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No 631 July-August - Juillet-Août 2004
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| ÉDITORIAL Worse than watching grass grow INTERVIEW Comment va la caisse des pensions? How is the Pension Fund doing? PERSONNEL The 2004 Medal Awards Ceremony Cérémonie de remise de distinctions 2004 The Staff Council created GPAFI Le Conseil du personnel a créé le GPAFI « Passez la Flamme, unissez le monde » GLOBE Enigmas (4): Whose footprint is on the peak? SERVICES En travaux cet été au Palais des Nations - Work in progress this summer at the Palais des Nations LOISIRS Pourquoi ne pas le faire? LAr du Tsan FEUILLETON
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Vers des sociétés du savoirInterview avec Mme Ingeborg Breines, directrice du bureau de liaison de lUNESCO à Genève. Par Sergio da Silva ONU/STIC.
Grâce aux technologies de linformation, il devient plus facile daccéder à linformation et à la connaissance. Quel est votre regard sur cette démocratisation de la culture? I. Breines: Il est évident que pour toute personne qui dispose dun ordinateur et dun accès à la toile, il lui est possible daccéder à plus de sources de connaissances quauparavant et son niveau de connaissance personnelle senrichit. Ceci, indépendamment de lendroit où la personne se trouve, mais à condition den avoir les moyens économiques et techniques à disposition, ce qui nest pas la réalité pour la majorité des gens à travers le monde. Sans lexistence dInternet et de la toile (web), il ny aurait peut-être pas eu le Sommet mondial sur la société de linformation à Genève en 2003. Lécart entre les pays les plus favorisés et les autres au niveau de laccès à linformation, sest creusé et la communauté internationale sest mobili sée. La suite de ce Sommet aura lieu à Tunis en 2005, à loccasion de son deuxième volet. Nous avons créé dès 1999, en commençant par le Sri Lanka, des Centres multimédia communautaires, animés par du personnel local formé pour assister la population à obtenir des informations avec les ordinateurs installés dans ces centres. On trouve déjà ces centres dans 15 pays. Est-ce que les Universités peuvent compter avec votre aide pour leur accès à la toile? Nous assistons les Universités dans ce contexte, pour le bénéfice des élèves mais aussi pour les facultés en soi. Beaucoup de ces facultés ont des programmes qui ne sont pas adaptés aux besoins actuels, avec des manuels qui ne sont pas réactualisés et des professeurs qui ont besoin dêtre épaulés pour assurer une meilleure formation aux étudiants. Il ne leur faut pas seulement un ordinateur, mais beaucoup plus, pour leur permettre davancer rapidement dans leur apprentissage ainsi que dune infrastructure réseau sans goulots détranglement. Ceci est très important! La fracture numérique ne cesse de croître et la création rapide de nouveaux Centres multimédia communautaires dans dautres pays, ainsi que lassistance aux universités est primordiale. Est-ce que ces pays sont autrement assistés par lUNESCO? Nos Etats membres ont adopté deux textes, établis comme cadres normatifs pour les sociétés du savoir: le premier sur le multilinguisme dans le cyberespace et laccès à lInternet, le second sur la préservation du patrimoine numérique. Ils visent à aider les décideurs à préparer des politiques nationales dans la matière de laccès à linformation, et sont assortis de principes directeurs, comme ceux pour le développement et la promotion de linformation du domaine public gouvernemental. Pour citer un exemple concret, nous mettons à disposition des pays, des outils tels que CDS/ISIS qui est utilisé depuis le début des années 70 et mis à jour régulièrement. Il sagit dun logiciel gratuit, non commercial, de gestion de bases de données et qui est aussi utilisé par beaucoup de bibliothèques à travers le monde. Il a été conçu pour rationaliser les activités de traitement de linformation et des cours sont organisés pour aider à son utilisation. Nous assistons aussi les pays en développement et ceux en transition à travers la défense de médias libres et pluralistes. Cest le Programme international pour le développement de la communication (IPDC). Voyez-vous des inconvénients dans le développement de cette nouvelle société dinformation? La Déclaration de principes et le Plan daction, adoptés à la clôture du Sommet de Genève expriment un consensus international sur les valeurs fondatrices des societés intégratrices et pluralistes dans lesquelles chacun pourra tirer parti des possibilités offertes par les technologies de linformation et de la communication. Pour lUNESCO, ces textes constituent la reconnaissance par la communauté internationale des principes que lOrganisation considère comme étant indispensables à lavènement des sociétés du savoir équitable: la liberté dexpression, laccès universel à linformation et à la connaissance, en particulier à linformation de domaine public, la préservation et la promotion de la diversité culturelle, du multilinguisme et des contenus locaux, et légalité daccès à une éducation de qualité. Sous condition que ces valeurs et principes de lUNESCO soient respectés, nous sommes persuadés que les sociétés du savoir pour tous se développent. Il est vrai quune des questions primordiales est celle de la liberté dexpression sur le web. Il y a toujours le risque dutilisation dune position dominante pour filtrer linformation, de se faire ce qui est de linformation valable ou de référence. Qui devrait avoir ce rôle, sans que cela puisse être affecté par des considérations dordre politique ? Nous devrons encore beaucoup discuter sur cette question. Ces questions liées avec le développement des sociétés du savoir seront traitées principalement par lUNESCO ou avec dautres organisations internationales? LUNESCO a certainement un mandat aussi large et, si je puis dire, philosophique et éthique sur la matière. Cependant, les implications sont tellement vastes et notre budget est si serré, que nous devrons travailler avec tous les partenaires possibles. Ceci est également vrai pour des activités dans des domaines plus concrets. Un répertoire des actions entreprises par lUNESCO, souvent en partenariat avec dautres organisations après le Sommet de Genève en décembre dernier, peut par ailleurs être consulté à ladresse suivante: http://www.unesco.org/wsisdirectory. A travers un ordinateur connecté à la toile, on peut accéder à linformation indépendamment de son origine. Cela permet à toute personne de suivre des cours à distance, à condition de connaître la langue utilisée pour ces cours. Quelles peuvent être les conséquences de cette situation? Nous devons garder en considération les droits culturels de chacun et les respecter, puisquil doit avoir le droit et la liberté de sexprimer, de bénéficier dune diversité pluraliste et davoir laccès au savoir. Je pense que nous avons tous souhaité avoir une langue universelle Esperanto pour que nous puissions facilement communiquer entre nous. Il y a eu, au départ, une grande utilisation de la langue anglaise, qui aurait pu devenir un facteur à risque culturel si rien navait été fait en vue dune plus grande utilisation des autres langues. Cela aurait pu apporter des influences culturelles, qui affecteraient à la longue, la manière de penser ou de communiquer. Cela se serait traduit par une perte des identités culturelles. Curieusement, un grand nombre de cultures locales se développent maintenant avec plus denthousiasme quauparavant. Ceci, semble être dû à une crainte de perte didentité au milieu de la mondialisation. A loccasion de la dernière Conférence générale de lUNESCO, une résolution a été adoptée en vue de la promotion et de lutilisation du multilinguisme, ainsi quà laccès universel au cyberespace et à la multiplication des langues utilisées dans la toile. Nous avons engagé plusieurs actions pour sassurer quil ny a pas de monopole sur la toile, et nous avons établi une « Journée de la langue maternelle », et nous encourageons les institutions et les écoles à la célébrer. Quand il sagit du patrimoine culturel, lUNESCO dispose surtout de deux instruments normatifs: la convention de 1973 pour lhéritage naturel et culturel et la convention de 2003 pour la préservation de lhéritage culturel immatériel. De la convention de 1973, il y a une liste de lHéritage mondial avec un grand nombre de sites et de monuments, qui sont un motif de fierté pour beaucoup de pays. LUNESCO aide ces pays à préserver leurs sites et monuments. En outre, la conférence générale de lUNESCO de 2003 a décidé dinitier une convention à la base de la Déclaration de 2001 sur la diversité culturelle.
Cest lhistoire et lidentité de chaque peuple que vous contribuez à préserver Oui! Il y a aussi une liste avec des monuments en danger. Plusieurs pays demandent à lUNESCO dorganiser des campagnes pour sauvegarder des monuments contre la pollution, de la modernisation incontrôlée ou tout simplement pour des raisons politiques. Nous encourageons les états membres à répertorier leurs propres valeurs culturelles et aussi celles qui sont en danger: que ce soit la musique, la fabrication dinstruments musicaux traditionnels, les musiciens qui jouent de ces instruments, sans oublier ceux qui nont pas délèves à qui transmettre leur art. Cela peut aussi toucher leurs valeurs historiques, folkloriques ou avec la danse. Enfin, tout ce qui est immatériel. Est-ce que cela nest pas trop ambitieux comme programme? Les pays membres y tiennent! Même si à loccasion de la dernière conférence de lUNESCO les thèmes principaux sont toujours restés valables: éducation et instruction pour tous, qui sont parmi les priorités de lOrganisation. Cependant, la mise en évidence a été surtout portée sur la convention sur lhéritage culturel immatériel et pour une nouvelle recommandation sur la diversité culturelle qui touche aux technologies de linformation, aux valeurs culturelles et aux droits en relation avec la culture. La culture nest pas statique. Elle se transforme sans cesse et senrichit dessences, de couleurs et dingrédients, des gens qui ont migré ou voyagé, des effets de la navigation sur la toile ou pour dautres raisons. Lorigine dune culture peut se développer différemment dans le même pays ou dans un autre. Il est normal quun auteur bénéficie de ses droits, et en particulier sil y a un aspect commercial en cause. Est-ce que la création numérique (à laide dun ordinateur) pourra obtenir ses lettres de noblesse au même titre quune peinture à lhuile ou une photographie sur papier? Cest un domaine qui est déjà bien ficelé par lUNESCO à travers la collaboration avec des organisations professionnelles tels que le Conseil international des musées, le Conseil international des monuments et des sites, ou pour ce cas de figure en particulier, lAssociation internationale des artistes (AIA) qui a accepté lart numérique comme une forme dexpression artistique. Nous avons par ailleurs créé « Digi-Arts » une plate-forme numérique qui vise à faciliter les rencontres entre les artistes dans ce domaine. Limportant, pour lUNESCO est la promotion de la créativité. Nous voulons aussi aider tous les garçons et toutes les filles à développer leur potentiel et leur identité personnels. Si lordinateur peut aider à le faire, cela est de notre intérêt. Quand les associations professionnelles attirent notre attention sur de nouvelles formes dexpression, nous restons avec nos oreilles et nos yeux grands ouverts pour suivre lévolution de ces tendances artistiques. Lart photographique est entretemps devenu très populaire. Quel sera votre cheval de bataille dans cette nouvelle fonction? Ce bureau est un bureau de liaison avec lensemble du système de lONU. Je dois tout dabord appliquer les directives de la part de lUNESCO, discuter avec lensemble des partenaires et définir la stratégie à suivre. Qui sont vos partenaires? Ce sont les institutions principales de lONU, comme lHCDH (Droits de lhomme), le BIT (Travail), lHCR (Réfugiés), lOMS (Santé), lOMPI (Proprieté intellectuelle), lUIT (pour les nouvelles technologies), et les autres bureaux de liaison de lONU à Genève, ainsi que les ONG qui ont des activités de la plus grande importance en relation avec notre programme de travail, tel que lUnion inter-parlementaire. Il sera intéressant dautre part de suivre aussi les travaux de lOMC (Commerce). Quel est en quelques mots lessence du mandat de lUNESCO? Notre mandat a un éventail très large, puisquil nous permet de travailler pour des activités en relation avec la paix et la sécurité, la coopération internationale, léducation, la culture, la science et la communication: le tout basé sur la coopération intellectuelle et dans une dimension éthique du développement. Dans son préambule, lActe constitutif de lUNESCO proclame que « les guerres prenant naissance dans lesprit des hommes, cest dans lesprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Tout y est, cela nous permet de bien nous situer, de savoir où nous sommes et où nous voulons aller. Il est dautant plus important de savoir que nous sommes en train de faire un travail utile pour beaucoup, et jespère avoir été en mesure dapporter avec vous un peu de la vision, du programme daction et des projets de lUNESCO à Genève. http://portal.unesco.org/digiarts |
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