| UNSPECIAL
No 622 Octobre - October 2003
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| EDITORIAL They are so cute! INTERVIEW Three by five: The new WHO challenge PERSONNEL Everything you wanted to know
about documentation, but were afraid to ask! SERVICES SPECIAL SECURITE Le Palais des Nations, un lieu sécurisé? GLOBE Significant movement to fight against FEUILLETON La chance change de camp? LAST PAGES 2004: année internationale
du riz
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Mélanie Mercier née Markowitz (7) La chance change de camp?Jean Michel Jakobowicz, ONU Mélanie Mercier née Markowitz, chef économiste adjoint dans le Département des projections de lOrganisation est la cible détranges messages qui menacent ses enfants Isabelle 8 ans et Benjamin 10 ans au point quelle décide de les mettre à labri chez ses parents à Paris. Entre temps, son collègue David Garrido, qui essaie de laider à démêler les fils de son histoire, est retrouvé assassiné. (Vous pouvez retrouver les six premiers épisodes de Mélanie sur le site Internet de UN Special: http://www.unspecial.org) Linterrogatoire de Mélanie avait duré une heure
et demie. Un enfer durant lequel elle avait dû révéler
des détails de sa vie quelle aurait mieux aimé ne
pas devoir étaler devant des inconnus. Mais, comme le disait
linspecteur Savoy de la police criminelle genevoise: « Tous
les détails comptent! » Elle avait même dû
parler de Jérôme, son ex, qui nétait pour
rien dans toute cette histoire. Linspecteur avait pris plusieurs
pages de notes. Lorsquil eut terminé, son seul commentaire
fut: Mélanie, se sentait totalement vidée et incapable de réfléchir ou darticuler une phrase cohérente. Cest comme un automate quelle quitta limmeuble de lOrganisation. Elle ne sentait rien, ne voyait rien, nentendait rien. Jamais elle ne sut comment elle était rentrée chez elle. A peine la porte refermée sur son appartement vide, elle sécroula sur le sol et se mit à pleurer. De longs sanglots qui nen finissaient pas. Ce qui lui revenait sans cesse à lesprit cest que tout était de sa faute. Que sans elle, sans ses peurs stupides, David serait encore vivant. Plus tard, sur son lit, Mélanie écoutait le silence angoissant de lappartement. Sans les enfants, il paraissait immense et sinistre. Tout à coup le téléphone se mit à sonner. Mélanie sursauta, puis se mit à trembler. Elle regardait fixement lappareil comme sil sagissait dun serpent mortel qui allait lui sauter dessus. La sonnerie retentit longtemps. Comme elle avançait sa main pour saisir le combiné, la sonnerie sarrêta. Sa main retomba! Son corps se détendit un peu. Au moment où elle poussait un soupir de soulagement la sonnerie recommença. Elle décrocha brutalement et hurla au bord de lhystérie. Laissez-moi tranquille! Mais quest-ce que je vous ai fait pour que vous me harceliez comme ça? A lautre bout du fil elle entendit un souffle, puis une voix quelle reconnut immédiatement. Il sagissait
de Jérôme son ex. Que se passe-t-il, dit-il dune
voix inquiète? Rien, répondit Mélanie épuisée.
Rien du tout! Comment ça rien, tu as lair
tu nas pas lair dans ton assiette! Mais puisque je
te dis que ça va. Laisse-moi tranquille tu veux, dit Mélanie
excédée. Je vais bien! Anticipant la question suivante
elle ajouta: Les enfants sont à Paris chez mes parents
et ils vont bien eux aussi! Mélanie raccrocha brutalement et poussa un cri de fureur. Marre, marre, jen ai marre! Mais quand est-ce que tout cela va sarrêter? Une heure plus tard, le téléphone sonna à nouveau. Etonnamment calme, Mélanie décrocha. Elle resta un long moment à parler avec son interlocuteur. Puis elle raccrocha. Devant la maison, une Mercédès noire était stationnée. A lintérieur un homme fixait les fenêtres de Mélanie. Lorsque la lumière séteignit, il attendit encore quelques minutes avant de mettre le moteur en marche et de séloigner. Lhomme jeta un dernier coup dœil dans le rétroviseur, puis il bifurqua vers la route de Florissant. Le lendemain matin, malgré une mine de déterrée, Mélanie se sentait mieux. Le dernier coup de téléphone de la soirée lui avait redonné courage. Elle savait maintenant quelle pouvait agir et se débarrasser des gens qui la harcelaient et avaient tué son ami David Garrido. En passant dans les couloirs de lOrganisation ses collègues la saluaient avec le respect dû à une personne qui vient de perdre un être cher. Pour éviter tous ces regards fuyants, Mélanie gagna rapidement son bureau. Sur sa table un mémorandum lattendait. Le Secrétaire général, Christian Melnick, linformait quelle était à nouveau en charge de lEtude économique de lOrganisation, avec les pleins pouvoir pour la mener à bien. Et que pour ce faire, elle ne devait rendre des comptes quau Secrétaire général en personne. Mélanie sourit. La chance semblait changer de camp. New York 87 e rue entre Madison avenue et la 5e avenue. Erwin Mülbach ne décolérait pas. Il marchait de long en large dans limmense salon. Assis dans un fauteuil, un homme grand et chauve portant des lunettes noires. Une vraie caricature. Je vous avais bien dit de lui faire peur, et non pas de tuer!
Hurlait Erwin Mülbach. Je ne veux pas de publicité. Et vous
ne trouvez rien de mieux quassassiner un membre de lOrganisation,
qui plus est proche de
Qui vous savez! |
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