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No 617 Avril -April 2003
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A moving moment INTERVIEW In the UN everything takes time SPECIAL PAIX PEACE SPECIAL Dear colleagues and
friends PERSONNEL 3 Percent Staff Pay
Hike Voted ROSES & CACTUS GLOBE De la gastronomie
au prêt à manger (French/Chinese) ANNONCE LETTRES TECH NEWS Vers une normalisation de lidentification HUMOUR SERIAL Mélanie Mercier
née Markowitz (French) LAST MINUTE
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Le troc des retraitesPerla Dominguez Un fonctionnaire, ça proteste, cest connu. A propos de tout et de rien, ça critique, ça rouspète, ça marmonne, ça grommelle, parfois même ça complote, mais en général ce nest pas bien sérieux : il est rare quil sorganise pour changer lordre établi, et si quelquun le lui propose, il reste sceptique et préfère sabstenir. Quoique... Prenons, par exemple, cette cause fréquente de mécontentement : la retraite. Dès quon dépasse la quarantaine et quon commence à sintéresser à ce sujet, on constate quun nombre étonnant de fonctionnaires « davant 1990» souhaiterait travailler au-delà des 60 ans mais nen a pas le droit, alors quun nombre tout aussi élevé des « après 1990 » partirait volontiers avant 62 ans sil nétait pas pénalisé financièrement. Pur esprit de contradiction ? Pas nécessairement, car deux années supplémentaires de liberté ou de salaire, cela peut changer beaucoup de choses dans une vie. Mais alors, pourquoi ne pas modifier le règlement ? On a déjà essayé, paraît-il. Et échoué. En effet, depuis quelques années une proposition est présentée à lAssemblée générale visant à ce que tous les fonctionnaires puissent partir à 62 ans. Et chaque année, lAssemblée la refuse. Les raisons de ce refus ne sont pas très claires, mais les deux les plus souvent citées sont peu convaincantes :
1ère raison : allonger la retraite à 62 ans pour tout le personnel « vieillirait » lOrganisation. Allons donc ! Si lAssemblée avait le souci de rajeunir lOrganisation, auraitelle ajouté deux années de travail obligatoire depuis 1990 ? 2ème raison : les fonctionnaires qui choisiraient de rester plus longtemps seraient les plus mauvais, les plus paresseux, les moins utiles... Il sagit là dun raisonnement bien curieux, que lAssemblée générale des Nations Unies peut difficilement tenir, car il implique que lOrganisation fait fuir les meilleurs... Dautant plus que la logique commanderait plutôt le contraire: ce sont ceux qui réalisent des tâches quils aiment et de ce fait travaillent mieux qui sont les moins pressés de partir. Il existe des motifs plus raisonnables :
Il semblerait donc que cest dans un souci déquité que lAssemblée persiste à refuser cette proposition. Souci non seulement louable, mais qui nous permet despérer : car si nous lui soumettons un projet qui respecte les droits de tous, elle ladoptera peutêtre. Considérons, par exemple, la situation suivante : vous êtes « davant 1990 » et voulez partir à 62 ans. Je suis « daprès 1990 » et veux partir à 60 ans. Pourquoi ne pas nous permettre déchanger nos âges limite? タ Parce que cela compliquerait la gestion des pensions? Pas nécessairement, ou en tous cas pas beaucoup, puisquà quelques détails près il sagit de deux opérations qui sannulent mutuellement (+2 ans -2 ans = 0) タ Parce que cela entraînerait un coût supplémentaire pour lAdministration? Ce nest pas sûr, mais si cétait le cas, il ne serait pas élevé et les bénéficiaires le paieraient volontiers. タ Il sagit en fait dun troc, aussi démodé quutopique. Vraiment? Pensez aux accords internationaux sur la pollution aérienne due à lactivité industrielle. Ils se basent exactement sur ce même principe : les pays très industriels, gros pollueurs, achètent aux non industrialisés leur droit de polluer. Ainsi, la pollution globale reste contrôlée et les non pollueurs sont indemnisés. Il est clair que le monde irait mieux sans pollution daucune sorte. Et les fonctionnaires, pour leur part, seraient plus heureux sils restaient éternellement jeunes... Mais il semble que pour le moment ces options ne soient pas réalisables. Alors, pourquoi ne pas demander à nos collègues de la Caisse de pensions destimer les implications administratives et financières de cette procédure? Nous pourrions ensuite, en appliquant leurs conseils et expérience, ajuster la proposition de sorte que lAssemblée la trouve suffisamment raisonnable pour ladopter. |
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