UNSpecial N° 620 — Juillet-Août – July-August 2003
 

JMJ Une omelette aux truffes

C’est totalement injuste! Certains pourraient même dire que c’est une provocation! Pourquoi avoir organisé le Sommet du G-8 à Evian ? Il y avait mille autres lieux possibles en France.

Evian est connue dans le monde entier pour un seul et unique produit: son eau ! Certes, j’aime boire de l’eau, mais disons que pour animer une soirée, il y a mieux.

Imaginez un peu si le Gouvernement français avait organisé ce sommet à Bergerac dans le Périgord, avec au menu de dimanche soir, en entrée une salade de gésiers confits et une omelette aux truffes, arrosées d’un bon petit Sauternes ou d’un Grave blanc sec, puis des escalopes de foie gras à la périgourdine ou, pour ceux qui préfèrent plus léger, des cailles de vigne rôties accompagnées d’un Pécharmant ou d’un tout simple Côte de Bergerac, enfin un plateau de fromages et, pour conclure, une tarte aux pommes à la crème de lait ou un millassou aux raisins, un café et en pousse-café au choix un Armagnac 30 ans d’âge ou plus simplement une bonne eau de vie.

Avec un tel menu je peux vous garantir que la poignée de mains entre les chefs d’État aurait été franche et cordiale. Mais il est vrai que pour parler à 21 de sujets aussi nouveaux que la situation en Irak, en Iran, de l’OMC, des OGM, du SIDA et de la dette des pays en développement, le tout en 120 minutes, mieux valait un estomac léger.

Le choix d’Evian a peut-être répondu à des considérations plus “politiques”. En effet, cette année est l’Année internationale de l’eau douce et c’était peut-être une façon élégante pour la France de rendre hommage aux Nations Unies.

Une suggestion pourtant. Si nous parvenons à améliorer le quotidien de la cafétéria de l’ONU, peut-être le prochain G-8 pourra-t-il avoir lieu dans nos murs, cela coûterait beaucoup moins cher aux contribuables. De plus, ces sujets brûlants sont discutés dans nos enceintes depuis, pour certains, plusieurs décennies. Tant qu’à refaire le monde, pourquoi ne pas le refaire là où il faut et arrêter les grands spectacles qui ne mènent nulle part.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.