UNSpecial N° 621 — August/September – Août/Septembre 2003
 

Décadence humaine

Nicolas Emilien, ONUG

« Il n’y a pas de paix sans Homme, il
n’y a pas d’hommes sans Paix. There is
no peace without Human Being, there
are no men without Peace. » N.E.

Une fois de plus, l’humanité va grandir par la tragédie et la souffrance et non grâce à l’amour, à l’union des cours et à la sagesse des esprits. Une fois encore, l’Amour d’un homme, ses convictions et son engagement sur le terrain vont offrir une opportunité à nos sociétés déshumanisées de reformuler leurs paroles de paix pour le bien-être présent et celui des générations futures.

Mais qu’il est cher le tribut payé à l’ouverture des consciences devant les dysfonctionnements du monde que nous avons créé! Pourquoi la folie d’une idéologie, un désarroi personnel, le pouvoir de l’argent sont-ils commandés exclusivement par la volonté de nier l’Autre et par le sentiment de haine pour conquérir le temps d’un instant la destinée d’innocents?

Il en va ainsi sur cette planète bleue, les gens meurent et s’en vont dans l’anonymat tout en ayant accompli les choses et les actes du cour au sein de leur famille ou de leur travail pour euxmêmes, et toujours pour les autres. C’est ce que nous appelons plus communément l’altruisme. Cependant, qu’il soit au nom de Dieu ou du nihilisme ou qu’il soit au nom de l’or noir ou de l’or blanc, le fanatisme s’accapare illégitimement cette notion d’altruisme. C’est la raison pour laquelle il est important de différencier l’altruisme qui sert l’Homme à travers la création et l’altruisme dégénéré qui sème le chaos et la terreur par la destruction.

Tout comme le Mahatma Gandhi, Steven Biko ou le pasteur Martin Luther King... Sergio Vieira de Mello avait choisi d’agir au nom de l’humain en ouvrant pour la création d’un monde meilleur où chacun aurait sa place sous le soleil de nos sociétés dites « civilisées ».

Néanmoins, qu’il semble difficile à ces hommes et à ces femmes charismatiques et érudits de jongler entre pouvoirs politiques, matières humaines et enjeux diplomatiques. Car, aussitôt placés au centre de conflits planétaires et de débats internationaux, leurs prises de positions politiques effacent instantanément la finalité et la valeur de leur mission à but humanitaire. En devenant ainsi otages de leurs discours et de leurs non-dits, ces individus deviennent également des cibles privilégiées en cas de désaccords ou de « troubles » au bon ordre de pays et de gouvernements.

Une fois de trop, cachées dans le brouillard de la désinformation ou de la surinformation, les véritables raisons d’un tel crime contre l’humanité resteront silencieuses.