UNSPECIAL No 623 Octobre - October 2003

EDITORIAL

Deux misérables questions
Two miserable questions

INTERVIEWS

UNCTAD after Cancún
Disparition annoncée des timbres à Genève

PERSONNEL

L’ONU se met en trois.
Inauguration du mémorial.
Unveiling of Memorial to UN colleagues
Merci
News from the field
Merit pay
9th Annual Solidarity Fair at WHO 
9e Fête annuelle de solidarité à l’OMS
Sulafa

CACTUS & ROSES

SERVICES

A tous les utilisateurs d'Intranet
SBST: L’air du temps
BES: Room temperature  
Côté cour – Garden side
ITU Telecom World 2003
Did you know that

GLOBE

Серны, козероги, сурки и другие...
World sight day: 9 october 2003
Pourquoi ne pas le faire? (5)
Pourquoi ne pas le faire? (6)
Un des buts de la Francophonie
Why America still needs the UN
Shashi Tharoor: l’Emeute 
“Tell me about Bangladesh”
Nedd Willard’s Logbook
Getting-on-board v.s. going-to-bed

ARTS

Au théâtre ce soir
2004: International Year of Rice! 
2004: année internationale du riz!

FEUILLETON

Mélanie starts to fight
Mélanie se lance dans la bataille


 

 

Au théâtre ce soir
Rachel El Haloui-Deléglise (ONU)

UNS_62345-00.jpg 385x289

Si je reprends dans mon titre le nom d’une célèbre émission de télévision, c’est que j’étais au théâtre hier soir. Pour UNSpécial, je suis à nouveau partie en expédition, pour voir de quoi avait l’air, cette année, la programmation à Genève. Ainsi, la saison 2003-.004 du Théâtre Para-Surbeck, s’annonce des plus prometteuses. Elle a débuté par une célèbre pièce du non moins célèbre Eric-Emmanuel Shmitt, « variations énigmatiques ».La pièce
Connaît-on vraiment la personne que l’on aime ? Peut-on vivre toute une vie, nourri par le seul feu d’une passion qui ne dura que quelques mois ? Un duel entre un prix Nobel de littérature misanthrope et aigri, retiré du monde sur une île de Norvège et un journaliste qui, prétextant une interview, se révèle bien curieux. Les mots frappent chacun des interlocuteurs dans ce qu’ils croyaient de plus fort. Guidés par un suspens entretenu, les protagonistes vous tiennent en haleine jusqu’à la dernière réplique.« Variations Enigmatiques » a été créée à Paris en 1996. Jouée au Théâtre Marigny par Alain Delon et Francis Huster, cette pièce rencontre un succès mondial auprès du public des grandes villes, dont Tokyo, Berlin, Moscou, Los Angeles, et Londres avec Donald Sutherland.
L’auteurEric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus joués en France. Nombre de ces pièces ont été traduites et présentées dans une trentaine de pays. A 33 ans, le triomphe de sa pièce « le visiteur » inciteront les critiques à voir en lui la « révélation de l’année ». Dans « le visiteur », Eric-Emmanuel Schmitt vous invite à une conversation entre Freud et Dieu dans Vienne occupée par les nazis. Fallait oser !Né en 1960 et Agrégé en philosophie, Eric-Emmanuel Schmitt, se révèle bien vite un nom incontournable du théâtre français. Comme dit Corneille,. « A toute âme bien née, la valeur n’attend point le nombre des années », ce « normal-sup-ien »* s’est imposé sans équivoque dans la profession exsangue d’écrivain de théâtre contemporain. - Les écrivains de théâtre sont une espèce en voie de disparition. Quand on y pense, les écrivains dont on se souvient et qui sont joués sont plutôt « ad patres », nous hantant ainsi d’outre-tombe. Il est sans doute moins risqué « d’archijouer » toujours les mêmes pièces dont on sait que le succès est déjà presque garanti. Mais comme dit toujours notre cher Corneille. à vaincre sans péril, ne triomphe-t-on pas sans gloire ?le Para-Surbeck
Petit théâtre genevois dans le quartier des grottes, le théâtre Para- Surbeck est à échelle humaine. Humaine voire familiale, l’ambiance que Claude Para et Luc Surbeck ont su impulser à ce théâtre. Ici, pas de superproduction avec des centaines de jeunes gens qui s’égosillent le temps d’un tube. Intime et même intimiste, ainsi se décrirait cet endroit. Un petit Coq au Vin ou une salade avant le spectacle, ça vous dirait? Pas de souci, ils y avaient pensé…La première de la pièceLe merveilleux texte de « variations énigmatiques » est servi par deux acteurs d’exception: Claude Para et Luc Surbeck.Exceptionnelle, la passion qu’ils n’ont aucun mal à partager avec le public. Le choix des pièces et surtout des auteurs, les distingue et révèle un théâtre de qualité. Ces professionnels font fi d’une époque où la « tendance » est de présenter des pièces dites alternatives que personne ne comprend et à texte médiocre. Si vous aimez les troupes d’amateurs, qui mâchouillent un texte mal compris, vous serez déçu. En revanche, si une expérience de 22 ans à user les planches, le grain de folie et de passion qui font vibrer chaque comédien vous séduisent, alors n’hésitez pas. ce sont vos hommes.Et si le théâtre était avant tout un diver- tissement; et si le but était de passer un bon moment, alors Para et Surbeck ont visé dans le mille.
Pour les non-francophones sachez que l’expression en français qui signifie y mettre tout son cœur et son ardeur est « mouiller la chemise », exprimant ainsi l’idée d’un effort physique. Cette expression s’applique tout à fait dans le cas pré- sent, Para et Surbeck ont vraiment mouillé la chemise.Un coq au vin, une pincée de « variations énigmatiques » et pour le dessert ? Cela sera une discussion, à bâtons rompus avec les autres spectateurs. Bien que vous soyez libre de rester ou de partir, vous aurez la possibilité de poser des questions, même gênantes, de faire part de votre avis ou tout simplement d’écouter ce que les autres ont pensé du spectacle. Ainsi repus, vous pourrez sereinement rentrer ou déambuler selon votre gré.Pour une première, c’était la bonne. Une très belle soirée très réussie. N’hésitez surtout pas à y aller. Variations énigmatiques se jouera du 22 octobre et jusqu’au 30 novembre 2003.Saison 2003-2004
«…Comme on regarde tomber les feuilles » de Yves Marchand (d’après Guy De Maupassant) (4 Février – 21 Mars 2004). Un huis clos spectaculaire, tendre et drôle entre un médecin et son célèbre patient. Cette pièce a été écrite dans un style lumineux et élégant (à la manière de Guy de Maupassant), dans lequel se développe une intrigue haletante.« L’opposé du contraire » de Martial Courcier (12 Mai - 27 Juin 2004). Un Philosophe misanthrope et acariâtre ouvre sa porte à un peintre en bâtiment venu repeindre les volets. Les certitudes du penseur vont être ébranlées par la spontanéité, le bon sens et la joie de vivre du peintre. Une pièce très drôle, un face-à-face irrésistible entre deux mondes qui n’étaient pas destinés à se rencontrer.Pour s’y rendreThéâtre Para-Surbeck, 43, rue Louis- Favre, 1201 Genève Tél. + 41 (22) 740 00
75. Il se trouve en face du garage Jaguar, aux grottes. Le bus qui vous y conduit est le 8, arrêt « grottes ». Vous pouvez visiter le site du théâtre. www.theatreparasurbeck.ch.
NB. il ne vous en coûtera que 32 CHF. Alors pourquoi vous priver d’un tel spectacle? * Il a étudié à l’Ecole normale supérieure.