50e anniversaire du Service des visites guidées à lONU, New York
Les regrets: connais pas!
Interview with Ulla Wick-Wintolla,
Service des visites de l’UNOG
Qui était invité à ce 50e anniversaire du service des visites de New York? Essentiellement, les anciens guides. Nous étions à peu près 420 pour la cérémonie. Mais il y avait aussi le banc et larrière banc des Nations Unies, avec M. Kofi Annan et M. Shashi Tharoor, lactuel chef du département de linformation.
Ce service a donc été créé en 1952, mais vous quand y étiez-vous? En 1969, et jy suis restée cinq ans: deux ans comme guide puis comme superviseur.
Comment êtes-vous entrée à lONU? A lépoque, jallais à luniversité de Pennsylvanie et je prenais chaque semaine le bus pour aller au musée à Manhattan. Un jour, jai vu le bâtiment des Nations Unies et je me suis dit que ce serait pas mal dy travailler. Jai pris mon courage à deux mains et jy suis entrée. Au garde, jai dit que jaimerais travailler à lONU et il ma envoyée au ser- vice des visites, dans les sous-sols. Une per- sonne ma posé un certain nombre de ques- tions. A la fin de cette entrevue, je suis rentrée en Pennsylvanie sans grand espoir. Après un certain temps et à ma plus grande surprise, jai reçu une lettre qui mapprenait que jétais acceptée pour une formation de trois semaines. Après cette période, jai passé un examen que jai réussi. Il y avait ensuite trois mois dessai, puis deux années de contrat.
Combien étiez-vous? A lépoque il y avait 60 guides par classe, sur 2 ans soit 120 guides.
Quelle langue utilisiez-vous? Anglais, finnois, allemand, suédois.
Vous faisiez beaucoup de tours? Tous les jours, 4 ou 5 tours. Le tour durait 45 minutes / 1heure. On faisait lAssemblée Générale, le Conseil de Sécurité, le Conseil économique et social et bien dautres salles encore.
Ensuite vous y êtes restée comme superviseur? Exactement. Ce travail consistait à organiser les tours de façon à ce quil y ait toujours des guides disponibles dans les langues vou- lues. À lépoque, tout se faisait à la main, mais on y arrivait. Il y avait un côté plus «militaire» qui mobligeait à vérifier la tenue des guides, voir si tous les boutons de leur uniforme étaient bien fermés, les cheveux attachés et les chaussures noires ou bleues. Aujourdhui, ça parait ridicule, mais à lépoque cétait essentiel. Les guides qui étaient en retard, même de quelques minu- tes, étaient pénalisées. Elles devaient faire la dernière visite du soir!
Vous étiez payé comme à Genève à lheure? Non. Nous étions fixe terme, fonctionnaires et bien payés à lépoque.
Cela vous a-t-il plu? Énormément. Cétait dynamique. Chaque matin, nous avions le « briefing » des der- nières nouvelles que nous devions incorporer dans la visite. Il fallait vraiment être à jour, dire les nouvelles et connaître les dernières résolutions.
Quelques anecdotes? Il y en avait sans cesse. Une fois par exem- ple lors dune des visites, une dame me demande si je voulais participer à une émission de télévision. Il sagissait de « To tell the truth ». Cétait une sorte de jeu ou trois personnalités célèbres devaient reconnaître parmi trois inconnues laquelle était miss Finlande. Il y avait la vraie miss Finlande, une danoise et moi-même. Deux des person- nalités ont reconnu la vraie miss Finlande, un des candidats a cru que cétait moi.
Est-ce que les visiteurs tombaient parfois sous votre charme? Ça arrivait très souvent. À lépoque je recevais de nombreuses lettres damour. Jen ai reçu de toutes sortes de personnes, y com- pris des écoliers. Il y avait aussi des visiteurs qui mattendaient à la sortie. Une fois même un jeune homme du fin fonds de lUtah avec un grand chapeau et des bottes de cow-boy a attendu plusieurs heures que je finisse mon service. Puis il ma fait une coure assidue pendant plusieurs jours. Ses parents mont même téléphoné pour minviter à venir visi- ter leur ferme. Et puis un jour jai rencontré lâme sur, qui a été attiré par mon accent finlandais Cest comme ça que je me suis retrouvée en Suisse.
A loccasion de ce 50 ème anniversaire avez-vous retrouvé danciennes collègues? Oui, au moins 25! Cétait vraiment très drôle. Nous avions toutes « rajeunies ». cer- taines avaient fait des carrières. Dautres sétaient mariées et avaient fondé une famille. Cétait assez touchant de retrouver tous ces gens!
Etait-ce la première fois que vous retourniez à New York? Oui.
Et vous avez regretté votre vie à New York? Dans un sens un peu! Mais les regrets, ce nest pas dans mon caractère. Jai fait ma vie à Genève et cest comme ça. En plus, il faut bien admettre que la qualité de vie ici est mille fois meilleure quà New York. Mais cest vrai aussi quà lépoque javais 33 ans de moins!
Interview par Jean Michel Jakobowicz.