UNSpecial N° 609 — Juillet-Août – July-August 2002
 

Association genevoise des amis de l'OSR:

L'Orchestre de la Suisse Romande

André PIGUET

Parler de l’Association genevoise des Amis de l’Orchestre de la Suisse Romande c’est en évidence la véritable résurrection qu’elle a connue au début des années quatre-vingts.

UNS_60953-00.jpg 401x295 Une Association fondée pour parer à une situation critique

Etrangement, de sa fondation nous ne savons pas grand-chose si ce n’est qu’elle répondait à un vou d’Ernest Ansermet, à une époque où l’Orchestre, faute de ressources courait à sa perte. Appel fut donc lancé à de généreux mécènes.

La première mention de l’Association que nous ayons pu trouver figure dans un programme de concert de l’année 1935.

Durant quelque 50 ans, les Amis ont ainsi apporté leur contribution à la cause de la musique symphonique à Genève.

Force est cependant de reconnaître que ceux qui y militaient ne représentaient qu’un cercle restreint.

Ce n’est qu’il y a vingt ans que l’Association s’ouvre véritablement, multiplie par dix les sommes qu’elle recueille et voit croître le nombre de ses adhérents au point qu’il s’élève maintenant à plus de 2000. (De quoi rendre jaloux les responsables d’autres orchestres de même rang.)

A quoi l’Association s’emploie-telle ?

Les buts de l’Association sont tout naturellement définis par ses statuts.

Le premier se rapporte à la recherche de fonds: rien qui puisse étonner, puisqu’il est notoire que pour tout concert la recette n’est pas à hauteur du coût, tant s’en faut.

Second objectif: créer un courant de sympathie pour l’Orchestre, intéresser les mélomanes à son activité ; c’est en somme l’affirmation implicite que les meilleures campagnes publicitaires n’égalent pas en efficacité de bouche à oreille.

Troisième et dernière vocation des Amis: représenter le public auprès de l’institution OSR. Formulation vague, mais qui recouvre la participation aux différentes instances de la FOSR: autant de lieux où sont exposées les attentes des mélomanes, concernant notamment les programmes des concerts.

Une aide qui arrive au bon moment

Providentiellement, à une conjoncture difficile a correspondu le grand boom des Amis. Ceux-ci à plusieurs reprises, se sont manifestés à point nommé pour combler les déficits. Que serait-il advenu sans cela ? Dissolution de l’Orchestre ? Diminution du nombre des musiciens ? Baisse de leurs salaires ?

L’OSR a donc échappé à un rabougrissement, dont il était effectivement question. Se maintenant à 110 musiciens, il a surtout pu sauvegarder son répertoire, qui est celui d’un grand orchestre symphonique.

La survie d’un orchestre ne saurait donc être assurée par avance. Raison pour laquelle les Amis se mobilisent ; raison pour laquelle les dirigeants de la FOSR ne peuvent qu’afficher un esprit conquérant.

De généreux bienfaiteurs et donateurs

Si l’Association est florissante, elle le doit en premier lieu à la générosité de ses bienfaiteurs et donateurs.

Les sommes qu’elle recueille annuellement avoisinent le million de francs, ce qui est proprement miraculeux et qui permet surtout de multiplier les projets.

Les Amis accordent annuellement à la FOSR une somme forfaitaire mais ils tiennent en même temps à soutenir leur Orchestre par diverses opérations ponctuelles (aide à la production de disques, don d’instruments de haute qualité, etc.)

Qui n’avance pas recule

Ces différents apports ont toute leur importance mais la pérennité de l’OSR tient tout autant à l’élargissement et à la fidélisation de son public. Qu’aujourd’hui les concerts par abonnement suscitent l’affluence, voilà qui a de quoi réjouir. En l’occurrence se reposer sur ses lauriers serait irresponsable, d’autant que le véritable credo de l’Association réside dans le partage de la musique. C’est donc bien à l’élargissement de leur cercle que les Amis entendent se vouer.

Attirer les jeunes – la chose est souvent présentée comme une banalité – représente de fait un réel défi quı passe de ce renouvellement de l’image empesée que l’on accole bien à tort à la musıque classique. Ils sont cependant bien dix mille, ces jeunes qui en notre ville chantent ou pratiquent un instrument dans les conservatoires et autres institutions de la place. Ouvrons-leur donc les portes du Victoria Hall ; qu’ils s’y sentent chez eux. Et puis, il y a toutes ces personnes, attachées aux organisations internationales, dont la présence honore notre cité, auxquelles nous nous reprochons de ne guère avoir tendu la main jusqu’à présent. Les Amis OSR s’emploient à leur faire d excellentes offres et donc, en premier lieu, à se faire connaître. Bienvenue à vous.

Association genevoise des Amis de l’OSR: 8, rue du 31 – Décembre, 1207 Genève, tél. 022 736 53 38, fax 022 786 00 96.

L’auteur est Président de l’Association