UNSpecial N° 621 — August/September – Août/Septembre 2003
 

J.M.Jakobowicz  Quelle honte!

Le massacre de nos collègues de Bagdad a été ressenti par beaucoup d’entre nous comme un coup terrible. Il a généré flot d’émotions.

La tristesse est venue en premier. Tristesse devant toutes ces vies innocentes sacrifiées par des barbares, qui ne respectent rien ni personne. Tristesse de voir des femmes et des hommes de bonne volonté, venus aider un peuple en détresse, être tués sans raison.

La colère est venue ensuite. Colère devant le peu de protection de nos collègues. Alors que des dizaines de soldats surarmés tombaient tout autour, ils semblaient étrangement seuls au milieu d’un tel chaos.

Ma colère n’a fait que grandir lorsque le Conseil de sécurité a adopté sa résolution sur la protection des fonctionnaires internationaux. Alors qu’il était fait mention dans le projet de cette résolution que les assassins du personnel humanitaire devraient être considérés comme des criminels de guerre et jugés par la Cour de la Haye, un pays est parvenu à faire effacer ce passage. De plus son représentant a eu le culot de se réjouir que cette nouvelle résolution ne changeait rien aux obligations des Etats. Se réjouissant ainsi indirectement que le personnel humanitaire ne serait guère mieux protégé dans le futur qu’il ne l’est actuellement. Quelle honte!

Un dernier sentiment est né de ce massacre c’est celui de la fierté! En entendant parler de la vie de tous ces collègues, jeunes et moins jeunes, je n’ai pu m’empêcher de les admirer. D’admirer leur simplicité, leur dévouement. Et là je me suis senti fier de faire partie de la même famille qu’eux.

Ironie de l’histoire

En février dernier, Sergio Vieira de Mello a été l’un des seuls Chefs de département à participer aux réunions organisées pour la construction d’un monument en l’honneur des fonctionnaires morts au service de la paix. Grâce à votre générosité, à celle du Secrétaire général des Nations Unies et à celle des autres agences du système, ce monument sera inauguré le 24 octobre prochain.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.