Les nouveaux touristes
Question:
Quel est le point commun entre la communauté internationale, lONU
et les alpinistes? Réponse: Leur goût démesuré
pour les sommets. La seule différence, cest que les uns mesurent
leur succès en mètres et les autres en nombre de chefs dÉtat
présents. Mais que ce soit le sportif épuisé qui après
des efforts surhumains est parvenu au sommet de lHimalaya, ou le fonctionnaire
radieux qui a survécu au énième sommet sur lenfance,
la pauvreté ou lenvironnement, la seule question qui se pose vraiment
est: «A quand le prochain sommet?» Il est important que les
grands de ce monde se rencontrent et accessoirement discutent des problèmes
de la planète. Mais ny a-t-il pas une meilleure façon de dépenser
les deniers publics? Car, en fin de compte, que sort-il de ces grands rassemblements
touristico-diplomatiques, sinon une énième déclaration ministérielle
qui viendra enrichir les poubelles de lhistoire contemporaine? Une
suggestion, pourquoi ne pas organiser les prochains sommets aux frais des participants?
Sil sagit dune réunion sur la pauvreté, elle aurait
lieu dans un bidonville, sur lenvironnement dans un site contaminé
ou sur le travail des enfants dans une usine. Cela permettrait, dans bien des
cas, aux chefs dÉtat et aux fonctionnaires davoir un contact
direct avec la réalité. Le rédacteur
en chef, Jean Michel Jakobowicz |