UNSpecial N° 620 — Juillet-Août – July-August 2003
 

Modernisation et conservation du patrimoine

Emmanuelle Gantet

Le Palais des Nations, un des plus grands centres de conférences diplomatiques au monde, accueille quelques 8’000 réunions chaque année. Il se doit de répondre aux exigences d’ergonomie, d’éclairage, d’acoustique et d’isolation thermique, ainsi qu’aux nouvelles normes technologiques et de sécurité. Si la plupart des salles datent de la construction du Palais des Nations dans les années 40 et 70, comme le rappelle Catherine Mabilon, une des quatre dessinateurs architectes du Palais, «il y a un réel plaisir à travailler pour la conservation d’un patrimoine architectural et de ses matériaux d’origine (essences de bois rares, tissus tendus, cuirs) dans le respect de la configuration d’époque».

Un vaste programme de modernisation des salles de conférence a été entrepris depuis la rénovation de la salle des Assemblées en 1996 et les cabines d’interprétation de la Salle du Conseil en 2000. Il intègre l’installation d’équipements fixes de projection, qui offrent, selon Miklos Szadeczky, chef adjoint des Services techniques, entre autres avantages des images plus grandes et plus lumineuses (Salles XVI, XIX, XI, H-3). Pour un meilleur confort d’écoute, les systèmes d’interprétation simultanée sont également remplacés, en fonction des disponibilités budgétaires, par des équipements modernes intégrant le son numérique et l’affichage électronique des langues traduites, ce qui implique systématiquement la rénovation complète des cabines d’interprètes (salles XVI, XII et Conseil, ont ainsi déjà été modernisées).

Quelques salles bénéficient d’une rénovation offerte par des pays donateurs et reflètent leur esprit architectural et décoratif. L’une des plus belles est la salle X, de la Lettonie, où se conjuguent des contrastes harmonieux : le vert pâle du plafond répond au vert foncé des sièges, le jaune doré des lambris et du mobilier contraste avec le noir ébène du sol et des portes incrustées d’ambre. Trois panneaux de marqueterie illustrent des thèmes de la vie populaire. 

Plaisir d’apprécier le parc dès la belle saison! Promenades, lectures, discussions nous ressourcent dans les allées au soleil ou à l’ombre des arbres parfois bicentenaires tel notre cèdre du Liban (face à la sphère armillaire) planté en 1832.

Eric Lüscher, jardinier en chef, a entrepris en 2002 de répertorier ce patrimoine vert. A ce jour sur environ 800 spécimens, 600 sont déjà identifiés. Pour notre sécurité et leur santé, ces arbres sont régulièrement élagués. Chaque année certains sont amenés à disparaître… D’autres les remplacent qui charmeront les générations futures.

Cet été, les massifs, à l’éphémère beauté changent de parure : classiques bégonias ou impatiences mais aussi fleurs plus délicates telles que les verveines, melampodium, héliotropes. La beauté de nos parcs et jardins doit tout au méticuleux entretien des cinq jardiniers du Palais. Aidons-les à maintenir cet environnement d’exception à notre façon : en utilisant les poubelles et les parkings.