La résolution protégeant les personnels humanitaires adoptée à lunanimité
Bernard Estrade
Le Conseil de sécurité des Nations unies a finalement adopté à lunanimité, malgré les réticences des Etats-Unis, une résolution visant à renforcer la protection des personnels humanitaires dans les zones de conflit.
Cette résolution, qui a fait lobjet dâpres marchandages diplomatiques, ne comporte plus la référence à la Cour pénale internationale (CPI), catégoriquement refusée par les Etats- Unis figurant dans le projet initial déposé en mai dernier par le Mexique.
Elle a été adoptée une semaine jour pour jour après lattentat au camion piégée contre le siège de lOnu à Bagdad qui a fait 23 morts dont son plus haut fonctionnaire en Irak, Sergio Vieira de Mello.
Cette résolution stipule que les attaques « volontaires et intentionnelles » contre les personnels en mission humanitaire ou appartenant à des missions de maintien de la paix, constituent des « crimes de guerre » et quil est du devoir des Etats que de tels « actes criminels » ne restent pas impunis.
Les Etats-Unis sinquiétaient dune première formulation qui aurait pu permettre, selon eux, de qualifier de « crime de guerre » toute forme dattaque contre des personnels humanitaires, y compris des actes commis dans le feu de laction.
Lambassadeur américain à lOnu John Negroponte a souligné dans une allocution après le vote que cette résolution « ne créait pas en elle-même de nouvelles obligations internationales légales mais pressait plutôt les parties concernées de mettre en application les règles existantes ».
M. Negroponte a également tenu à souligner quun paragraphe de la résolution «réaffirmait la règle générale, selon laquelle le personnel humanitaire des Nations Unies devait respecter le droit des pays où il intervient».
Lambassadeur américain a aussi rappelé que les conventions internationales permettaient aux puissances occupantes de restreindre la liberté de mouvement de ces personnels dans les territoires quelles contrôlent.
Le Secrétaire général de lONU, Kofi Annan,
présent lors du vote, a, pour sa part, souligné que cette
résolution constituait une « amélioration »
mais que « ce qui était le plus important était
quelle soit suivie par des actes ».
Il a également estimé que le retrait de la mention de la CPI « ne change rien, car cette Cour est là et continue son travail ». « Cest un compromis qui était nécessaire pour pouvoir faire passer la résolution », a remarqué M. Annan.
Les organisations non gouvernementales, tant humanitaires que de défense des droits de lhomme, sétaient mobilisées en faveur du projet mexicain et Richard Dicker, le responsable du programme Justice Internationale de Human Rights Watch, a affirmé quil nétait pas «enchanté » par le texte adopté.
« Mais, a-t-il précisé à lAFP, cette résolution constitue certainement un instrument qui pourra être utilisé pour poursuivre en justice ceux qui commettent de tels crimes ».
From Associated Press.