UNSpecial N° 616 — Mars – March 2003
 

Dans les coulisses du Sommet

Sergio da Silva, ONU/ICTS

L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) organise le Sommet Mondial de la Société de l’Information, qui sera une rencontre majeure entre gouvernements, organisations internationales, secteur privé et société civile, dans le but d’aboutir à un engagement des gouvernements en vue de la vulgarisation de la connaissance et des différentes langues et des cultures, ainsi qu’un facteur de développement économique durable.

Nous avons rencontré Edmund Tam, du département des services informatiques, qui nous a immergé dans les préparatifs de l’infrastructure informatique nécessaire pour un tel événement.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées concernant la couverture du sommet ? Tout d’abord, des difficultés budgétaires qui nous ont contraints à utiliser les ressources humaines existantes ainsi que du matériel et des logiciels existants pour continuer à exercer les fonctions habituelles, de concert avec le travail préparatoire pour le sommet. Dans la pratique, cela se traduit par des heures supplémentaires et par du retard par rapport à d’autres projets.

Est-ce que toutes les réunions préparatoires du Sommet vont avoir lieu au même endroit ?
Non. Cela est encore un autre défi, puisque les réunions préparatoires de février (17 au 28 février 2003) se déroulent d’abord au Centre International de Conférences de Genève (CICG), puis au BIT et enfin, retour au CICG. Cela suppose des difficultés logistiques que nous devrons supplanter. Le déroulement dans 2 endroits différents entraîne plus du double du travail préparatoire, plus de ressources humaines et logistiques pour faire face à ce défi nouveau.

Avez-vous pensé à un moyen de faire partager les moments les plus importants de ces journées préparatoires avec ceux qui n’ont pas pu être présents ? Nous avions prévu d’éditer des DVD dans ce but, mais il ne nous sera pas possible de le faire pour les réunions préparatoires. Nous le ferons pour le Sommet en décembre prochain. Pour ceux qui voudront les suivre par Internet, il va falloir assurer la traduction simultanée en 6 langues, du discours des intervenants, de la transmission audio en direct à travers la toile (Internet) et la transmission audio et vidéo pour les universités intéressées par ces réunions préparatoires du Sommet. Malheureusement, nous avons été mis face à des problèmes de droit d’auteur et la diffusion audio «live», prévue sur Internet est limitée à la langue originale pour cette fois. Ce type de couverture avec les 6 langues officielles de l’ONU sera cependant assuré pendant le Sommet en décembre.

Les transmissions en direct à travers la toile supposent toujours des moyens techniques appréciables, tels que la largeur de bande de fréquences. Est-ce que cela ne vous a pas présenté des difficultés ? En effet. Nous nous sommes rendus compte au début de nos travaux de prépa- ration à l ‘UIT, que nous ne disposions pas de la largueur de bande de fréquences nécessaire pour assurer ces transmissions et que l’acheter à des compagnies privées aurait été trop coûteux. Nous devions trouver des solutions novatrices. L’ONU à New York dispose d’un moyen d’assurer la couverture en direct des réunions sur la toile (Internet Broadcast Service). L’ONU à Genève a une liaison directe avec l’ONU à New York, et le BIT dispose d’une connexion en fibre optique avec l’ONU Genève, qui peut être activée à la demande. L’UIT dispose d’un autre type de connexion avec l’ONU Genève: ATM (Asynchronous Transfer Mode). Voyez-vous, l’infrastructure de base existe! Le fait est que les systèmes et les normes de communication ne sont pas les mêmes partout et qu’ils ne sont pas gérés par les mêmes personnes. Notre défi est de faire tout le nécessaire pour mettre toutes les pièces du puzzle ensemble. Notre plus grande satisfaction est de constater que le tout fonctionne!

Avez-vous déjà une idée du nombre de participants qui sera présent pour cette rencontre à Genève au mois de décembre ? Il est toujours difficile à prévoir, mais les premières estimations indiquent au moins 1500 participants.

Comment vous sentez-vous à ce stade d’avancement des travaux, quelques jours avant le début de cette deuxième réunion préparatoire du Sommet ? Bien occupé! Il y a au minimum 20 personnes du département informatique, qui se sont dédiées à la préparation de cette réunion, sans oublier les collègues des autres départements. Avant le début des réunions, il y a toujours une certaine appréhension, et je pense que cela est normal. De toute manière, en cas de problèmes, nous avons planifié par avance un «plan B» à l’extension possible. Et si le «plan B» se présente mal, nous passons au «plan C…»

Quel effet cela vous fait-il de travailler pour ce projet ? Mis à part l’intérêt à l’objectif du projet, j’ai une grande satisfaction à travailler avec les collègues d’autres départements et d’autres organisations; le tout en parfait esprit d’équipe. D’autre part, un échange d’impressions avec Gary Fowlie, responsable de l’organisation du sommet, nous révèle l’utilisation de formulaires électroniques pour permettre à chaque participant au sommet de soumettre ses idées en direct sur une base de données, pour faciliter la préparation et le déroulement du sommet. Dans la pratique, il s’agit d’avoir, dans le site web de chaque agence, le type de formulaire destiné à ceux qui sont concernés par les sujets traités par l’agence (OMS – santé, UNICEF – enfance, etc.).

Le rôle et l’importance des technologies de l’information dans la société d’aujourd’hui et de demain, peuvent être consultés dans un entretien avec M. Yoshio Utsumi, Secrétaire-Général de l’UIT, publié dans UN Special (voir: www.unspecial.org et sélectionner le numéro: 607 – mai 2002).

L’Information sur le Sommet est disponible sur le site: www.itu.int/wsis