UNSPECIAL No 631– July-August - Juillet-Août 2004

ÉDITORIAL

Pire que la météo marine!

Worse than watching grass grow

INTERVIEW

Comment va la caisse des pensions?

How is the Pension Fund doing?

PERSONNEL

I Don’t understand

The 2004 Medal Awards Ceremony

Cérémonie de remise de distinctions 2004

19 août 2003, un an déjà

2004 UN Inter-agency games

Harcèlement au travail

The Staff Council created GPAFI

Le Conseil du personnel a créé le GPAFI

« Passez la Flamme, unissez le monde »

GLOBE

A fisherman’s in Hong Kong

Grande vitesse

Enigmas (4): Whose footprint is on the peak?

Fahrenheit 9/11

SERVICES

En travaux cet été au Palais des Nations - Work in progress this summer at the Palais des Nations

Les paons

Vers des sociétés du savoir

Did you know that?

LOISIRS

Pyroconcerts à Talloires 

Pourquoi ne pas le faire? – L’Ar du Tsan 

FEUILLETON

The suicide 

Le suicide?

 


 

 

Mélanie Mercier née Markowitz (15)

Le suicide?

Jean Michel Jakobowicz, ONUG

L’étude publiée par Mélanie Mercier née Markowitz, chef économiste adjointe du Département des projections de l’Organisation, semble provoquer une crise financière majeure. De nombreux fonds de pension qui ont spéculé en bourse se retrouvent en diffi- culté. Un Groupe de gérants de ces fonds, parmi lesquels un certain John Gardiner sont acculés à la faillite. D’un autre côté, les enfants de Mélanie ont été enlevés et un de ses collègues assassiné en voulant la protéger. (Vous pouvez retrouver les treize premiers épisodes de Mélanie sur le site Internet de UN Special: http://www.unspecial.org)

Les enfants de Mélanie Mercier, née Markowitz ont été enlevés par un inconnu. Un de ses amis a été tué. A l’autre bout du monde, un homme que l’étude de Mélanie a partiellement ruiné a décidé de se venger.

— Non, ce n’est pas possible, Mélanie, répète Mélanie en arpentant son appartement. Non ce n’est pas possible, ils n’ont pas pu faire ça. MAIS Pourquoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai bien pu leur faire.

Puis tout à coup, elle s’arrête devant son lit. Et décroche le téléphone qui se trouve sur sa table de nuit.

Elle compose un numéro. La sonnerie retentie… une fois… encore une autre fois…

— Allez, Jérôme réponds, dit-elle à haute voix. Pour une fois que j’ai besoin de toi, vas-y répond. Réponds: nos petits ont disparu. Cette fois pour de vrai. Réponds, je t’en supplie.
— « Je ne suis pas là pour l’instant, vous pouvez laisser un message. » — Ce n’est pas d’un message que j’ai besoin mais de toi Jérôme.

Mélanie raccroche le téléphone.

Depuis leur divorce, c’est la première fois où Mélanie ressent toute sa solitude. Après tout, Jérôme n’était pas un mauvais bougre mais…

Bourg en Bresse: l’hôpital

— Je ne suis qu’un bon à rien ! Un bon à rien !
— Laisse papa ! Ce n’est pas de ta faute ! Ils ont utilisé des gaz soporifiques. Tu ne pouvais rien faire, dit Mélanie à son père. — Mais si, j’aurais dû dormir dans leur chambre, ils n’auraient pas pu les enlever. — Mais non, c’est de ma faute, dit Mélanie, je n’aurais jamais dû accepter la proposition de la police. Nous avons à faire à une bande excessivement bien organisée, qui m’en veut. Et le pire, c’est que je ne sais même pas pourquoi. Mélanie se mit à sangloter. — Et Jérôme dans tout ça, demande son père ? — Je n’ai pas réussi à le joindre. Il a passé tous ces derniers jours à me téléphoner, pour me demander des nouvelles des enfants et maintenant je ne sais pas ce qu’il est devenu. Il doit être en train de les chercher. Je ne sais pas ce que sera sa réaction lorsqu’il saura que je lui ai menti. — Bon, quand vous aurez fini de gémir, tous les deux on pourra peut être commencer à réfléchir.

C’est la mère de Mélanie qui vient de parler. Elle est assise toute tassée dans l’un des fauteuils de la chambre de l’hôpital dans laquelle son mari se remet de ce qui vient de se passer.

— A quoi veux-tu réfléchir, lui demande Mélanie agressive. C’est tout réfléchi. Mes petits ont disparu et la police n’a aucune piste. Je ne vois pas ce que nous pourrions faire de plus, sinon attendre. — Je sais que vous me considérez tous les deux comme une vieille folle, reprend la mère de Mélanie, puisque vous ne me faites même pas confiance pour me mettre dans la confidence de votre pseudo enlèvement. Mais bon sang, essayez d’utiliser votre tête ! — Je voudrais t’y voir, dit Mélanie. On voit bien que ce ne sont pas tes enfants qui ont disparu. — Merci, dit la mère tristement. — Excuses-moi maman, mais je ne sais plus très bien ce que je dis. — Première chose: tes enfants sont en vie, dit Mme Markowitz. — Comment le sais tu, demande son mari. — Tout simplement parce que s’ils avaient voulu les tuer, ils ne se seraient pas donné la peine de les enlever. En plus, ils tenaient à leur vie et dans une certaine mesure à la tienne vieil imbécile, ajouta-t-elle en s’adressant à son mari, puisque vous non plus ils ne vous ont pas tué.

Mélanie et son père écoutent tout à coup avec beaucoup d’intérêt ce que dit la vieille dame.

— Donc, reprit-elle, soit ils ne vous veulent pas du mal, ils veulent simplement te faire peur, soit ils veulent quelque chose de toi. — Mais je n’ai rien, dit Mélanie désespérée. — Est-ce que dans ton travail tu n’aurais pas connaissance de secrets qui pourrait… — Mais non maman, je ne suis qu’une simple économiste, pas une espionne. Tout ce que je sais est du domaine public. — Mais ton étude, reprend madame mère, a fait un certain bruit. Je suppose que bien des personnes n’ont pas été très contents de ce bruit. Et si j’ai bien compris pas mal de gens ont perdu beaucoup d’argent à cause de toi. — C’est vrai, dit Mélanie, mais ce n’est pas de ma faute si l’économie mondiale ne va pas aussi bien que prévu. Et quand bien même ce serait ça, je ne vois pas ce que le fait d’enlever mes enfants pourrait changer au cours des actions en bourse. — Ils pourraient te demander de publier un démenti, dit M. Markewicz ! — Mais même si je publiais mille démentis, cela ne ferait pas croître l’économie plus vite ! — Et ton Jérôme, qu’est-ce qu’il en dit, demande Mme Markowitz. — Tout d’abord, ce n’est pas MON Jérôme, répond Mélanie. En plus, il est très inquiet. A un moment, il voulait même faire intervenir « des amis » à lui pour retrouver les enfants. Ça c’était avant que les petits ne soient vraiment enlevés. — Et depuis, demande M. Markowitz ? — Je ne sais pas. J’ai essayé de l’appeler plusieurs fois mais il ne répond pas.

Genève, un appartement à Champel, 7: 30

Un homme blond, 1.93 m, frappe à la porte d’un appartement cossu. Un homme en pyjama, le visage bouffi de sommeil ouvre la porte. Malgré le sommeil, son regard trahit la surprise. Il tente de refermer la porte, mais l’homme blond pousse violemment la porte et entre en bousculant l’homme en pyjama.

L’île de Sainte-Lucie dans les Caraïbes

John Gardiner est en train de prendre son petit déjeuner sur la terrasse de l’hôtel Seaview face à la mer. Après un délicieux jus de fruits exotique, il déguste un café bien fort comme il les aime. Devant lui, une pile de journaux. Il en prend un, la Tribune de Genève qu’il feuillette avec détachement. Quand, tout à coup, un article en page 14 retient son attention. Un large sourire s’affiche sur son visage.

Suicide d’un gérant de fortune Genevois

Le corps inanimé jeudi matin de M. Erwin Müllbach a été retrouvé dans sa baignoire par sa femme de ménage Madame Gonzales. D’après les premières constatations, M. Müllbach aurait mis fin à ses jours en se sectionnant les veines dans son bain.

Depuis quelques temps, M. Müllbach, gérant de fortune, mais aussi et surtout gérant d’un certain nombre de caisses de retraites, rencontrait des difficultés financières. En particulier, la forte baisse du marché des actions avait laissé les divers fonds qu’il gérait dans une situation particulièrement catastrophique. D’après les milieux financiers, le déficit actuariel de certains de ces fonds se monterait à plusieurs centaines de millions de dollars, voire plus.

John Gardiner repose son journal en jubilant. Sa vengeance a commencé. Il y a de fortes chances pour que les autres journaux qui se trouvent devant lui comportent dans les jours qui viennent le même genre de nouvelles.

A suivre…