UNSpecial N° 618 — Mai – May 2003
 

Le Vietnam, premier pays à être parvenu à contrôler l’épidémie du SRAS

Ben Rowse, AFP

Le Gouvernement du Vietnam a annoncé lundi 28 avril 2003 que la pneumonie atypique était désormais sous contrôle au terme d’une période de 20 jours sans déclaration de cas nouveau, faisant du pays le premier au monde à être parvenu à maîtriser l’épidémie, s’est félicitée l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a tué 5 personnes au Vietnam et fait 63 malades, mais aucun, nouveau cas n’a été enregistré depuis le 8 avril, date à laquelle un homme originaire de la province du Ninh Binh, au sud d’Hanoi, a été déclaré contaminé.

«L’épidémie de SRAS a été contenue avec succès au Vietnam», a déclaré lundi la ministre de la santé, Tran Thi Trung Chien, lors d’une conférence de presse. Elle a néanmoins mis en garde les risques de nouvelle «importation du virus par les voyages internationaux» et a précisé que le gouvernement vietnamien allait travailler étroitement avec l’OMS pour éviter toute réapparition de la maladie.

L’OMS a en effet joué un rôle clé pour conseiller le gouvernement d’Hanoi sur les mesures de précaution à prendre depuis le premier cas de SRAS – un homme d’affaires américain d’origine chinoise – le 26 février à l’hôpital français d’Hanoi.

«C’est un grand jour pour nous tous au Vietnam et aussi dans le monde. L’OMS tient à féliciter le Vietnam pour être le premier pays à avoir réussi à contenir l’épidemie», a déclaré Pascale Brudon, représentante de l’OMS en Asie du sud-est.

Elle a cependant prévenu que le Vietnam n’était pas pour autant à l’abri d’une reprise de l’épidémie par le biais notamment de voyageurs en provenance de Chine ou d’autres régions infectées par le virus. «Nous avons été capables de contenir cette épidémie, mais le virus est toujours présent dans le monde et chez les pays voisins du Vietnam. Il faut donc continuer les efforts de surveillance et de vigilance pour détecter les cas probables», a mis en garde Mme Brudon. La semaine dernière, le Ministère de la Santé du Vietnam a recommandé à ses ressortissants de ne pas se rendre dans la province chinoise du Guangdong, au Canada, à Hong-Kong, à Singapour et à Taïwan pour éviter de relancer la contamination.

Ce ministère a également demandé au Premier ministre, Phan Van Khai, d’autoriser la fermeture temporaire de la frontière vietnamienne avec la Chine, longue de 1.130 km.

Mme Chien a toutefois semblé revenir sur cette mesure, en indiquant lundi que, pour le moment, il fallait en priorité renforcer la surveillance aux postes frontières sur les personnes présentant des symptômes similaires à ceux du SRAS.

Compte tenu des relations délicates entre la Chine et le Vietnam, en proie à des différends historiques, toute décision visant à fermer la frontière nord risque de provoquer la colère de Pékin et d’entraîner de longues discussions.

La maîtrise de la maladie par les autorités du Vietnam est attribuée au fait que l’épidémie dans ce pays n’a été liée à l’origine qu’à un seul cas identifié, un homme d’affaires americano-chinois qui a été évacué à Hong-Kong où il est mort.

Les cinq personnes décédés du SRAS au Vietnam, parmi lesquelles se trouvent deux médecins français, travaillaient toutes à l’hôpital français où cet homme avait été admis.

Pascale Brudon a également souligné que l’élément décisif de ce succès tenait à la rapidité avec laquelle cet hôpital avait réagi pour isoler le virus à l’intérieur de ses murs, en mettant personnel et patients en quarantaine.

Le SRAS a fait, selon un dernier bilan, plus de 300 morts, principalement en Asie et plus de 5.000 malades dans une trentaine de pays.

Dépêche de l’Agence France Presse du 28 avril 2003.