UNSPECIAL No 628– Avril - April 2004

EDITORIAL

La rotation

Rotation

INTERVIEW

Making regional integration work

Duties and responsibilities

PERSONNEL

International workers day celebration 

Le 1er mai: son origine, son histoire


Le Palais Wilson n’a pas toujours hébergé les Droits de l’homme 


Recueillement


The CCISUA XIX General Assembly 


UN Administrative circulars from science fiction to horror stories 

GLOBE - ROAD SAFETY

Streets of India

World Health Day – Road safety 


Sécurité routière

SERVICES

SBST : Une passion, un métier

Closer to the World 

LOISIRS

Le hasard existe-t-il?

Cabane du Mont-Fort 


Mont-Mussy (704 mètres) 


Le golf est-il une passion?

LETTRES

De quoi être en colère

La presse vue de l’intérieur


Note d’intention

FEUILLETON

The Fall

La chute

 



 

 

Le Palais Wilson n’a pas toujours hébergé les Droits de l’homme

Gabriel Pichon et Stephane Peeren, ONUG

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Un palace pour siège de la SDN

Au milieu du XIXe siècle, après la démolition des fortifications, l’avenir urbanistique de Genève se dessine. On aménage le Quai du Léman (futur Quai WILSON), et c’est sur une parcelle gagnée sur le lac, qui arrivait jusqu’à la rue des Pâquis, que l’on construit, entre 1873 et 1875, un nouveau palace: l’hôtel National (futur Palais Wilson). Il fut certainement le plus grandiose des hôtels genevois du début du siècle.

A l’initiative des promoteurs Alexandre Rufenacht et Charles-Frédéric Aldinger, les plans et les travaux ont été confiés à l’architecte Jacques Élysée Goss qui travaillait alors sur le Grand Théâtre. Jacques Élysée Goss prit peut-être modèle sur l’hôtel Métropole de Joseph Collart

pour dessiner l’hôtel National. Cet édifice de style classique d’inspiration française (toiture à la Mansart et distribution symétrique du bâtiment de part et d’autre du corps central surhaussé d’une tourelle monumentale) domine le lac du haut de son esplanade.

De 1905 à 1920, les architectes Marc et Jean Camoletti, associés à Max Hoffman, dirigent d’importants travaux de rénovation afin d’adapter le bâtiment au confort moderne. L’hôtel National est doté de salles de bains, les combles sont transformés en chambres, des loggias remplacent les lucarnes d’origine, ce qui modifie sensiblement l’aspect architectural du bâtiment.

Le 29 avril 1919, la Société des Nations (SDN) nouvellement créée choisit Genève pour son siège et, en septembre 1920, elle acquiert l’hôtel National pour y installer son secrétariat général. Des travaux sont à nouveau entrepris pour transformer les chambres en bureaux et en 1924, à la mort du président américain Woodrow Wilson, initiateur de la Société des Nations, le bâtiment est rebaptisé « Palais Wilson ».

Pour abriter la conférence du Désarmement du 2 février 1932, l’architecte Adolphe Guyonnet réalise en six mois un pavillon qui se greffe au nord du bâtiment. De verre et de métal, le Pavillon du Désarmement est un exemple d’architecture rationaliste.

C’est en 1936 que la Société des Nations, se trouvant trop à l’étroit au Palais Wilson, emménage dans l’actuel Palais des Nations.

En 1937, la confédération et l’État de Genève achètent en copropriété le Palais Wilson pour l’attribuer aux services des administrations fédérales et cantonales. En 1966-67 on assiste à l’échange du bâtiment entre la Confédération et l’État de Genève, puis entre l’État et la ville.

Deux incendies marquent encore l’histoire du Palais Wilson. L’un, le 2 juin 1985, endommage les salons du rez-de-chaussée supérieur de l’aile sud du bâtiment. L’autre, le 2 août 1987, détruit le Pavillon du Désarmement devenu en 1956 la Maison des Congrès.

Au XXe siècle, le Palais Wilson évoque de nombreux projets publics et privés. En 1990 notamment, un vote populaire entérine la cession de la parcelle du bâtiment dans sa vocation d’origine, à savoir un hôtel avec un centre de congrès. Ce projet ne se réalisera pas. Un tout autre avenir attend le Palais Wilson.

La grande rénovation du Palais Wilson date de 1993

En 1992, le Conseil Fédéral prend la décision de rénover le Palais Wilson et d’y installer la Maison de l’Environnement. Le projet de restauration et de rénovation débute dès 1993 sous l’autorité de l’Administration fédérale des finances (AFF) qui représente la Confédé- ration Suisse. Le Canton, la Ville de Genève, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et la Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI) y sont associés. Les études et la direction des travaux de rénovation du Palais ainsi que la réalisation d’un parking de 210 places sous l’esplanade, sont confiés à une équipe de mandataires multidisciplinaires menée par les architectes associés Bernard Erbeia et Morel & Kössier de Genève.

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En juin 1994, les Chambres fédérales votent un crédit de 75 millions de francs pour financer les travaux de transformation et d’aménagement du Palais Wilson.

Le parti architectural qui a présidé à la réalisation de l’opération de rénovation a été de restituer l’image originelle de l’architecte J. E. Goss, soit les percements de la toiture par des lucarnes en lieu et place des loggias mises en place par Camoletti, la restitution des galeries ouvertes sur le lac en tant que portiques en façade et le démontage des rajouts sur la façade. A l’intérieur de l’édifice, la cage d’escalier et les salons monumentaux du rez-de-chaussée sont maintenus. La division et la composition des espaces ont été respectées. Aux étages, les bureaux sont aménagés à la place des anciennes chambres d’hôtel.

Un effort particulier est à relever en ce qui concerne la restitution des décors entreprise dans les locaux du rez-de-chaussée et du corps central. Nombre d’éléments des décors intérieurs, tels que portes, cheminées, furent déposés, stockés, puis reposés. La plus grande partie des boiseries et des menuiseries intérieures ont été réparées ou rénovées. Le salon des Dames avec son plafond décoré de quatre médaillons symbolisant la musique, la sculpture, l’astronomie et la littérature, ainsi que le salon des Délégués, présentent une restitution de leurs décors tels qu’ils furent documentés par sondage avant les travaux.

La cage d’escalier et le vestibule central, avec leur décor peint, demeurent la partie du bâtiment la plus préservée dans sa substance d’origine.

La gageure de créer les locaux administratifs ainsi que des salles de conférences (équipées de cabines de traduction) répondant aux normes techniques les plus avancées en la matière, tout en préservant l’identité du bâtiment, a été pleinement

réalisée lors des travaux de restauration et de rénovation de l’édifice. Ces travaux de qualité se sont déroulés en harmonie avec le programme établi et respectent le crédit voté par les chambres fédérales. Grâce aux efforts de la Confédération, la restauration du Palais Wilson permet à Genève de retrouver l’un de ses plus beaux bâtiments et d’en assurer la pérennité.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme

Le Palais Wilson était initialement prévu comme « Maison de l’Environnement » à la suite du Sommet de la Terre de Rio. En avril 1997, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, s’adresse aux autorités suisses afin de pouvoir établir au Palais Wilson le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme installé jusqu’alors au Palais des Nations.

Après s’être assuré du soutien du Conseil administratif de la ville de Genève et du Conseil d’État du Canton de Genève, le Conseil fédéral a donné le 25 juin 1997 son accord au changement d’affectation du Palais Wilson. Le Geneva Executive Centre (GEC), immeuble administratif situé à Châtelaine, est désigné comme Centre de l’Environnement et du Développement durable à Genève.

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Le 31 mars 1998, l’Assemblé générale des Nations Unies a formellement approuvé l’offre de la Suisse de mettre le Palais Wilson

à la disposition de l’ONU. La fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI) assumera la gestion et la maintenance pour le compte de la Confédération. La cérémonie d’inauguration du 5 juin 1998 marque à la fois l’achèvement des travaux selon le programme retenu en 1993, la remise officielle du Palais Wilson au Secrétaire Général des Nations Unies et l’installation du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Depuis, les quelque 400 fonctionnaires internationaux du HCDH bénéficient d’un espace de travail moderne et riche, dans une histoire architecturale encore très présente.