UNSPECIAL No 630– Juin-June 2004

ÉDITORIAL

T'as pas un million de dollars?

Can you spare a million dollars brother?

INTERVIEW

The UN Foundation: a billion dollars to help!

UNFIP: a partnership facilitator

PERSONNEL

How to prevent identity theft 

In search of… Wisdom at Work

Meditations: “The new entrepreneurs”

Poem: 3:30 Meeting 

Roses & Cactus

News from WHO Staff Association 

Long-term care — Soins de longue durée

Are managers accountable?

GLOBE

La flamme olympique grecque arrive! 

Grande vitesse 

Palm tree in Ghana: Source of civilization

Enigmas III: Megaliths of Sulawesi

Visitez un camp palestinien! 

National red cross societies in Africa

Geneva’s sustainable development fair 

SERVICES

L’heure est arrivée!

L’énergie au Palais – Energy at the Palais.

LOISIRS

Pourquoi ne pas le faire: Cabane des Dix 

“Base-ball” hits Geneva 

Individualisme onusien 

3e “Rare boat show” de Talloires 

Coupe du monde de parapente à Talloires

FEUILLETON

The defeat

L’échec


 


 

 

Mélanie Mercier née Markowitz (15)

L’échec

Jean Michel Jakobowicz, ONUG

22 km de Bourg en Bresse (France)

L’étude publiée par Mélanie Mercier née Markowitz, chef économiste adjointe du Département des projections de l’Organisation, semble provoquer une crise financière majeure. De nombreux fonds de pension qui ont spéculé en bourse se retrouvent en difficulté. Un Groupe de gérants de ces fonds, parmi lesquels un certain John Gardiner sont acculés à la faillite. D’un autre côté, les enfants de Mélanie ont été enlevés et un de ses collègues assassiné en voulant la protéger. (Vous pouvez retrouver les treize premiers épisodes de Mélanie sur le site Internet de UN Special: http://www.unspecial.org)

La campagne est plongée dans l’obscurité. Des nuages cachent une lune qui n’éclaire que très faiblement les prés sur lesquels flotte une nappe de brouillards évanescente. Une ombre furtive avance lentement. Elle profite du moindre bosquet d’arbre, ou du moindre trou pour s’y glisser. L’ombre semble être parfaitement entraînée pour ce genre de progression. En haut d’une petite colline se découpe la cible, une maison imposante et sombre dans l’obscurité. Toutes les lumières sont éteintes.

La mission est relativement simple: il n’y a que deux vieux pour protéger les deux enfants. L’homme a sur lui plusieurs ampoules de gaz somnifère. Tout a été chronométré avec précision. L’opération ne doit pas durer plus de six minutes. En fait le plus difficile sera le transport des deux enfants. L’homme sera obligé de faire deux voyages jusqu’à la voiture volée qu’il a laissé sous les arbres à 50 mètres de la maison. Mais cela non plus ne devrait pas poser de problème, à cette heure de la nuit et un jour de semaine, il n’y a absolument personne dans la campagne bressane. Une fois cette première partie de l’opération terminée, viendra la partie la plus jouissive… pense l’homme.

Genève, au siège de l’Organisation

Dans son bureau Mélanie fait les cent pas. Ce soir, elle a travaillé fort tard, car personne ne l’attend à la maison. Elle en a profité pour «s’avancer». Tout à coup, sans raisons apparentes, elle se sent inquiète.

Pourtant, le succès de l’étude a de quoi la réjouir. Mais c’est le reste qui l’inquiète. Le plan qui a été élaboré avec le bureau du Secrétaire général, les autorités françaises et faire croire à la disparition de ses enfants de façon à obliger son tourmenteur et l’assassin de David à se dévoiler. Le scénario était simple: son père avec les deux petits «disparaissaient» et se réfugiaient chez une amie de longue date.

Elle, Mélanie, prenait des airs affolés de mère sans nouvelles et l’inconnu se manifestait. Après, on verrait. Mais voila tout ne se passait pas comme prévu: après plus d’une semaine de pseudo disparition, l’inconnu ne s’était pas manifesté. En plus, sa mère devenait complètement folle, quant à Jérôme, le père des enfants, il menaçait de faire intervenir Dieu seul sait quel malfrat de ses connaissances afin de retrouver les petits. A un moment elle avait pensé les mettre au courrant, mais c’était stupide. L’hystérie de sa mère et le tapage de Jérôme renforçaient l’effet de désarrois et le côté « vrai » de toute l’histoire. Mais là maintenant Mélanie n’en

pouvait plus, car en plus il y avait ce silence radio, elle ne pouvait pas se permettre de téléphoner pour avoir des nouvelles. Elle savait que tout s’était bien passé mais tout de même !

Elle regarde sa montre il est déjà 23 heures trente. Elle se demande ce que peut bien faire son père. Ses enfants doivent dormir comme des anges. Elle a hâte de les retrouver et que toute cette histoire soit terminée.

L’appartement de Mélanie

Mélanie dort profondément quand le télé- phone se met à sonner. A tâtons elle cherche son réveil. Ouvre un œil pour regarder l’heure. 5 heures 47. le téléphone continue de

sonner. Une énorme boule se forme dans sa gorge qui l’empêche de respirer. Ses mains tremblent. Elle décroche le combiné.

Genève, au siège de l’Organisation

Christian Melnick, le Secrétaire général de l’Organisation est extrêmement tendu. Mélanie

vient de quitter son bureau où elle a finalement craqué. Et il peut la comprendre. Lorsqu’il a quelques années il avait cru que sa fille Julie avait disparu (Menaces sur l’Organisation) il avait perdu le sommeil jusqu’à ce qu’elle réapparaisse. Pauvre Mélanie qui en plus maintenant se sentait totalement coupable d’avoir participer à ce maudit plan. Pourtant…

Trois personnes étaient maintenant assises autour de la table de réunion aux côtés du Secrétaire général: M. Marin, un représentant du ministère de l’intérieur français, M. Brülich son homologue helvétique ainsi que le chef de la sécurité de l’organisation M. Dupont Tonnerre. — Je croyais que tout était « réglé comme du papier à musique », dit le SG très sèchement en s’adressant à ses trois interlocuteurs. — C’est assez incompréhensible, dit M. Marin. Apparemment il y a eut disfonctionnement ! — «Apparemment il y a eut disfonctionnement!», reprit le Secrétaire Général. C’est tout ce que vous trouvez à dire. Deux enfants se font enlever à la barbe de vos services et il y a eu un « disfonctionnement » ! — Une enquête administrative va être… — Je n’en ai rien à faire de votre enquête administrative, dit le Secrétaire Général d’une voix dans laquelle pointait la violence de sa colère. Ce que je veux c’est que vous retrouviez au plus vite ces enfants. Avez-vous des pistes?
— Euh ! Pour l’instant, pas vraiment. Des fermiers auraient entendu passer une voiture vers minuit, mais c’est tout !

Le Secrétaire général ne répondit pas car le cas semblait désespéré.

— Messieurs que proposez-vous ? Demande-t-il. Tout d’abord qu’allons nous dire à la presse. Des enfants qui ont été enlevé il y a quelques jours pour de semblant sont maintenant enlevés pour de vrai. Imaginez un peu la stupidité de la situation. — On pourrait ne rien dire suggéra le chef de la sécurité de l’Organisation. — Non dit Christian Melnick, assez de mensonge je crains messieurs que nous ne devions affronter la presse avec nos propres bêtises. — Vous comprendrez Messieurs, intervint M. Marin que je dois en parler tout d’abord à ma hiérarchie. Et de surcroît, êtes-vous bien certain qu’il faille le faire dans la perspective du bien des enfants. — Et vous croyez peut être que toute cette histoire va rester entre nous, demande le secrétaire général. Le père des enfants semble être décidé à intenter un procès à son ex-épouse, pour avoir mis la vie de ses enfants en péril. Et vous voudriez que nous nous taisions. Quant à la grand mère, elle menace de divorcer parce que son mari ne l’a pas tenu au courrant!

Une maison de trois étages dans la 87e rue, entre Madison Avenue et la 5e Avenue

John Gardiner est assis devant la cheminé dans laquelle il a brûlé tous les documents compromettants. Il y a une heure à peine, il a donné les coups de téléphones nécessaires pour que s’accomplisse sa vengeance. Dans quelques minutes un taxi viendra le prendre pour le conduire à l’aéroport de La Guardia où l’attend son jet privé. Sa maison sera mise en vente et les profits iront à un fond de secours pour les personnes âgées de la ville de New York. Il leur doit bien ça.