UNSpecial N° 620 — Juillet-Août – July-August 2003
 

Tech News

Mais … pourquoi centraliser ?

S. da Silva, UNOG/ICTS

Le début des années 80 a marqué un tournant dans l’histoire de l’informatique : la fin du règne des gros ordinateurs et le début de l’invasion des minis, tels les systèmes dédiés au traitement de texte qui ont annoncé les débuts de la bureautique «office automation»: un ensemble d’applications allant du traitement de texte et des données à la messagerie électronique et aux télécommunications.

Plus tard, avec l’arrivée en masse de l’ordinateur personnel (PC) les utilisateurs ont pu se lancer dans la découverte d’un nouveau monde qui ne leur avait pas été rendu accessible dans le passé. Cette période a été très stimulante et a apporté de grands changements dans les méthodes de travail. Cela a aussi donné naissance à un certain nombre de mini-secteurs informatiques un peu partout. Cependant, le fait que chacun développe ses applications de son côté, pas toujours en concertation et en harmonie avec d’autres bureaux, a fait que ces solutions informatiques soient devenues à la longue, contreproductives et difficilement gérables.

La crainte du «bug» de l’année 2000 est apparue au bon moment pour remettre les pendules à l’heure : anciens programmes et machines ont été remis à jour ou remplacés. Cela a permis de constater que la diversité de systèmes et des programmes, était devenue trop importante pour que l’informatique reste distribuée au lieu de centralisée. Il était temps de consolider l’ensemble de l’offre informatique et mettre en vigueur des normes, de la documentation, des procédures et un design de l’architecture de systèmes et des applications, qui soit approprié pour couvrir et satisfaire un maximum d’utilisateurs.

Jusqu’à présent, la centralisation avait ses inconvénients puisque le principe de la distribution globale des coûts à chaque entité, n’était pas toujours très apprécié par le peu de possibilités de contrôle laissé aux gestionnaires des utilisateurs pour apprécier les services reçus de la part du service informatique.

Un nouveau modèle de centralisation pointe son nez et apporte l’équilibre entre la simplicité d’une gestion centralisée et la transparence pour le service à fournir à l’utilisateur. Ce modèle vient d’être illustré par le groupe «McKinsey», dans une étude publiée en mai 2003, se basant sur le principe d’un véritable service à la carte qui est offert, à travers les bons offices d’un fonctionnaire de liaison du département informatique, ayant une expertise technique et de gestion, qui prépare les listes de matériel normalisé avec les prix correspondants et qui parmi d’autres activités, effectue aussi des coûts estimatifs pour les services spécifiques demandés.

Selon «IDC» dans un rapport publié en février dernier, la décentralisation pourrait être justifiée dans les cas ou il y a des changements rapides des activités d’une entreprise, où des départements seraient chargés de la gestion de leurs propres systèmes. Cela pourrait être le cas d’une fabrique qui devrait cesser sa production de stylos pour le marché national et adapter son système et son infrastructure pour la production de seaux en plastique pour exportation.

«Wall Street & Technology online» publie un article en mars dernier où il est mentionné qu’il est bien de faire des économies, mais qu’il ne faut pas que cela puisse être la raison principale pour un choix qui mène à une centralisation des données. L’accent est mis sur le fait que la clé principale est la qualité des données, c’est à dire : la réduction des risques, des coûts et des problèmes dus aux échanges de données.

Cette tendance semble bien s’amorcer puisque selon un document publié par «Interwoven» en octobre 2002, le pourcentage de compagnies ayant leur système informatique centralisé a augmenté de 17% en 2000 à 58% en 2002.

Pour boucler le tout, on peut bien se demander ce que deviennent les gros ordinateurs (mainframes)? C’est simple, ils se voient attribuer de nouvelles tâches et on peut citer le cas évoqué par «Information Week» en octobre 2002, d’une compagnie qui a converti son gros ordinateur IBM en 120 serveurs virtuels, fonctionnant avec différents systèmes d’exploitation : VSE/ESA, CMS et Linux. «Gartner Group» évoque dans un document publié février dernier, le besoin de mettre en application une nouvelle vision concernant l’architecture des données dans une entreprise, et le besoin d’une fonction d’architecte des données pour s’occuper de la gestion de la diversité et du nombre de sources de données qui est en pleine expansion ainsi que de l’attribution d’une tâche d’assistant de gestion des données du côté client pour assurer un nouvel équilibre entre l’innovation de procédures et l’architecture des données.

Il semble bien qu’un principe du type de la loi de Moore, pourrait aussi bien s’appliquer pour différents secteurs d’activité dans un département informatique, qui plus que jamais doivent constamment remettre en question l’ensemble de leur environnement et de multiplier leurs services par rapport à un nombre toujours croissant de demandes et d’implications à tout niveau.

Il va de soi, que tout changement boiteux ou une mauvaise stratégie, peuvent tout simplement paralyser le bon déroulement des opérations de toute entreprise ou organisation où l’informatique est fortement utilisée.

Références :

www.wallstreetandtech.com
www.cnet.com
www.interwoven.com
www.informationeek.com
www.cio.co.nz
www.gartner.com