UNSpecial N° 616 — Mars – March 2003
 

Le musée de la photographie: Maurice Schobinger

Gotthard via subalpina

du 31 janvier au 21 avril 2003

La photographie industrielle est certainement le domaine où les moyens engagés sont les plus considérables et lorsque cette pratique est confrontée à un chantier titanesque, elle s’apparente alors au grand reportage, et devient un magnifique sujet d'exposition. Tel le cur d’un être vivant, le massif du Gothard alimente de son eau l’Europe entière, pourtant sa masse est un obstacle redoutable pour les communications continentales. Son importance stratégique eut une grande influence sur le développement des régions qui l’entourent et sur l’identité de leurs habitants qui, séparés par cet obstacle naturel, ont pourtant constitué un seul et même pays. Le percement du premier tunnel en plein XlXème siècle a été un moment clé de l’histoire de la Suisse et sa «répétition» au tournant du troisième millénaire, au centre d’une Europe en cours d’unification est une importante contribution des gens de la montagne au développement du continent qui les entoure. Pourtant tout se passe sous terre, sous la montagne, presque «discrètement», loin de l’attention des médias et du public. C’est là que le photographe veveysan Maurice Schobinger a porté son regard, dans le maelström du travail pharaonique qui va aboutir au tunnel ferroviaire le plus long du monde.

L’exposition

C’est en 1999 que Maurice Schobinger décide de suivre le chantier de percement de la nouvelle transversale alpine. Au cours de longues semaines de campagnes photographiques très pointues, en étroite collaboration avec les équipes de travail afin de saisir les moments clé du chantier sans en gêner l’avancement, le photographe a amassé des images impressionnantes, usant à son habitude d’éclairages élaborés révélant à la fois la rugosité et la grandeur du décor- on est au cur de la montagne – et l’infernal labeur des hommes et des machines. Afin de saisir à la fois le gigantisme des outils mis en uvre dans ce chantier pharaonique et les incroyables conditions de travail des hommes, Maurice Schobinger utilise tour à tour ses méthodes de photographe rompu aux techniques de la photographie industrielle et la pratique du reporter, captant en petit format les gestes des perceurs de tunnel à la lueur de leur lampe frontale dans les phares des engins et le clair-obscur de ce chantier titanesque. Si ces photographies constituent un document essentiel pour cette réalisation, elles sont aussi un témoignage profondément humain de ce qu’est la vie d’un tel chantier, tant sur le front que dans toute la région. Ces ima- ges sont enfin empreintes d’une réelle beauté…

Une évocation historique de la ligne du Gothard à l’époque du percement du premier tunnel permettra de découvrir toute une documentation peu connue du grand public et des images étonnantes si l’on pense aux progrès accomplis en un siècle tant dans les technologies d’un tel chantier que dans celles de la photographie… L’exposition prolonge la parution au mois de novembre 2002 d’un ouvrage richement documenté, trilingue, publié par les éditions d’autre part à Delémont: «Gotthard via subalpina».

En permanence «L’il de la photographie»

La photographie est certainement le moyen le plus efficace et le plus populaire de produire une image; elle est aujourd’hui un langage universel. Documentant notre histoire, la photographie est devenue support de notre mémoire. Elle a donné naissance au cinéma et à la télévision et son apport à la recherche scientifique est considérable. Richement illustrée, dotée d’installations audiovisuelles et interactives, ainsi que de textes particulièrement destinés au jeune public, l’exposition présente l’extraordinaire développement de la photographie, de sa préhistoire à nos jours.

L’atelier Clic-Clac, avec le soutien de Kodak

Le premier mercredi, tu apprendras à utiliser un appareil reflex avec son zoom, c’est un appareil drôlement sérieux, un peu comme ceux des professionnels. Avec lui, tu réaliseras un vrai reportage… et le mercredi suivant, tu découvriras le laboratoire et apprendras à faire toi-même tes tirages noir/blanc. En souvenir, tu emporteras une planche contact de toutes tes photos et 2 ou 3 agrandissements. Si cela t’intéresse, alors inscris-toi vite par téléphone.

Du mardi au dimanche, de 14h à 17h30, dès le 1er mars de 11h à 17h30 ouvert le lundi de Pâques.

Musée suisse de l’appareil photographique, Grande Place 99, 1800 Vevey. Tel. 021 925 21 40 Fax 021 921 64 58. E-mail: cameramuseum@vevey.ch Internet: www.cameramuseum.ch