(2e partie)
Grande vitesse
F. Subiger, UNOG
En arrivant au premier tiers de notre voyage à grande vitesse,
nous réalisons que le progrès de parcourir la distance
Taipei-Kaohsiung en 90 minutes, soit la distance équivalente
Zurich-Genève, met en évidence une vitesse de déplacement
moyenne de 250 km/h.
En fait, en résumant toutes les notions de distance en temps,
nous admettons très facilement des notions de vitesse qui pou-
vaient sembler inimaginables il y a encore quelques années, car
il existait des démonstrations ou des records de vitesse réels,
mais sans que notre quotidien en fût effectivement transformé.
Aujourdhui, il nous faut bien constater une généralisation
de plus en plus évidente des transports à grande vitesse.
Si le record de vitesse sur rail se situe au dessus de 500 km/h, nous
pouvons donc même concevoir et accepter que 250 km/h soit une
vitesse de déplacement devenue bien anodine. La conséquence
de tout ceci dirige les concepteurs, les ingénieurs, les architectes,
les urbanistes et les designers, à prolonger toutes les issues
des destinations des voyages à grande vitesse; cest aux
points de liaison des différents centres urbains que la révolution
des communications à grande vitesse sopère. A ces
points de liaison, une innovation perpétuelle intervient: la
rencontre des vitesses physique et virtuelle qui déterminent
les limites du monde actuel dans les possibilités de communications
à grande vitesse.
Ainsi, lorsquil sagit de porter un message, le transport
virtuel est concerné; tandis que le transport physique concerne
le trans- port effectif de personnes ou de toute sorte de choses qui
voyagent.
Mais, nous direz-vous, quels peuvent être les rapports directs
entre ces deux manifestations réelles de transports à
grande vitesse?
Considérons premièrement, lutilité fondamentale
de chacun de ces modes de transports.
Le transport physique englobe tout ce qui se déplace, voyage
et nécessite une organisation directe: des sources, des destinations,
des indicateurs et des horaires. Lactivité humaine se présentant
au centre de toutes ces voies de communications.
Le transport virtuel regroupe et représente toutes sortes de
liens et de liaisons indispensables aux fonctionnements et aux programmes
les plus évolués afin que les équipements, les
véhicules, les programmes, les informations et la gestion rendent
possible ce miracle de communications à grande vitesse; plus
concrètement, il faut des programmes, des réseaux de toutes
sortes, une intelligence virtuelle accomplie pour que tout ceci existe.
Ce miracle sest donc bien produit. Lexemple taiwanais en
est saisissant et me remémore une phrase célèbre,
quoique prononcée dans une circonstance différente, cette
phrase exprime assez justement notre surprise: « vous verrez,
un jour cette petite île vous étonnera! » De taille
comparable au terri- toire suisse, lîle de Taiwan renferme
des merveilles dont les avancées technologiques nous étonnent
de jour en jour. Si le train à grande vitesse est une réalité
récente, il faut également citer un des métros
les plus rapides au monde; ce qui ajoute aux ramifications des tronçons
à grande vitesse, les compléments locaux et urbains qui
rendent possibles les variantes ditinéraires et les meilleurs
accès aux voies ultra-rapides.
Pour que de tels progrès deviennent réalité, il
faut naturellement une conjonction de facteurs importants. Tout ceci
nous amène aussi naturellement à penser que la recherche
et lindus- trie sont les clefs de cette réussite des avances
et innovations technologiques qui changent notre quotidien et nous font
voyager dans ce nouveau monde à grande vitesse. En suite de quoi,
nos activités quotidiennes, nos occupations, nos loisirs et notre
manière de travailler sen trouvent complètement
réformés.
Enfin, toutes les applications techniques que nous venons dexplorer
au long de ce voyage ont certainement pour cause légitime, la
concentration accrue de matière grise, dintelligences et
de réalisations qui sont les fruits, les conséquences
logiques, dune société qui comprend et encourage
la recherche scientifique.
Taiwan possède ainsi sa « silicon valley » et ses
attributs. Dans de telles conditions, combien de rêves ou de miracles
deviendront réalités?
Et, tenant compte du fait que 61% de la production mondiale des PCs,
sont assemblés dans cette île, à combien dautres
innovations surprenantes devons-nous nous préparer?
Ainsi, nous approchons des deux tiers de parcours de notre voyage à
grande vitesse et jai peine à marrêter en si
bon chemin.