Hi-tech et diplomatie
Interview de
Jovan Kurbalija directeur de
Diplo-Foundation
Cela fait déjà 5 ans que lONU à Genève a organisé des cours sur lutilisation dInternet à lintention des représentants des pays Membres de lOrganisation, en poste à Genève. Aujourdhui, une institution telle que « Diplo- Foundation » propose un programme sur les relations internationales où les technologies de linformation sont la base même de leur méthode denseignement, en plus dun outil de travail. Jovan Kurbalija, ancien diplomate yougoslave, est le directeur de cette institution et nous transmet quelques précisions.
Quest-ce la « Diplo-Foundation »?
Cest une institution indépendante, fondée conjointement
par les Gouvernements de Malte et de la Suisse, avec lobjectif
dassister les diplomates et les fonctionnaires internationaux
dans leur travail de relations internationales.
Quel type de formation offrez-vous?
Parmi les cours que nous offrons, il y a un cours de post-graduation
sur les technologies de linformation et la diplomatie, dune
durée de neuf mois. Nous offrons aussi des cours façonnés
pour des besoins spécifiques dans la diplomatie multilatérale,
qui peuvent être suivis « on-line », après avoir
été précédés dun atelier. Lavantage
de ces cours est quil est possible de les suivre sans être
obligé de quitter son travail pendant la durée de la formation.
Dautres cours, peuvent être organisés à la
demande, en général pour une durée dune ou
deux semaines, comme préparation à un événement,
une conférence internationale ou une crise.
Ces derniers cours sont-ils uniquement organisés
sur demande?
Pas uniquement! Ils sont aussi organisés dès quun
besoin se fait sentir au niveau des relations internationales.
Comment gérez-vous la problématique
de la gestion de connaissances?
Les Organisations internationales génèrent la connaissance,
lutilisent et se basent sur linformation et cette connaissance
pour agir. Ce qui me semble important dans le contexte de lONU
est lapplication des principes de la gestion de connaissances,
pour préserver la mémoire institutionnelle de lOrganisation.
Il me semble que dans les 7 prochaines années, environ 50% du
personnel de lONU pourrait partir à la retraite. Pouvez-vous
imaginer la quantité de connaissances, dexpertise, qui
va disparaître?
Quentendez-vous par connaissance mobile?
Lidée que nous avons, est de créer une gestion
de connaissances en mobilité constante. Cest à dire
que la connaissance générée plus celle qui est
consommée seront dans un seul circuit. Cela se traduirait dans
la pratique par un recyclage de la connaissance générée
par une agence de lONU sur un sujet spécifique (ex.changements
climatiques, loi du travail ou droits de lhomme) et lenseignement
de cette connaissance sous forme de cours à transmettre à
des étudiants, fonctionnaires, diplomates, etc.
Pourquoi le choix de Malte?
La raison est que cest une île et que si lon veut
être vivant intellectuellement et professionnellement, de nos
jours, on a dautant plus intérêt à être
connecté à Internet, sil ny a pas la possibilité
dêtre physiquement présent à des réunions
ou à des conférences. Jai moi-même suivi un
cours pour de jeunes diplomates à lUniversité de
Malte en 1991.
Est-ce que dautres institutions collaborent
aux travaux de votre institution?
Parmi les institutions qui collaborent avec nous, se trouvent. le Programme
des nations unies pour le développement (PNUD), la Communauté
européenne, lInstitut américain pour la paix, lAssociation
européenne pour le libre échange (AELE), le secrétariat
du Commonwealth et aussi plusieurs institutions privées.
Comment voyez-vous les réunions ou
les conférences à distance par rapport à celles
où les participants se rencontrent sur le même lieu?
Je ne suis pas davis que les rencontres à distance puissent
remplacer le contact humain. Je crois, cependant, quune combinaison
judicieuse de rencontres à un endroit donné, suivies de
rencontres on-line peuvent accroître efficacement le fonctionnement
de lONU et offrir simultanément plus de possibilités
aux pays en développement de mieux participer aux négociations.
Est-ce que les résultats du Sommet
mondial sur la société de linformation pourraient aider
dans ce contexte?
Cela aiderait bien sûr. Mais beaucoup peut déjà
être fait à petite échelle, même si les résultats
du Sommet ne laissent pas entrevoir de changements majeurs à
une plus grande dimension.
Interview by Sergio da Silva, ONU/STIC