UNSpecial N° 618 — Mai – May 2003
 

Le capital de la connaissance

S. da Silva, UNOG/ICTS

Dès les origines de la xylographie (impression sous presse, d’une plaque en bois gravée à l’envers) en Orient vers le IXéme siècle, puis à l’utilisation de caractères en terre cuite vers le XIéme siècle et, d’autres, encore, métalliques, à partir du XIVéme, puis encore en passant par Gutenberg au siècle XV, et à la période actuelle d’utilisation des «technologies de l’information» il y a de nombreux siècles d’écart.

C’est une écriture qui a évolué, un nombre d’écrivains qui a progressé, un nombre d’écrits multiplié et celui des lecteurs s’en est suivi. Le siècle dernier a été très riche par l’acquisition de connaissances et du partage du savoir. Le développement de la compréhension, grâce à ce mélange de connaissances avec l’expérience, a permis de démystifier un certain nombre de «secrets», sur l’univers, l’humanité et l’être humain.

Le résultat de recherches, d’études et d’autres moyens de diffusion de la connaissance, constitue une gigantesque encyclopédie du savoir, actuellement disponible sur la toile et accessible à tout internaute. Il va de soi que cette masse d’information pose des problémes de gestion, d’authentification, de droits, de sécurité, de normes, de tri, d’archivage, de sélection et de consultation. C’est un capital immense de la connaissance humaine qui doit et qui devra être préservé et, qui pour cela, mérite l’attention de plusieurs instances, tant au niveau national qu’international.

Au sein d’une entreprise ou organisation, un probléme similaire se pose! Que faire de toute l’information créée au sein de chaque organisation? Quels critères utiliser pour déterminer sa durée de vie? Où et comment sauvegarder d’innombrables documents sous différentes formes? Comment les retrouver? Autant de questions formulées et qui demandent autant de réponses et de la création constante de procédures permettant une gestion de ce patrimoine du savoir, appelé: gestion de connaissances (knowledge management). Cela comprend à la base, la définition de principes: la constitution de la connaissance, codification, partage et manière de promouvoir l’apprentissage et l’innovation au sein d’une organisation.

La mise en pratique des principes de gestion de connaissances, tels que la formation, la recherche, la navigation sur la toile ou la lecture de livres ou autres publications, se base sur un accès à la connaissance à travers des sources extérieures; et l’utilisation de cette connaissance pour l’appliquer dans des processus d’organisation, et de l’inclure dans des décisions, dans des produits ou des services à fournir. On peut représenter cette connaissance à l’intérieur de l’organisation par des présentations, des documents, des bases de données et des logiciels spécifiques. Cela doit permettre le développement des connaissances ainsi que leur transfert dans d’autres secteurs de l’organisation, grâce à un développement culturel conséquent et à des encouragements.

Les étapes de mise en application d’un systéme de gestion de connaissances passent par l’utilisation du capital de connaissances de l’entreprise ou de l’organisation: il faut pouvoir évaluer la connaissance, la rassembler, la générer, l’améliorer, la partager et la protéger.

La méthodologie sur l’application de la gestion des connaissances est souvent méconnue. Pour qu’elle soit efficace, elle doit être bien comprise, pour pouvoir être bien appliquée.

L’acquisition d’information et de la connaissance du monde extérieur, doit être intégrée dans le fonctionnement des organisations ou entreprises, pour mettre à jour des pratiques de travail: le stockage de cette information effectué de sorte à assurer un accès instantané, le partage de la connaissance et des présentations ou formation à l’intention de ses utilisateurs, permettront des processus à l’intérieur d’une entreprise, qui pourront être gérés avec succès, à condition d’une implication effective et active de son personnel.

La gestion de connaissances est une stratégie appuyée par la technologie et est le résultat d’une synergie entre les gens, les processus et la technologie.