UNSPECIAL No 625 JANUARY 2004 - JANVIER 2004

EDITORIAL

2005: année de l'amour ou du microcrédit?
2005: Year of Love or of Microcredit?

INTERVIEW

Spam, Spam, Spam, a nice tune for a pain 

PERSONNEL

Enjeux du développement durable et du Pacte mondial
Issues relating to sustainable development and the Global Compact 

SERVICES

Hi-tech et diplomatie 
Le salon des délégués retrouve ses couleurs 
Contacts utiles – Useful contact information 

FÊTES DE FIN D’ANNÉE

Annual Solidarity fair
Fête de Noël à l’ONU

GLOBE

Тсинги - каменный лес Мадагаскара
Meditations. “The world in a village” 
Sommet mondial de l’information
Pourquoi ne pas le faire (9)
Pourquoi ne pas le faire (10)
In full swing
Des voyages psychologiques
Année internationale de la montagne, 2002 

FEUILLETON

Mélanie (English)
Mélanie (French)



 

 

Le salon des délégués retrouve ses couleurs

Emmanuelle Gantet, ONU

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La plupart des salles de conférence du Palais des Nations bénéficient de dons historiques, venant du monde entier. Entre 1933 et 1939, vingt-trois Etats donateurs, et cinq personnalités ou fondations, contribuèrent par leurs dons à la décoration ou à l’aménagement des salles, salons, bureaux et halls du Palais. Les peintures murales et les boiseries en chêne clair de la Salle VI ont été offertes par la Suisse. L’Atelier Arte, spécialisé dans la conservation et la restauration d’œuvres d’art, a redonné de la lumière et des contrastes aux peintures murales de ce salon, ternies par des interventions parfois malheureuses et des dépôts de saleté et de nicotine.

L’œuvre du peintre Karl Hügin (1887-1963)

La salle VI, de 203 m2, d’une hauteur de 5,50 m, est à l’origine une salle de commission. Les peintures réalisées par Karl Hügin représentent des scènes à contenu symbolique voulant illustrer la philosophie de la SDN, à travers un prisme suisse1: sur le mur côté Jura, Saint Georges terrassant le dragon, symbole du combat du Bien contre le Mal, Saint Martin partageant son manteau ou Sain Martin et le Mendiant, et Le bon Samaritain et le bon Berger; sur le mur au-dessus des portes d’entrée, trois scènes de l’histoire helvétique, au milieu Le serment de Grütli, symbole de l’Unité le 1er août 1291 des trois premiers cantons, à l’origine de la Confédération suisse, à gauche La capture de Guillaume Tell, symbole du courage et de l’intrépidité, à droite Nicolas de Flüe, symbole de sagesse et de pondération; sur le mur côté Lac, Les victimes de la guerre, deux groupes de femmes en pleurs autour du corps d’un soldat sous un linceul, en premier plan, une colombe nourrit ses petits, à côté de lui, les victimes: la mère, l’épouse et les enfants livrés à la pitié des hommes.

A partir du printemps 1964, la salle VI a été utilisée comme Salon des Délégués (Delegates Lounge) lieu de rencontre et de détente, pour se détendre, pour lire la presse mondiale ou prendre des rafraîchissements. Mais c’est à l’automne de la même année, qu’elle sera fermée pour travaux et en 1973 qu’elle sera réaménagée avec un nouveau mobilier et un office agrandi.

Réfection à quatre mains de l’œuvre

En trois mois depuis octobre 2003, mesdames Catherine Reymond et Olivia Piguet Perrin, restauratrices d’art, ont redonné vie aux peintures murales du Salon des Délégués.

Des analyses préalables sur la peinture originale ont permis de connaître précisément la composition des peintures utilisées et d’adapter les techniques de restauration. Pour cette œuvre les résultats des analyses sont inattendus car ils révèlent la présence d’un liant à l’œuf, dont la particularité est de sécher rapidement et de rendre bien visible les coups de pinceau du peintre. Les techniques employées dans la peinture murale dans les années 30’ utilisaient plutôt l’huile ou l’enduit frais, «à fresco» soit «sur le frais», sous-entendu le mortier frais. Les peintures murales ont ainsi pu être nettoyées à l’aide de solutions aqueuses dont le pH a été modifié suivant le type de nettoyage requis. dépôts de poussière et de nicotine, parties repeintes très résistantes, vernis. Ce qui a éclairci et renforcé les couleurs de l’œuvre. Le dégagement des parties repeintes, a permis de remettre au jour la peinture originale beige rosé.

Les retouches se limitent au strict minimum et s’effectuent avec des produits réversibles. Certains rajouts antérieurs, bien que trop visibles, ne peuvent pas être enlevés, au risque de trop détériorer l’œuvre. C’est le cas du trait noir sur le bord extérieur droit de la toge du mendiant sur le mur côté Jura. Quant aux craquelés, traces du vieillissement ou des limites des «journées de travail» (supports en plâtre que montait le peintre en début de journée), ils font partie intégrante de l’histoire de ces fresques et doivent être respectés.

Sur de telles surfaces, Mesdames Catherine Reymond et Olivia Piguet Perrin, ont dû prendre des décisions qui ont permis à l’œuvre de retrouver toute sa lisibilité tout en respectant au mieux les choix de l’artiste. Ces décisions ont été partagées en collaboration avec l’associée de Madame Catherine Reymond, Madame Andrea Hoffman Dobrynski, et Monsieur Anis Chibli, Chef du Groupe des bâtiments de l’Office des Nations Unies à Genève, regards extérieurs pour éviter des erreurs du fait d’être trop «près» de l’œuvre.

On ne s’invente par restaurateur d’œuvre d’art

Devenir restaurateur d’art nécessite une excellente connaissance de l’histoire de l’art et des techniques picturales. Il faut également avoir des notions de chimie, de dessin et comprendre les intentions de l’artiste, mais aussi savoir communiquer et collaborer avec différents interlocuteurs, parfois en plusieurs langues.

Ainsi Catherine Raymond a une double formation de haut niveau en restauration d’art et en histoire d’art. Avec son associée, Andrea Hoffmann Dobrynski, également historienne d’art, anciennement responsable du département des Maîtres Anciens chez Sotheby’s, elles développent depuis 1993 la notoriété de leur Atelier Arte grâce à leurs expériences professionnelles acquises dans divers musées, dans le domaine privé et dans les maisons de vente. Olivia Piguet Perrin, restauratrice de peintures murales depuis plus de vingt ans, s’associe pour certaines œuvres dans ce domaine à l’Atelier Arte.

Genève, place d’art mondialement connue

Les marchands d’art, les maisons de vente aux enchères, les collectionneurs du monde entier connaissent Genève, en la zone du Port Franc de la Praille, comme une des plus grandes concentration d’œuvres d’art de valeur. Ce lieu hautement sécurisé abrite des œuvres d’art de toutes les époques, de Cranach à Picasso.

L’Atelier Arte installé dans cette zone, coopère avec des marchands d’art internationaux et des entreprises spécialisées dans le transport et le stockage d’œuvres d’art implantées également au Port Franc. Ces transporteurs ont souvent acquis de façon empirique une connaissance poussée de l’art selon les critères marchands dates, artistes, valeurs. Ils s’associent les services de l’Atelier Arte pour des restaurations d’œuvres et leur conservation.

Le Palais des Nations, un petit musée

Le Palais des Nations est un monument unique. Il a une vie artistique propre. Non seulement certains des plus grands artistes de l’époque de sa construction contribuèrent à la décoration de l’intérieur des bâtiments, mais aussi s’y est constituée une impressionnante collection permanente d’objets d’art, fruit de centaines de dons des Etats Membres, composée de peintures, de sculptures, de céramiques et de tapis. Sans compter les nombreuses expositions que le Palais accueille chaque année. En ceci le Palais des Nations est un musée. Il est alors important de se rappeler des règles de conduite que nous nous devons de respecter. ne pas toucher les œuvres, respecter les matériaux nobles tels que boiseries, tapisseries, et bien sûr ne pas fumer dans ces zones.

1 Livre de M. Pallas «Histoire et architecture du Palais des Nations»