UNSPECIAL No 622– Octobre - October 2003

EDITORIAL  

They are so cute!
Ils sont tellement mignons!

INTERVIEW

Three by five: The new WHO challenge

PERSONNEL

“Everything you wanted to know about documentation, but were afraid to ask!”
Famille Samba, remerciements
Club “Saisons Russes”
Lorsque les profils génériques ne tiennent pas compte de la réalité humaine 
Le harcèlement moral: Quelle définition lui donner?

SERVICES – SPECIAL SECURITE

Le Palais des Nations, un lieu sécurisé?
La sécurité du Palais des Nations: les réalités du projet.
La sécurité au Palais des Nations
The security at the Palais des Nations
Tech News: Le «Desktop V» est arrivé!
Vers l’âge mûr des technologies de l’information 
Did you know that
City limits 

GLOBE

Significant movement to fight against
Challenges to CW (Common Wisdom)
“Perahera: a pageant in a fragile peace” 
Who assists the countryside home and orphanage to become self-sustainable
Pourquoi ne pas le faire? (3)
Pourquoi ne pas le faire? (4)
Les pyroconcerts de Talloires
Un guide Internet pour les jeunes 
A teen guide to the Internet
The meditation: The creative process 
Why America still needs the UN

FEUILLETON

La chance change de camp? 
A change of luck?

LAST PAGES

2004: année internationale du riz 
2004: the International Year of Rice!


 


 

 

Mélanie Mercier née Markowitz (7)

La chance change de camp?

Jean Michel Jakobowicz, ONU

Mélanie Mercier née Markowitz, chef économiste adjoint dans le Département des projections de l’Organisation est la cible d’étranges messages qui menacent ses enfants Isabelle 8 ans et Benjamin 10 ans au point qu’elle décide de les mettre à l’abri chez ses parents à Paris. Entre temps, son collègue David Garrido, qui essaie de l’aider à démêler les fils de son histoire, est retrouvé assassiné. (Vous pouvez retrouver les six premiers épisodes de Mélanie sur le site Internet de UN Special: http://www.unspecial.org)

L’interrogatoire de Mélanie avait duré une heure et demie. Un enfer durant lequel elle avait dû révéler des détails de sa vie qu’elle aurait mieux aimé ne pas devoir étaler devant des inconnus. Mais, comme le disait l’inspecteur Savoy de la police criminelle genevoise: « Tous les détails comptent! » Elle avait même dû parler de Jérôme, son ex, qui n’était pour rien dans toute cette histoire. L’inspecteur avait pris plusieurs pages de notes. Lorsqu’il eut terminé, son seul commentaire fut:
— Intéressant! Intéressant! Sans plus donner de détails, il prit congé de Christian Melnick le Secrétaire général de l’Organisation et de Mélanie Mercier.

Mélanie, se sentait totalement vidée et incapable de réfléchir ou d’articuler une phrase cohérente. C’est comme un automate qu’elle quitta l’immeuble de l’Organisation. Elle ne sentait rien, ne voyait rien, n’entendait rien. Jamais elle ne sut comment elle était rentrée chez elle.

A peine la porte refermée sur son appartement vide, elle s’écroula sur le sol et se mit à pleurer. De longs sanglots qui n’en finissaient pas. Ce qui lui revenait sans cesse à l’esprit c’est que tout était de sa faute. Que sans elle, sans ses peurs stupides, David serait encore vivant. Plus tard, sur son lit, Mélanie écoutait le silence angoissant de l’appartement. Sans les enfants, il paraissait immense et sinistre. Tout à coup le téléphone se mit à sonner. Mélanie sursauta, puis se mit à trembler. Elle regardait fixement l’appareil comme s’il s’agissait d’un serpent mortel qui allait lui sauter dessus. La sonnerie retentit longtemps. Comme elle avançait sa main pour saisir le combiné, la sonnerie s’arrêta. Sa main retomba! Son corps se détendit un peu. Au moment où elle poussait un soupir de soulagement la sonnerie recommença. Elle décrocha brutalement et hurla au bord de l’hystérie.

— Laissez-moi tranquille! Mais qu’est-ce que je vous ai fait pour que vous me harceliez comme ça? A l’autre bout du fil elle entendit un souffle, puis une

voix qu’elle reconnut immédiatement. Il s’agissait de Jérôme son ex. — Que se passe-t-il, dit-il d’une voix inquiète? — Rien, répondit Mélanie épuisée. Rien du tout! — Comment ça rien, tu as l’air… tu n’as pas l’air dans ton assiette! — Mais puisque je te dis que ça va. Laisse-moi tranquille tu veux, dit Mélanie excédée. Je vais bien! Anticipant la question suivante elle ajouta: — Les enfants sont à Paris chez mes parents et ils vont bien eux aussi!
— Tu aurais pu me dire qu’ils partaient, répondit Jérôme d’une voix qu’il essayait de maîtriser. — Je n’ai pas eu le temps. Les choses se sont décidées à la dernière minute. D’ailleurs tu m’avais dit que tu n’avais pas de vacances…
— Tout de même… — Excuse-moi, dit Mélanie, mais je ne suis pas seule.
— Très bien! Je te rappelle demain, dit Jérôme vexé!

Mélanie raccrocha brutalement et poussa un cri de fureur.

— Marre, marre, j’en ai marre! Mais quand est-ce que tout cela va s’arrêter?

Une heure plus tard, le téléphone sonna à nouveau. Etonnamment calme, Mélanie décrocha. Elle resta un long moment à parler avec son interlocuteur. Puis elle raccrocha.

Devant la maison, une Mercédès noire était stationnée. A l’intérieur un homme fixait les fenêtres de Mélanie. Lorsque la lumière s’éteignit, il attendit encore quelques minutes avant de mettre le moteur en marche et de s’éloigner. L’homme jeta un dernier coup d’œil dans le rétroviseur, puis il bifurqua vers la route de Florissant. Le lendemain matin, malgré une mine de déterrée, Mélanie se sentait mieux. Le dernier coup de téléphone de la soirée lui avait redonné courage. Elle savait maintenant qu’elle pouvait agir et se débarrasser des gens qui la harcelaient et avaient tué son ami David Garrido. En passant dans les couloirs de l’Organisation ses collègues la saluaient avec le respect dû à une personne qui vient de perdre un être cher. Pour éviter tous ces regards fuyants, Mélanie gagna rapidement son bureau. Sur sa table un mémorandum l’attendait. Le Secrétaire général, Christian Melnick, l’informait qu’elle était à nouveau en charge de l’Etude économique de l’Organisation, avec les pleins pouvoir pour la mener à bien. Et que pour ce faire, elle ne devait rendre des comptes qu’au Secrétaire général en personne. Mélanie sourit. La chance semblait changer de camp.

New York 87 e rue entre Madison avenue et la 5e avenue.

Erwin Mülbach ne décolérait pas. Il marchait de long en large dans l’immense salon. Assis dans un fauteuil, un homme grand et chauve portant des lunettes noires. Une vraie caricature.

— Je vous avais bien dit de lui faire peur, et non pas de tuer! Hurlait Erwin Mülbach. Je ne veux pas de publicité. Et vous ne trouvez rien de mieux qu’assassiner un membre de l’Organisation, qui plus est proche de… Qui vous savez!
— Je vous répète, Monsieur, répondit l’homme d’une voix calme et monocorde, nous n’y sommes pour rien. Nous n’avons rien entrepris pour l’instant. — Alors qui est-ce, demanda Erwin Mülbach? — Aucune idée!
— De vos idées je n’en ai rien à faire, je veux savoir. Vous m’entendez, je veux savoir!