UNSPECIAL No 620 – July-August / Juillet-Août 2003

EDITORIAL  
4 millions de $ perdus

$ 4 million wasted

INTERVIEW

After 35 years at the UN: au revoir

ROSES & CACTUS

PERSONNEL

Le fonds de pension en 6 tableaux 
Last chance, last call?
HRM reform in the UN broadbanding:
An idea whose time has passed

The ICSC 
Women in operations
CCISUA’S XVIIIth General Assembly
Obituaire: Giles Macnair Whitcomb
Réunion sur les pensions

SERVICES

Modernisation des salles de conférences - Côté jardin
Renovation of the Conference rooms – Garden side
Did you know that
Tech News: Mais… pourquoi centraliser?

GLOBE

The G-8 Summits – the issue at stake is that of fairness and justice
Collegium international éthique 
Altermondialistes et plurilinguisme
St Petersburg: History, Glory and Mystery
Europa: conceptions pour une paix éternelle  
Meditations: How the path was forged

LETTRES

DERNIERE MINUTE

Le Secrétaire général participe à la collecte

FEUILLETON

Mélanie Mercier née Markowitz (5)
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(English)

ARTS

Ex Tempore
Club de musique


 

 

Le DHM – Deutsches Historisches Museum à Berlin présente une exposition

"L'idée Europa - conceptions pour une paix éternelle"

du 25 mai au 25 août 2003, à l’occasion de l’inauguration du Hall I.M. Pei

L’agrandissement des collections du Musée allemand de l’histoire (DHM) constitue le plus grand chapitre de son histoire. A cet égard, la réunification des deux Etats de l’Allemagne a constitué une chance, avec le transfert des collections de l’ancien Musée pour l’histoire allemande de la RDA (République démocratique d’Allemagne). Outre la collection sur l’histoire de l’Etat de la RDA, du mouvement des ouvriers allemands et de la KPD (Partie communiste), beaucoup de collections spécifiques ont pu être créées. Aujourd’hui, la RDA et sa collection permanente sont entrées dans l’histoire.

Le Zeughaus (Arsenal) et sa collection ont constitué une autre opportunité dans l’histoire du DHM. A partir de 1700, l’Arsenal a été le dépôt des armes des rois de Prusse. Il a été démilitarisé à partir de 1830 et, pendant une période de cinquante ans, réformé pour abriter le «Musée d’histoire». Le public bourgeois s’est emparé de ce bâtiment qui, a d’abord été fondé pour des représentations de l’Etat et du pouvoir souverain. Non seulement ce bâtiment mais également la collection ont trouvé une nouvelle mission : l’interprétation éducative auprès du grand public de l’histoire de la Prusse et de l’Etat national allemand.

Après deux guerres mondiales, les souvenirs de l’Empire de Prusse ont été occultés, tout comme le musée de l’Arsenal lui-même.

La période de 1919 à 1945 et ses agitations déchireront les liens entre les objets exposés, tout comme cela a été le cas en 1990 après la chute du mur. La collection, ancienne de 250 ans, a été confisquée en 1945, et une partie retournera en 1958 à la RDA et mènera une existence marginale parmi les autres collections du musée.

La troisième étape concerne la collection du DHM même, qui a pour objectif d’apporter un éclairage sur le contexte européen. Cela est prévu dans le cadre d’une exposition permanente, dans le nouvel Arsenal, en décembre 2004.

Le concept du musée a donné une large place à l’histoire conflictuelle allemande au 20e siècle. Pour une telle exposition, le musée a dû acquérir des objets et constituer une nouvelle collection. Entre 1987 et 2000, l’institution a investi ce qui a été à sa disposition pendant cette période agitée et unique. Le musée montrera une partie de la nouvelle collection d’objets acquis depuis 1987.

En chiffres, le DHM possède aujourd’hui plus de 750 000 tableaux, œuvres graphiques, affiches, documents, instruments techniques, objets militaires et objets d’art, une bibliothèque publique de plus de 200 000 volumes, des archives iconographiques de 500 000 photos appartenant aux archives historiques et à l’histoire des événements du 20e siècle, plus 5 millions de négatifs. Une base de données contient plus de 250 000 enregistrements, plus de la moitié est liée aux images.

(Extrait d’un article de M. Dieter Vorsteher, Directeur-général adjoint du DHM, adapté, grace à son aimable autorisation).

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Le Musée allemand d'histoire, Foyer et Hall de I.M. Pei. Propriétaire de la photo : Berliner Zeitung/Max Lautenschläger.

Architecture

L’annexe du Zeughaus de I.M. Pei est aussi nommé le «Folly» 1, bijou d’architecture, qui donne accès au Musée allemand de l’histoire. C’est un foyer qui suscite beaucoup d’enthousiasme. On parle déjà du point culminant de l’architecture berlinoise après la chute du mur, ou même d’un renouvellement du langage «Bauhaus» (mouvement d’art et haute école d’architecture.)

Transparence, lumière et mouvement sont significatifs de cette annexe. Entre la construction triangulaire du bâtiment d’exposition et l’arsenal ce foyer en verre à la façade miroitante communique et se développe en une tour de verre. La volée d’escalier est de quatre étages. Le bâtiment a été conçu d’abord pour des expositions différentes.

L’exposition «Idee Europa» a été inaugurée le 25 mai en même temps que le Hall de Ieoh Ming Pei. Cet Hall est la première œuvre de l’architecte sino-americain I.M. Pei en Allemagne. I.M. Pei est l’un des grands architectes contemporain. Ses constructions sont mondialement connues comme par exemple l’annexe «East Wing» de la National Gallery of Art, Washington D.C. 1968-78 et en 1983-89, l’élargissement et la reconstruction du Grand

Louvre, Phase 1/Cour Napoleon 1988-93 et Phase II/L’Aile Richelieu.

Exposition

«L’histoire de l’idée européenne est issue d’une utopie de paix et de réconciliation en Europe qui peut prendre forme uniquement après la deuxième guerre mondiale» (citation: Marie-Louise de Plessen, commissaire de l’exposition).

Cette magnifique exposition est conçue comme une topographie historique. La conception et l’organisation de l’espace se déroulent en neuf chapitres. Sculptures, tableaux, incunables, cartes géographiques, médailles et monnaies anciennes, manuscrits, documents audiovisuels sont exposés sur deux étages. La commissaire de l’exposition a rassemblé cinq cent trente-trois œuvres de cent vingt exposants, provenant des archives et musées les plus connus ou d’autres, moins célèbres, en Europe.

Le premier chapitre illustre «Le Mythe de l’Europe». De nombreuses interprétations ont été transcrites depuis l’antiquité où l’Europe est déjà admise comme la partie d’un monde connu, qui s’étend des colonnes d’Heracles, en passant par le détroit de Gibraltar, jusqu’aux Alpes et à la Mer noire.

Deux légendes de l’Antiquité illustrent le mythe de l’Europe. Dans les deux cas, une figure féminine incarne ce mythe. D’après Hérodote (480-420 avant J.C.), Europe était de naissance asiatique et elle n’a jamais vu la terre que les Grecs appellent l’Europe.

D’après l’interprétation d’une autre légende, le dieu Zeus transformé en taureau, enleva la fille du roi phénicien Agenor et la transporta sur son dos depuis l’Ile de Tyros en Asie mineure jusqu’à l’Ile de Crête. L’enlèvement de la princesse donna lieu à la dénomination du continent Europe.

La première œuvre de l’exposition est une copie en marbre de la déesse de la paix grecque «Eirenne» créée par Képhisodote (360 avant J.C.).

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Buste d’Aristide Briand, Collection du Musée de la SDN, Genève. A Berlin, cet objet bénéficie d’un environnement privilégié, grâce à un savant montage audio, le visiteur, confortablement installé sur un banc, face à la statue, peut écouter un discours.

En résumé, les chapitres deux à huit présentent les étapes importantes de l’histoire de l’Europe telles que : Mappae mundi : orient / occident; Nations et révolutions, Napoleon jusqu’au Congrès de Vienne; De l’Europe des utopies à l’Europe des nations – du Printemps des peuples au Congrès de la Paix 1848;

L’Alliance des peuples et l’Idée Paneuropéenne- de la Première Conférence de la Paix, La Haye, 1899, à la Conférence de Yalta, 1945; L’Europe – chantier de construction – de la «Pax americana-Pax sovietica» à Samisdat et Solidarnocz

En abordant le dernier chapitre: «L’Eu- rope unifiée – la maison commune européenne et le long chemin vers l’Euro», le regard du visiteur se tourne vers une collection numismatique, le thème de la validité des monnaies. Dans l’antiquité, l’Empire romain a édifié le premier espace d’une monnaie européenne pour son territoire et ses provinces conquis. La République romaine a créée en 212 avant J.C. le denier (pièce d’argent de grande valeur). Le «denier» a été la monnaie unique d’une grande partie de l’Europe pendant environ 480 ans.

Le dernier objet exposé est la banque de donnée «ENA» (Système multimedia inter- actif sur le développement de l’Union européenne depuis 1945 à aujourd’hui). ENA est un projet pilote sur l’histoire et les institutions d’une Europe unie de 1945 à aujourd’hui par le CVCE, Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe (Site Web :
www.enafre.lu Sanem Luxembourg).

Une exposition itinérante sera constituée depuis Berlin conjointement avec le «Centre virtuel de la connaissance sur L’Europe» (CVCE). Cinquante panneaux seront produits pour montrer une partie des objets exposés. Un texte bilingue accompagnera les images. Ce projet est prévu pour 2004.

Collaboration avec le DHM pour l’exposition «Idée Europa»

L’expérience d’une collaboration pour une exposition européenne d’une telle envergure est une première pour le Groupe de l’enregistrement et des archives de la Bibliothèque de l’UNOG.

Le début d’un dialogue avec les partenaires de Berlin pour l’expo «Idée Europa» a eu lieu en février 2001 lors d’un premier échange de correspondance et de documentation entre la Commissaire de la future exposition et le Groupe des archives de l’ONUG. La visite de deux commissaires a eu lieu au mois de mars 2001. Un choix préalable de pièces à exposer a été préparé à leur demande. Après deux jours de recherches et d’examens, le choix définitif a été fixé pour 24 œuvres de nos collections.

Le choix des objets pour l’exposition est un rassemblement de documents d’archives, de divers fonds historiques et d’objets de la collection du Musée de la SDN qui ont été prêtés selon les termes d’un contrat de prêt. La prise de photos numériques a servi à la réalisation du catalogue.

L’ouverture du dialogue pour la réalisation de cet engagement entre le DHM et l’ONUG, s’est faite avec une collaboration comme toujours encourageante de la Chef du Groupe de l’enregistrement et des archives, Blandine

Blukacz-Louisfert ainsi qu’une collaboration nouvelle et enrichissante des commissaires, Marie Louise de Plessen et Anna Czarnocka et de leurs collaboratrices à Berlin, Margret Kampmeyer et Catherine Amé. Le projet a pu se réaliser en mai 2003. Nos vingt-quatre œuvres ont été installées sur deux étages du bâtiment PEI. Elles sont métamorphosées par leur présentation dans ce nouveau cadre. Elles y resteront jusqu’à la fin de l’exposition le 25 août 2003.


1) “Folly”, Nikolaus Bernau, Berliner Zeitung No.118, 22.mai 2003