Réunion du Collegium International éthique, politique et scientifique
Collegium international éthique
Simone Bouilleu
A loccasion du sommet du G8, se sont réunis à Genève
quelques fondateurs du Collegium international éthique. Lancé
il y a quelques mois seulement, cette institution compte de nombreuses
personnalités qui ont assumé de nombreuses responsabilités
dans leurs pays respectifs, notamment Mme Ruth Dreifuss, ancienne Présidente
de la Confédération Suisse, Messieurs Helmut Schmidt,
ancien Chancelier de la RFA, Michel Rocard, ancien Premier Ministre
de la France ; Milan Kucan, ancien Président de la Slovénie,
Bacharuddin Jusuf Hazbibie, ancien Président de lIndonésie,
Monsieur Stéphane Hessel, Ambassadeur de France et toute une
pléiade de philosophes, politologues ; directeurs dorganisations
internationales, Professeurs, Ecrivains, Biophysiciens, Economistes.
Tous les membres du Collégium constatent, comme la majorité
dentre nous, que le monde se globalise, le pouvoir se concentre
mais que la responsabilité se dilue. Ils désirent maintenant
unir leurs compétences afin de plancher sur le devenir de lhumanité
en lançant un cri dalarme devant les graves dangers qui
menacent léquilibre du monde, devant le manque dorientations,
de visions ou de pratiques éthiques dans lexercice des
pouvoirs politiques, économiques, médiatiques et technologiques.
Ensemble, ils veulent contrecarrer limpact croissant sur les humains
et les écosystèmes de la dégradation physique biologique
et atmosphérique de la planète, combler le fossé
qui se creuse entre les riches et les pauvres, enrayer les risques croissants
de guerre et de terrorisme, de la violence et de la barbarie.
Lors de la conférence donnée à la Villa Pastorale à Genève devant de nombreux journalistes, les membres du Collegium ont rappelé leur attachement à la Déclaration universelle des droits de lhomme proclamée par lAssemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948, réaffirmée lors de la Conférence internationale de Vienne en 1993 ainsi quaux Déclarations de Rio 1992 et de Johannesburg en 2002. Ils déplorent le fait que bien que les Nations Unies aient déterminé les objectifs à atteindre pour répondre aux défis majeurs du nouveau siècle, leur fonction normative est affaiblie par la fragmentation des compétences entre les diverses organisations internationales et par labsence dun mécanisme intégré ; voire dune juridiction mondiale des droits de lhomme qui contrôlerait lapplication effective et indivisible de lensemble des droits fondamentaux ; quils soient civils et politiques ou économiques, écologiques , culturels et sociaux. Pour eux , linterdépendance est à la fois une chance et un risque et ils proclament le principe de lintersolidarité planétaire, avec une diversité assise sur la tolérance et le pluralisme. Il faut réinventer la démocratie à léchelle globale ; identifier et protéger les biens publics mondiaux ; construire les conditions et les indicateurs du développement durable; bâtir un universalisme des valeurs et àgarantir les droits économiques et sociaux.
Un bien lourd programme pour le Collegium qui doit prochainement envoyer une Déclaration au Secrétaire général des Nations Unies, donnant priorité à lEthique en tant quarbitre définitif des accords politiques entre Etats.