Deux misérables questions
En septembre dernier, jexprimais dans ces colonnes toute ma colère "devant le peu de protection de nos collègues" morts en Irak. "Alors que des dizaines de soldats surarmés tombaient tout autour, ils semblaient étrangement seuls au milieu dun tel chaos." Ma colère na fait que grandir avec la publication du rapport Ahtisaari.
Lorsquon lit noir sur blanc que le système de sécurité à Bagdad était totalement inadéquat, que la gestion de la sécurité létait tout autant et que des informations étaient disponibles sur une éventuelle attaque, cela fait bondir.
Par dela le fait de trouver qui sont les «coupables», ce que permettra déclaircir, je lespère, lenquête diligentée par le Secrétaire général, deux questions me hantent.
La première est: pourquoi a-t-il fallu attendre ce massacre pour se rendre compte que le système de sécurité de lONU ne fonctionnait pas? Certes, comme le dit le rapport, même des mesures de sécurité adéquates nauraient pas empêché une telle attaque, mais elles auraient certainement minimisé la vulnérabilité du personnel et réduit le nombre des victimes.
Ma seconde question est: à quoi servent toutes ces institutions et départements chargés denquêter sur les dysfonctionnements de lOrganisation, sinon à compter sil y a le bon nombre de feuilles dans les rames de papier à photocopier ? Peut-être serait-il temps là aussi de faire le ménage.
Malheureusement, jai trop peur de connaître les réponses à ces deux misérables questions. Elles se résument à trois mots bien connus: bureaucratie, incompétence et négligence.
Un dernier mot : merci au Secrétaire général davoir fait circuler le rapport Ahtisaari qui en dautres temps aurait fini dans les oubliettes de lhistoire.
Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.