Mélanie Mercier née Markowitz (9)
Lenlèvement
Jean Michel Jakobowicz, ONU
Mélanie Mercier née Markowitz, chef économiste adjoint
dans le Département des projections de l’Organisation
est
la cible d’étranges messages qui menacent ses enfants
Isabelle
8 ans et Benjamin 10 ans au point qu’elle décide de les
mettre à
l’abri chez ses parents à Paris. Entre temps, son
collègue David
Garrido, qui essaie de l’aider à démêler les fils
de son histoire,
est retrouvé assassiné. En arrière plan, un
mystérieux groupe
de financiers s’apprête à manipuler les
marchés. (Vous pouvez
retrouver les huit premiers épisodes de
Mélanie sur le site
Internet de UN Special:
http://www.unspecial.org)
Jeudi 13:40, gare de Cornavin. Mélanie Mercier née Markowitz , attend larrivée de son père et des enfants devant la voie 6, juste après la douane. Les premiers passagers sortent en courant. Mélanie se met sur la pointe des pieds pour essayer de voir arriver ses enfants. Rien ! Ils ont dû être retardés. Il est vrai que son père ne marche plus très vite.
Le temps passe, Mélanie est de plus en plus impatiente. Enfin,
la dernière passagère, une vieille dame poussant un énorme
chariot passe la porte automatique. Il ny a plus personne,
lui demande Mélanie?
Non, répond la vieille dame. Je suis vraiment la dernière.
Une dame toute aussi vieille, mais qui lui ressemble comme deux gouttes
deau se précipite vers la nouvelle arrivante entraînée
par un énorme chien. Elles sembrassent !
Mélanie regarde autour delle, puis sort son téléphone
poratable. Elle compose lentement un numéro. Puis reprend profondément
son souffle comme avant de plonger dans une eau trop froide.
Allo ! Maman ! Oui cest moi Mélanie. Tu ne sais
pas quand papa a pris le train avec les enfants.
Non, pour rien ! je dois les avoir ratés parce que je ne les ai pas vu descendre.
Mais non, ne ten fais pas. Pourquoi veux-tu quil
leur soit arrivé quelque chose. Non, je te dis jai dû
les rater.
Oui, je te rappelle dès que je les ai retrouvés.
Mélanie referme son portable et se dirige vers la sortie. Elle jette un coup doil à la station de taxis, puis à celle des bus. Hésite un instant puis prend le bus pour rentrer chez elle. Par acquis de conscience, elle téléphone à la maison. Mais le téléphone sonne dans le vide.
Vingt minutes plus tard elle arrive devant chez elle. Elle ouvre la
porte de son appartement et appelle : Papa, Isabelle, Benjamin.
Vous êtes là? Pas de réponse. Elle se dirige vers
la cuisine et se verse un grand verre deau. Puis elle va dans
sa chambre et sallonge sur le lit. Elle ferme un instant les yeux
et décroche le téléphone. Elle compose un numéro
et attend.
Allo ! Cest toi Jérôme. Cest moi Mélanie
! Excuse-moi de te déranger au travail. Mais
Les enfants sont arrivés, coupe Jérôme, son
ex-mari. Non, justement cest pour ça que je te téléphone.
Ils devaient arriver par le train de 13 heures 40 et je ne sais pas
jai dû les rater, mais je ne les ai pas vus.
Tu es certaine quils ont bien pris ce train? Ma
mère dit quils sont bien partis par le train de 10 heures
de Paris. Ils ont pu le rater ! Je suppose que sils
lavaient raté, ils auraient téléphoné.
Je suis morte dinquiétude. Crois-tu quil faille appeler
la police? Si à chaque fois que quelquun est en
retard il fallait déranger les flics, on nen finirait pas.
Tinquiète, ajouta Jérôme, je moccupe
de tout. Combien de fois, devrais-je te dire, coupa Mélanie,
que je peux me débrouiller seule et que
Peut-être,
mais ce sont aussi MES enfants qui ont disparu. Qui parle de
disparition, dit Mélanie énervée. Il y a quelques
minutes à peine cest toi qui parlait de retard, et maintenant
ils ont disparu ! Je ne te comprendrai jamais. Il y a quelques
jours tu flippais parce que tu recevais des messages de menace et maintenant
Madame se la joue relax quand les pires menaces se réalisent.
Tu
Je
Je ne me la joue pas relax, jessaie
de réfléchir. En fait, je crois que tu as raison, je vais
téléphoner à la police. Et sans attendre, Mélanie
raccrocha. Elle poussa un profond soupir. Puis retéléphona
à sa mère.
Les hurlements de sa maman devaient sentendre à travers toute la France. Ce qui ressortait de son discours désordonné, cest quelle lavait toujours su et que rien de bon ne pouvait survenir à une femme seule. Quelle naurait jamais dû divorcer etc Mélanie raccrocha sans attendre la fin. Elle téléphona ensuite à linspecteur xxx celui-là même qui lavait interrogée après la mort de David Garido. La conversation dura quelques minutes au bout desquelles linspecteur promis de passer chez elle avant la fin de laprès-midi. Son dernier coup de fil fut pour son secrétaire. Elle lui expliqua avec force détails ce qui venait de se passer. Puis elle raccrocha.
Mélanie erra quelques instants dans son appartement, allant tour à tour de la chambre des enfants à la sienne en passant par le salon. A chaque bruit elle sursautait. A un moment il y eu même une sonnerie de téléphone, mais il sagissait du téléphone des voisins du dessus. Elle finit par sallonger sur le lit dIsabelle où elle sendormit.
Bourg-en-Bresse, 20 heures 15, Hôtel de la gare chambre 213.
M. Markowitz père est assis sur un canapé avec Isabelle
et Benjamin. Tous trois mangent de grosses parts de pizza en regardant
la télévision.
Dis pépé, pourquoi on est là, demande Benjamin ? Je vous lai déjà dit, on fait de lespionnage, répondit M. Markowitz. Et quest-ce quon espionne lui demanda le garçon? Je nen sais rien, dit le grand-père. Mais une chose est certaine nous ne bougerons pas dici avant que tout danger soit écarté. De quel danger tu parles pépé, demanda Isabelle?