UNSpecial N° 616 — Mars – March 2003
 

J.M.Jakobowicz  Est-ce une coïncidence?

Depuis des années, l’administration de l’ONU n’a jamais fait le moindre petit signe qui puisse laisser supposer qu’elle ait une conscience sociale. Il suffit que le poste de chef du personnel soit officiellement vacant pour qu’enfin des mesures quelque peu «progressistes» fassent leur apparition.

Il y a quatre semaines, le Secrétaire général sortait une circulaire donnant la possibilité au personnel soit de travailler à la maison deux jours sur cinq, soit de faire en neuf jours les heures de travail de dix jours, soit encore d’avoir des horaires flexibles. Certes, nous sommes loin des 35 heures, mais tout de même…

Pourquoi faut-il que de telles mesures soient prises lorsqu’il n’y a pas de chef du personnel? Tout simplement parce que les chefs du personnel sont recrutés pour gérer des «ressources» … humaines et non des personnes. Donc l’important est de tirer un maximum d’une «ressource» sans se soucier de ses états d’âme. C’est ce qui se pratiquait dans la Rome antique, au XIX ème siècle et ce qui revient à la mode.

Espérons seulement que le prochain à occuper ce poste aura un tout petit peu de la finesse, de l’esprit humaniste et humain qu’avait l’un de ses prédécesseurs du nom de Kofi Annan. Le seul chef du personnel à avoir proposé une mesure simple pour stimuler le personnel et augmenter l’efficacité de l’organisation. Il s’agissait de la promotion sur le même poste. Ce que préconisait à l’époque celui qui allait devenir quelques années plus tard notre Secrétaire général était la possibilité d’avoir une carrière tout en restant efficace dans son travail. Le système devait être trop simple et trop bon puisque les états membres l’ont immédiatement refusé. Il est tellement plus réconfortant d’avoir des règles obscures et des ordinateurs capricieux pour gérer les «ressources» que nous sommes. Cela permet à la bureau- cratie de triompher et aux délégués de rouspéter.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.