UNSpecial No 609– Juillet-aout - July-August 2002
 

     

UNS_60903-01.jpg 50x59  Les nouveaux touristes

Question: Quel est le point commun entre la communauté internationale, l’ONU et les alpinistes?

Réponse: Leur goût démesuré pour les sommets.

La seule différence, c’est que les uns mesurent leur succès en mètres et les autres en nombre de chefs d’État présents. Mais que ce soit le sportif épuisé qui après des efforts surhumains est parvenu au sommet de l’Himalaya, ou le fonctionnaire radieux qui a survécu au énième sommet sur l’enfance, la pauvreté ou l’environnement, la seule question qui se pose vraiment est: «A quand le prochain sommet?»

Il est important que les grands de ce monde se rencontrent et accessoirement discutent des problèmes de la planète. Mais n’y a-t-il pas une meilleure façon de dépenser les deniers publics? Car, en fin de compte, que sort-il de ces grands rassemblements touristico-diplomatiques, sinon une énième déclaration ministérielle qui viendra enrichir les poubelles de l’histoire contemporaine?

Une suggestion, pourquoi ne pas organiser les prochains sommets aux frais des participants? S’il s’agit d’une réunion sur la pauvreté, elle aurait lieu dans un bidonville, sur l’environnement dans un site contaminé ou sur le travail des enfants dans une usine. Cela permettrait, dans bien des cas, aux chefs d’État et aux fonctionnaires d’avoir un contact direct avec la réalité.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz