UNSpecial N° 620 — Juillet-Août – July-August 2003
 

J.M. Jakobowicz 4 millions de $ perdus

Je sais je me répète mais cette fois ç’en est trop: je viens de passer quatre heures à remplir mon PAS. Quatre heures pour un système d’évaluation qui ne sert Une demi-journée pour retrouver le site Internet du PAS et mon mot de passe, remettre en route mon ordinateur qui s’est «planté» deux fois, et réécrire par trois fois tout ce qui mystérieusement avait disparu – il parait que c’est normal, ce sont des maladies d’enfance.

Si l’on multiplie cette demi-journée par 8’500 (le nombre de fonctionnaires du Secrétariat), ce sont au total 4250 jours de travail qui sont perdus par an pour faire les PAS, soit l’équivalent de 40 postes pendant une année, ou plus d’un fonctionnaire à temps plein pendant toute sa carrière. Et tout cela pour quoi faire? Si encore le PAS permettait de se débarrasser de ceux qui ne font rien, mais ce n’est pas le cas!

Dans l’Organisation je connais très très peu de gens qui ne travaillent pas, mais comme partout il y en a. Celui dont je parle est là depuis des lustres. Il savait quelques petites choses en arrivant. Maintenant il ne sait plus rien sinon s’occuper de ses affaires personnelles qui prospèrent allègrement. Un de ses chefs à bien essayé de le faire renvoyer parce qu’il l’a surpris en pleine activité … pour une entreprise extérieure. Mais en fin de compte c’est ce chef courageux qui a failli perdre son poste pour discrimination.

Depuis notre fonctionnaire ne fait plus rien et ne s’en cache pas. Son PAS est au beau fixe : à quoi bon lui donner une mauvaise note puisque n’importe comment il est à quatre ans de la retraite ! Il vient d’ailleurs de refuser un départ anticipé. Pensez donc, où trouverait-il un aussi beau bureau pour mener ses affaires?

Le jour ou le PAS permettra de débarrasser l‘Organisation de telles personnes, et non de pinailler sur une notation absurde, alors peut-être le remplirai-je avec intérêt. En attendant … je continuerai à clamer que le PAS ne sert à rien et qu’au contraire il perpétue des situations comme celle mentionnée ci-dessus, et qu’en plus il coûte horriblement cher à l’Organisation: 4 millions de $ par an.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.