UNSPECIAL No 607– Mai - May 2002
 

Rachel au pays des merveilles

Mort Foudroyé

Rachel El-Haloui-Deléglise

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De cette histoire, je voulais vous conter, mettons pour planter la scène, un peu de soleil ou voire beaucoup, c’est selon. Mettons la vie, mettons-nous dedans et nous voilà revenus au Pays des merveilles. Je voudrais vous parler d’un arbre – c’est décidément une obsession – J’aurais pu vous parler d’hommes mais l’arbre en question a vécu plusieurs vies d’homme, alors…

Un jour, ou sans doute une nuit, un éclair est venu changer sa destinée, ainsi de ce temps passé, vécu, de ce soir-là, voilà ce qu’il lui est advenu: MORT.

Puisque nous ne vivrons que les prémices de sa vie, des 80 ans de moyenne d’espérance de vie que l’on nous attribue: de cette perte, j’ai envie de vous écrire: la VIE.

Aujourd’hui, on vous propose de gérer cette mort ou plutôt cette non-vie.

Il s’appelait Cedrus Atlantica, il était né au XIX e siècle, il avait dédié sa vie à égayer de sa présence la vie des Genevois, et plus particulièrement celle des fonctionnaires internationaux de la Société des Nations, et ensuite de l’ONU. Son âme s’en est allée mais il a laissé son «corps».

Nous pourrions suggérer aux jardiniers de faire de son tronc, que sais-je, bien des choses encore: une sculpture, une cible pour fléchettes, un tableau d’écolier, un grattoir pour dos d’ours en mal de gratouilles*, un arbre des lamentations, un perchoir à oiseaux, un point de rencontre pour les visiteurs ou les amoureux, un porte-drapeau, un mémorial, un mur de varappe. Les idées ne manquent pas! La plupart de celles que je vous ai énumérées sont bien sûr farfelues. Qu’en pensez-vous, que peut-on faire de Cedrus Atlantica? Laissez vagabonder votre imagination et fuser vos idées en appelant soit Eric Luscher au 72521, soit le 723.08. Si vous cherchez l’inspiration et que vous voulez stimuler votre visuel, vous pourrez le voir (ou tout au moins ce qu’il en reste) en allant vers la Villa Le Bocage, entre l’annexe 1 et l’annexe 2.

Vous vous souviendrez sans doute que je vous écrivais dans un précédent numéro (février 2001 – n o 593, page 22) que nous avions dans le parc des Nations Unies des arbres aux noms aussi longs qu’exotiques: (Sophora Japonica, Cedrus deodora, sequoiadendron Pinaceae gigantum). Ces arbres ont quelque chose de magique, certains ont jusqu’à 170 ans, tels que le cèdre du Liban qui se trouve en face de la sphère armillaire (trois cèdres ont été plantés en avril 1832).

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Quelques-uns se meurent

Je vous proposais que l’on se groupe afin de parrainer un arbre (pour une somme modique, je tiens à le souligner et que ni la pudeur, ni le règlement ne me permettent d’aborder). Il faudrait en replanter une trentaine. Je vous disais également que les Services centraux d’appui étaient prêts à mettre une petite plaque avec le nom des généreux donateurs pour la postérité. J’ai à ce jour reçu 30 témoignages d’intérêt. Allez, je suis sûre que l’on peut faire mieux! Si vous êtes curieux, intéressé ou si vous souhaitez plus d’informations, laissez-moi un message au 7 23 08 et je vous rappellerai.

Et en cette année de célébration du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo, écrivain et poète français, permettez-moi de le citer:

«C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas.»

*Note de l’auteur (cette idée pourrait retenir l’attention du futur 190e État Membre des Nations Unies, et plus particulièrement sa capitale, Berne).