à Bagdad: «Chers amis, chers collègues, ce qui sest passé à Bagdad il y a un an fut une tragédie, surtout pour les parents et les proches des 22 personnes qui ont perdu la vie et pour ceux qui ont subi des blessures physiques, psycho- logiques ou affectives. Ce fut aussi une tragédie pour chacun dentre nous, car nous avons perdu des amis et des collègues, dont certains très proches, et parce quil sagissait dune attaque directe contre le drapeau bleu et contre nous, qui consacrons notre vie à lONU. Le choc a été et reste très difficile à absorber. Je sais que lannée qui sest écoulée depuis ces événements vous a apporté bien peu de réconfort. Malgré nos efforts, et malgré lenquête que continuent de mener les États- Unis, nous attendons encore des réponses. Jespère de tout cœur que tôt ou tard, les responsables auront à répondre de leurs actes, et que ce massacre délibéré ne restera pas impuni. Je madresse tout dabord aux parents et aux proches de ceux qui ont perdu la vie dans lattentat, à ceux qui lont vécu en direct et à ceux qui en sont sortis blessés: Je tiens à vous remercier dêtre parmi nous en ce jour, particulièrement ceux qui ont fait un long voyage. Je suis très touché de vous voir ici. Nous sommes par la pensée et la prière de tout cœur avec vous. Je ne peux quimaginer la force et le courage dont vous avez dû faire preuve, depuis un an, pour survivre. Et pourtant je sais que vous nêtes pas au bout de vos épreuves et que certains dentre vous ne sen remettront jamais. LOrganisation des Nations Unies et moi-même continuerons de partager votre chagrin et votre souffrance. Je madresse à présent à vous tous, les membres de la grande famille des Nations Unies: Nous avons souvent fait lobjet dactes de violence et dintimidation. Nous avons perdu des centaines de collègues. Depuis lattentat de Bagdad, 17 autres Casques bleus et collaborateurs civils de lOrganisation sont tombés, victimes dactes dhostilité dirigés contre eux alors quils travaillaient pour la paix. Le sacrifice quils ont fait, nous le saluons aussi aujourdhui.
Mais lattentat dirigé contre lHôtel Canal nous a porté un coup particulièrement dur. Il nous a mis face à face avec une nouvelle forme de danger, plus effrayant encore: nous, les serviteurs de lOrganisation, risquons dêtre tués ou blessés non plus seulement parce quil se fait que nous servons cette Organisation en un lieu et à un moment donnés, mais aussi, peut-être, parce que nous sommes devenus une cible de choix pour les auteurs de vio-ences politiques. Nous sommes aujourdhui aux prises avec des questions aussi fondamentales que déchirantes: Comment mieux nous protéger sans pour autant compromettre laccomplissement de notre mission ou trop perdre en efficacité? Cest pour les populations que nous travaillons. Nous devons avoir accès à elles et elles doivent avoir accès à nous. Dans le monde daujourdhui, comment concilier cet impératif douverture et celui de sécurité? Que faire, par exemple en Iraq et dans certaines parties de lAfghanistan, quand beaucoup y compris le Conseil de sécurité veulent et attendent de nous que nous apportions notre aide, mais que quelques-uns sont déterminés à nous en empêcher à tout prix? La donne sest-elle complètement modifiée, ou sagit-il seulement dune passe particulièrement difficile? Nous nous efforçons sérieusement de trouver des réponses, et de remédier à nos propres insuffisances structurelles. Beaucoup a déjà été fait, mais il reste encore beaucoup à faire. Je peux vous assurer que je veillerai toujours à ce que les précautions les plus drastiques soient prises pour assurer la sécurité du personnel des Nations Unies et que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que notre famille ne connaisse plus de tragédie comme celle-là. Je sais que lannée qui sest écoulée depuis lattentat a été difficile pour chacun dentre vous. Pour moi-même, elle a été non seulement difficile, mais aussi occupée par dintenses réflexions. Nous venions de connaître une guerre dont je pensais sincèrement quelle aurait pu être évitée quand jai perdu 22 amis et collègues exceptionnels que javais envoyés en Iraq pour quils aident à gérer les suites de cette guerre et à rétablir la stabilité et la paix, ce qui était le vœu le plus cher de la plupart des Iraquiens. Ils furent interrompus dans leur mission et emportés par un acte dune violence absolument odieuse.
Jai constamment leurs visages à lesprit. Des souvenirs heureux se mêlent à dautres souvenirs, douloureux, en particulier ceux des conversations que nous avons eues juste avant leur départ et pendant leur séjour à Bagdad. Imaginez-vous combien jai souffert, et combien jai été découragé et affligé par cette perte, non seulement en tant quami, mais aussi parce quen définitive, cest à moi quil incombe de protéger les intérêts du personnel des Nations Unies et de garantir sa sécurité. Personne, je crois, à part peut-être mon épouse, Nane, ne saura jamais combien cette tragédie ma affecté. Elle ma atteint jusquaux tréfonds de mon être. Permettez-moi, pour conclure, de vous parler dun aspect particulier de ma culture. Nous, les Akans, pensons que la mort ne nous sépare pas de nos parents bienveillants. Leur esprit est constamment avec nous, et il est si vivant que nous sentons leur présence et pouvons même parfois leur parler. Cest pourquoi nous leur demandons aide et conseils dans les situations importantes, dans la victoire et dans la défaite, dans la joie et dans la peine. La douleur du traumatisme que nous avons subi nest pas prête de passer. Mais notre foi dans la cause de la paix nen est en rien diminuée, notre détermination reste entière et notre tâche se poursuit. Et chaque jour, alors que nous œuvrons pour la paix, nous sentons à nos côtés ces êtres chers que nous avons perdus, et nous rendons hommage à tous ceux qui périrent il y a de cela exactement un an. Chers amis, je vous prie de vous lever et dobserver avec moi une minute de silence, à la mémoire de toutes les victimes et en communion avec tous ceux qui les pleurent ». |
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