Tas pas un million de dollars?
Il semble que mendier dans le tram soit chose relativement aisée,
une guitare et un brin de voix suffisent. Par contre, faire du «fund
raising» comme on appelle la nouvelle forme de mendicité
de haut vol, demande une formation. Vous aurez beau chanter sous les
fenêtres dune entreprise ou dune fondation, jamais
vous nobtiendrez un centime, à moins bien sûr que
vous ne vous appeliez Luciano Pavarotti ou Ruggero Raimondi.
La Section de la formation de lONUG a récemment organisé
un excellent séminaire pour apprendre à faire la «
manche » à grande échelle. Au lieu du «Tas
pas cent balles?» habituel, on nous a appris à dire «Tas
pas un million de dollars?». Cest relativement facile à
articuler mais les résultats sont assez aléatoires.
Daprès la formatrice, il y a quatre sources de financement:
les gouvernements, les entreprises, les fondations et les testaments
des riches douairières.
Les gouvernements sont de plus en plus pauvres, donc inutile dinsister.
Les riches douairières sont un filon relativement sûr pour
peu quelles sintéressent à vous à
votre domaine dactivité quelles vous couchent
sur leur testament et quelles ne vivent pas jusquà
120 ans.
Lune des meilleures sources de financement extrabudgétaires
reste les fondations. Ce sont des entités relativement neutres
qui ne vous demandent rien en échange et dont le but unique est
de dépenser de largent. Donc si vous avez un bon projet
Bien sûr, vous ne serez pas le seul à demander un million
de dollars, cest pourquoi il vous faudra cibler votre source et
préparer un dossier solide. Une chose encore, si vous connaissez
quelquun qui peut faire glisser votre dossier sur le haut de la
pile, cela aide (dixit notre formatrice).
Le problème avec les entreprises, cest quelles ne
font rien pour vos beaux yeux et quelles posent toujours la même
et unique question : «Quest-ce que ça va me rapporter?»
Or comme nous ne sommes, en grande partie, que de bons fonctionnaires
qui navons aucune idée de ce quest le monde des affaires,
je suis prêt à parier que 9 fois sur 10, nous nous faisons
«avoir». On ne simprovise pas homme ou femme daffaires.
On lest ou on ne lest pas et, si on lest, on ne vient
pas travailler à lONU.
Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.