Mélanie Mercier née Markowitz (15)
Le suicide?
Jean Michel Jakobowicz, ONUG
L’étude publiée par Mélanie Mercier
née Markowitz, chef économiste
adjointe du Département des projections
de l’Organisation, semble provoquer
une crise financière majeure. De
nombreux
fonds de pension qui ont
spéculé en bourse
se retrouvent en difficulté.
Un Groupe de gérants de ces
fonds, parmi
lesquels un certain John
Gardiner sont
acculés à la faillite.
D’un autre côté, les enfants de Mélanie
ont été enlevés et un de ses collègues
assassiné en voulant la protéger. (Vous
pouvez retrouver les treize premiers
épisodes de Mélanie sur le site Internet
de UN Special:
http://www.unspecial.org)
Les enfants de Mélanie Mercier, née Markowitz ont été enlevés par un inconnu. Un de ses amis a été tué. A lautre bout du monde, un homme que létude de Mélanie a partiellement ruiné a décidé de se venger.
Non, ce nest pas possible, Mélanie, répète Mélanie en arpentant son appartement. Non ce nest pas possible, ils nont pas pu faire ça. MAIS Pourquoi ? Pourquoi ? Quest-ce que jai bien pu leur faire.
Puis tout à coup, elle sarrête devant son lit. Et décroche le téléphone qui se trouve sur sa table de nuit.
Elle compose un numéro. La sonnerie retentie une fois encore une autre fois
Allez, Jérôme réponds, dit-elle à
haute voix. Pour une fois que jai besoin de toi, vas-y répond.
Réponds: nos petits ont disparu. Cette fois pour de vrai. Réponds,
je ten supplie.
« Je ne suis pas là pour linstant, vous pouvez
laisser un message. » Ce nest pas dun message
que jai besoin mais de toi Jérôme.
Mélanie raccroche le téléphone.
Depuis leur divorce, cest la première fois où Mélanie ressent toute sa solitude. Après tout, Jérôme nétait pas un mauvais bougre mais
Bourg en Bresse: lhôpital
Je ne suis quun bon à rien ! Un bon à rien
!
Laisse papa ! Ce nest pas de ta faute ! Ils ont utilisé
des gaz soporifiques. Tu ne pouvais rien faire, dit Mélanie à
son père. Mais si, jaurais dû dormir dans
leur chambre, ils nauraient pas pu les enlever. Mais non,
cest de ma faute, dit Mélanie, je naurais jamais
dû accepter la proposition de la police. Nous avons à faire
à une bande excessivement bien organisée, qui men
veut. Et le pire, cest que je ne sais même pas pourquoi.
Mélanie se mit à sangloter. Et Jérôme
dans tout ça, demande son père ? Je nai pas
réussi à le joindre. Il a passé tous ces derniers
jours à me téléphoner, pour me demander des nouvelles
des enfants et maintenant je ne sais pas ce quil est devenu. Il
doit être en train de les chercher. Je ne sais pas ce que sera
sa réaction lorsquil saura que je lui ai menti.
Bon, quand vous aurez fini de gémir, tous les deux on pourra
peut être commencer à réfléchir.
Cest la mère de Mélanie qui vient de parler. Elle est assise toute tassée dans lun des fauteuils de la chambre de lhôpital dans laquelle son mari se remet de ce qui vient de se passer.
A quoi veux-tu réfléchir, lui demande Mélanie agressive. Cest tout réfléchi. Mes petits ont disparu et la police na aucune piste. Je ne vois pas ce que nous pourrions faire de plus, sinon attendre. Je sais que vous me considérez tous les deux comme une vieille folle, reprend la mère de Mélanie, puisque vous ne me faites même pas confiance pour me mettre dans la confidence de votre pseudo enlèvement. Mais bon sang, essayez dutiliser votre tête ! Je voudrais ty voir, dit Mélanie. On voit bien que ce ne sont pas tes enfants qui ont disparu. Merci, dit la mère tristement. Excuses-moi maman, mais je ne sais plus très bien ce que je dis. Première chose: tes enfants sont en vie, dit Mme Markowitz. Comment le sais tu, demande son mari. Tout simplement parce que sils avaient voulu les tuer, ils ne se seraient pas donné la peine de les enlever. En plus, ils tenaient à leur vie et dans une certaine mesure à la tienne vieil imbécile, ajouta-t-elle en sadressant à son mari, puisque vous non plus ils ne vous ont pas tué.
Mélanie et son père écoutent tout à coup avec beaucoup dintérêt ce que dit la vieille dame.
Donc, reprit-elle, soit ils ne vous veulent pas du mal, ils veulent simplement te faire peur, soit ils veulent quelque chose de toi. Mais je nai rien, dit Mélanie désespérée. Est-ce que dans ton travail tu naurais pas connaissance de secrets qui pourrait Mais non maman, je ne suis quune simple économiste, pas une espionne. Tout ce que je sais est du domaine public. Mais ton étude, reprend madame mère, a fait un certain bruit. Je suppose que bien des personnes nont pas été très contents de ce bruit. Et si jai bien compris pas mal de gens ont perdu beaucoup dargent à cause de toi. Cest vrai, dit Mélanie, mais ce nest pas de ma faute si léconomie mondiale ne va pas aussi bien que prévu. Et quand bien même ce serait ça, je ne vois pas ce que le fait denlever mes enfants pourrait changer au cours des actions en bourse. Ils pourraient te demander de publier un démenti, dit M. Markewicz ! Mais même si je publiais mille démentis, cela ne ferait pas croître léconomie plus vite ! Et ton Jérôme, quest-ce quil en dit, demande Mme Markowitz. Tout dabord, ce nest pas MON Jérôme, répond Mélanie. En plus, il est très inquiet. A un moment, il voulait même faire intervenir « des amis » à lui pour retrouver les enfants. Ça cétait avant que les petits ne soient vraiment enlevés. Et depuis, demande M. Markowitz ? Je ne sais pas. Jai essayé de lappeler plusieurs fois mais il ne répond pas.
Genève, un appartement à Champel, 7: 30
Un homme blond, 1.93 m, frappe à la porte dun appartement cossu. Un homme en pyjama, le visage bouffi de sommeil ouvre la porte. Malgré le sommeil, son regard trahit la surprise. Il tente de refermer la porte, mais lhomme blond pousse violemment la porte et entre en bousculant lhomme en pyjama.
Lîle de Sainte-Lucie dans les Caraïbes
John Gardiner est en train de prendre son petit déjeuner sur la terrasse de lhôtel Seaview face à la mer. Après un délicieux jus de fruits exotique, il déguste un café bien fort comme il les aime. Devant lui, une pile de journaux. Il en prend un, la Tribune de Genève quil feuillette avec détachement. Quand, tout à coup, un article en page 14 retient son attention. Un large sourire saffiche sur son visage.
Suicide dun gérant de fortune Genevois
Le corps inanimé jeudi matin de M. Erwin Müllbach a été retrouvé dans sa baignoire par sa femme de ménage Madame Gonzales. Daprès les premières constatations, M. Müllbach aurait mis fin à ses jours en se sectionnant les veines dans son bain.
Depuis quelques temps, M. Müllbach, gérant de fortune, mais aussi et surtout gérant dun certain nombre de caisses de retraites, rencontrait des difficultés financières. En particulier, la forte baisse du marché des actions avait laissé les divers fonds quil gérait dans une situation particulièrement catastrophique. Daprès les milieux financiers, le déficit actuariel de certains de ces fonds se monterait à plusieurs centaines de millions de dollars, voire plus.
John Gardiner repose son journal en jubilant. Sa vengeance a commencé. Il y a de fortes chances pour que les autres journaux qui se trouvent devant lui comportent dans les jours qui viennent le même genre de nouvelles.