UNSpecial N° 629 — Mai – May 2004
 

J.M.Jakobowicz Des pots de vin!

Dans le cadre du programme Pétrole contre nourriture irakien, l’ONU aurait « volé » plusieurs milliards de dollars pour son usage personnel, et des fonctionnaires auraient reçu des millions de dollars de pots de vin. L’Organisation aurait vendu des médicaments périmés, des produits de mauvaise qualité, transporté du pétrole en douce et favorisé certaines entreprises. On aurait même vu, place du Molard à Genève, un fonctionnaire des Nations Unies en train de vendre un bidon de trois litres d’essence ramené d’Irak en contrebande. C’est une honte!

Ce qui est honteux, c’est cette campagne de calomnie orchestrée par certains cercles politiques. Tous les fonctionnaires ne sont peut-être pas des saints au-dessus de tout soupçon et ceux dont le comportement laisse à désirer doivent être sanctionnés, mais de là à déclencher cette offensive de grande envergure, il y a un pas que des politiciens n’hésitent pas à franchir. L’absurdité de certaines allégations est telle qu’elles prêteraient à sourire, si ces calomnies ne venaient renforcer les préjugés des détracteurs de l’Organisation.

Pourquoi tout ça? Pour gagner une campagne électorale dans laquelle l’un des candidats n’aime pas l’ONU et l’autre la soutient. Pour justifier une intervention qui s’avère catastrophique alors que l’ONU avait refusé de l’endosser. Pour cacher la honte d’une «victoire» peu glorieuse et d’un transfert des responsabilités à l’ONU. C’est petit et mesquin!

Le seul aspect positif de l’histoire, c’est de constater que l’ONU est un enjeu électoral dans l’une des plus grandes puissances mondiales, au même titre que l’avortement, le mariage des homosexuels ou la diminution des impôts. Pour le reste, il nous faut faire, comme d’habitude, le gros dos en attendant que le vent change de sens.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.