| UNSPECIAL
No 624 Decembre - December 2003
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| ÉDITORIAL Un sommet pour qui? INTERVIEW PERSONNEL Gender discrimination
: D.A.M.M. IT! GLOBE Pourquoi ne pas le faire
(7) SERVICES Le livre en beauté FEUILLETON Mélanie (French)
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La dépression nerveuse reconnue comme accident du travailDans un arrêt du 1er juillet 2003, la Cour de cassation (France) prend plus largement en compte la santé mentale des salariés. La dépression nerveuse peut constituer un accident du travail. Autrement dit, cette qualification ne se limite plus à la lésion corporelle et sétend aux troubles psychiques. Un salarié souffrant psychologiquement à la suite dun fait précis et daté survenu dans lenceinte de lentreprise peut désormais être reconnu victime dun accident du travail. Tout commence en janvier 2000 dans une entreprise du Sud-Ouest de la France. Lors de lentretien dévaluation annuel, un chef déquipe se voit rétrogradé par son supérieur hiérarchique au poste dagent de maîtrise suppléant. Il lui est notamment reproché son manque de charisme. Deux jours plus tard, le salarié déclassé fait constater à son médecin traitant une dépression nerveuse. Jusquici bien noté par les dirigeants de son entreprise, la rétrogradation est très mal vécue. Malgré létablissement par un expert technique dune relation de cause à effet entre lentretien dévaluation et létat du salarié, la Caisse primaire dassurance maladie (CPAM) de Dordogne refuse de prendre en charge cette affection en tant quaccident du travail. La cour dappel de Bordeaux reconnaît pourtant, le 21 mars 2002, que le salarié « avait été atteint dune dépression soudaine » et qualifie la dépression daccident du travail. A sa défense, la CPAM fait remarquer que le plaignant ne se prévaut daucune lésion corporelle, critère traditionnel de laccident du travail. Elle forme un pourvoi en cassation. La caisse primaire est finalement déboutée et le premier jugement confirmé : la deuxième chambre civile de la Cour de cassation donne raison à lemployé en rappelant que les juges de fond apprécient souverainement si un accident est survenu « par le fait ou à loccasion du travail ». La notion daccident du travail est étendue aux « lésions psychiques » dans larrêt rendu le 1er juillet 2003.
Désormais, la santé mentale du salarié est largement prise en compte. « Cette extension est importante mais pose un problème pratique », explique Alain Sutra, avocat en droit social à Paris. « La procédure de licenciement prévoit un entretien préalable. Si au terme de celui-ci lemployé remercié dit souffrir de troubles psychiques, larrêt pourrait bloquer la procédure, car il est impossible pour une entreprise de licencier un employé victime dun accident du travail. Il existe un risque fort dutilisation perverse de cet arrêt dans le cadre du droit du travail. Néanmoins, il renforce la sécurité sociale des salariés qui seront mieux indemnisés. » LEntreprise, novembre 2000. |
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