UNSPECIAL No 618– Mai -May 2003

ÉDITORIAL
 
A Memorial
Un mémorial

INTERVIEWS – SARS

Le SARS: il faut être vigilant!
A Hanoï, on a oublié que c’est le printemps! 
In Hanoi we forget that it is spring!

SPECIAL SARS

Le Vietnam, premier pays a être parvenu a contrôler l’épidémie du SARS 
WHO extends its SARS travel advice
Microbes, micro-organismes, bactéries, virus et compagnie  
Hopes rise over fight against SARS
How Vietnam beat the bug
Cumulative Number of Reported Probable Cases of Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) 
Preliminary findings of the WHO Shanghai team  

TECH NEWS

Le capital de la connaissance 

Letter

Bravo!

ROSES & CACTUS

PERSONNEL

UN Award 21
UN Federal Credit Union opens liaison office in Nairobi, Kenya  
UNFCU Fact Sheet
Regards sur le Léman
Meditations
Getting Happy with the Rewards King

GLOBE

Problems of ownership for african cultural heritage
Promenade équatoriale
Moscow: Changing face,Unchanging soul
Lutter ensemble contre la pauvreté  
HIV/AIDS: Break the Silence

SERIAL

Mélanie Mercier, née Markowitz 
(French)

(English)



 

 

 

Le SARS: il faut être vigilant !

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Comment est apparu le virus du SARS ? On n’est pas sûr de la façon dont il est apparu. Une des hypothèses est que le virus provienne d’un animal et qu’il ait été ensuite transmis à l’homme. Mais de toute façon, cela n’a pas un intérêt fondamental. Ce qui nous intéresse c’est de savoir ce vers quoi évolue le virus, et en particulier comment il se transmet.

On a pu comparé l’épidémie de SARS à la grippe espagnole ? Cela n’a rien à voir, dans la mesure où la grippe espagnole se propageait par une contamination aérienne. Il suffisait tout simplement d’être dans la même pièce qu’une personne malade. Dans le cas du SARS et jusqu’à preuve du contraire, le mode de contamination principal est un contact direct de proche en proche avec des personnes malades. D’où les principaux groupes à risques que sont le personnel soignant et les familles des malades. Un autre mode de contamination marginal existe à Hong Kong, lié vraisemblablement au système des égouts.

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Qu’est-ce que le cas de référence ? C’est la première personne qui est à la source de l’ensemble de la contamination. On a ainsi pu remonter jusqu’à la source de l’épidémie.

Et les «super contaminateurs» ? Ce sont des malades qui auraient contaminé un grand nombre d’autres person- nes. Pendant quelques semaines, on a pu croire que c’était dû à la nature même du malade ou bien encore à des facteurs environnementaux. En fait, il apparaî- trait qu’il s’agit beaucoup plus de malades qui n’ont pas été isolés suffisamment tôt et donc qui ont eu le temps d’infecter un grand nombre de leurs proches. Les recherches se poursuivent néanmoins pour avoir plus d’informations sur ces cas particuliers.

De nombreuses sources mettent en cause les autorités chinoises pour leur absence de réactions ou le manque de transparence face à l’épidémie ? Il est vrai que les autorités chinoises n’ont pas réagi assez vite. Elles l’ont reconnu et se sont engagées à collaborer avec l’OMS. Dans la province de Guangdong (Sud de la Chine), les cas sont bien notifiés et toutes les mesures de contrôle de l’épidémie sont en place. Il n’en est pas de même dans les autres provinces de Chine intérieure et les efforts des semaines à venir devront viser à faire changer cette situation.

Est-ce que l’OMS a imaginé différents scénarios sur l’évolution de la maladie ? Effectivement, l’un des scénarios consiste à dire que la maladie va disparaître assez rapidement avec un bon isolement des malades infectés. Un autre scénario, plus inquiétant, serait lié à l’existence de porteurs asymptomatiques, c’est-à-dire des personnes qui ne présentent pas de symptômes, mais qui malgré tout transmettent la maladie; là, le danger de voir la maladie se développer serait beaucoup plus grand. Pour l’instant, nous ne pouvons pas tirer de conclusions.

Les malades qui guérissent le sont définitivement ? 96% des malades guérissent. Ils vont bien et rentrent à la maison, mais nous n’avons pas encore assez de recul pour savoir s’ils sont définitivement tirés d’affaire. Apparemment, la réponse est oui. Les gens sont malades pendant deux à trois semaines, puis ils récupèrent. Mais ils continuent à être régulièrement suivis.

Est-ce que ces malades guéris développent des anticorps ? Oui ! Et d’ailleurs il existe des tests pour les retrouver. Un test à dix jours et un test à vingt jours.

Qu’est-ce qui va se passer à partir de maintenant ? Tout d’abord, nous savons maintenant quel est le virus qui est à l’origine de cette maladie: il s’agit d’un virus de la famille des coronavirus.

Et l’étape suivante ? A partir de là, les scientifiques vont pouvoir développer un test qui va pouvoir permettre de faire le diagnostic de la pneumopathie à un stade précoce. Par rapport au traitement, ce que nous pouvons espérer, c’est que dans les jours qui viennent nous puissions établir un protocole un peu plus standardisé pour le groupe à risques, c’est-à-dire pour les 4% de cas qui ont une issue fatale. Pour l’instant, de nombreux essais ont été faits à partir de corticoïde, de ribavirine, d’immunorégulateurs de type interféron. Tous ces traitements vont être examinés de façon très scientifique pour développer des protocoles plus efficaces qui pourront profiter à des cliniciens dans le monde entier

Est-ce que certains de ces traitements ont déjà «sauvé» des malades ? Jusqu’à présent, nous n’avons pas pu démontrer que l’un ou l’autre de ces traitements ait eu une efficacité particulière. Mais c’est assez difficile de conclure dans la mesure où nous avons parfois une évolution positive, parfois fatale, et nous ne savons pas ce qui se serait passé si… Il faut surtout ne pas oublier que nous manquons de recul. Cette maladie n’existait pas il y a quelques semaines de cela ! Nous assistons à du jamais vu.

Est-ce qu’un virus comme celui du SARS peut disparaître du jour au lendemain ? Oui, il peut s’éteindre. Cela est déjà arrivé dans le passé.

Faut-il acheter des masques et des gants ? Non, sauf si vous êtes en contact direct et proche avec des malades.

Lors de l’Assemblée mondiale de la santé du 19 au 28 mai 2003 vaut-il mieux prendre des vacances, puisqu’un énorme groupe à risques va être rassemblé au Palais des Nations ? Non! Les personnes qui vont venir sont maintenant parfaitement informées sur l’épidémie de pneumopathie atypique et si elles présentaient le moindre symptôme évoquant la maladie (fièvre, toux, gêne respiratoire), elles seraient immédiatement isolées.

Est-ce que l’on peut imaginer que des réunions qui accueillent des délégués venant de pays à forte contamination soient annulées ? Pour l’instant non. Il s’agit beaucoup plus de prendre des mesures de screening au départ que de prendre des mesures discriminatoires à l’arrivée. Le risque demeure pourtant que des personnes prennent l’avion en n’étant pas malades et qu’elles développent la maladie une fois arrivées à destination. Ce qu’il faudrait, c’est demander à toute personne venant d’un de ces pays qui présenterait des signes cliniques de s’isoler immédiatement.

Le rôle de l’OMS dans la lutte contre cette maladie a été exceptionnel ? Effectivement. C’est la première fois que cela se produisait. La réaction ultra rapide et concertée de l’OMS est certainement liée à la révision du règlement sanitaire international. Jusqu’à présent, les pays devaient systématiquement déclarer uniquement les cas de fièvre jaune, de peste et de choléra. Avec le nouveau règlement, ils seront encouragés à déclarer tout événement qui pourrait avoir un effet sur la santé au niveau international. Dans le cas de l’épidémie de pneumopathie, l’OMS a lancé une alerte globale, afin que tous les pays puissent détecter de façon précoce les cas et les isoler. L’OMS a aussi mis en place un réseau de cliniciens du monde entier qui travaillent à une meilleure identification clinique et un réseau d’épidémiologistes qui étudient la transmission de la maladie et un réseau de laboratoires.

Tout a été mis en œuvre en très peu de jours ? Oui, mais le système avait été préparé depuis longtemps. Ainsi, le réseau global d’alerte qui existe depuis quelque temps, prévoit que tous les cas soient rapportés à l’OMS. Ainsi, nous sommes au courant de toutes les maladies à potentiel épidémique telles que la méningite, le choléra ou Ebola par exemple, dans le monde entier. Nos informations viennent des autorités locales, mais aussi de la presse. Nous avons un système de screening des médias du monde entier qui permet de regrouper toutes les rumeurs existantes au niveau de l’OMS Genève. Ensuite, nous demandons immédiatement aux autorités sanitaires des pays de vérifier ces rumeurs.

Etes-vous optimiste quant à l’évolution de l’épidémie de SARS ? Vigilant ! Le gros point d’interrogation actuel, c’est la Chine. Tout va dépendre de ce qui va se développer en Chine.