Halte au Paris-Dakar
Jean-Louis Silvestre
Depuis plus de vingt ans, chaque année,
en France, nous assistons impuissants à lapologie du gaspillage,
à lindécence dun cirque médiatique, ainsi
quà linvraisemblable «french paradoxe»
par lequel, la France, apporte une aide au développement de lAfrique
(0,37%), alors que dautre part ce rallye dilapide des centaines
et des centaines de millions deuros pour quoi? pour qui? et dont
on est en droit de sinterroger sur la finalité dune
telle énergie à gaspiller sur un continent meurtri par tant
dépreuves comme la sécheresse, le SIDA ou lendettement.
Les organisateurs ajoutent le cynisme à linjure sachant pertinemment
que sous le logo Total-Dakar se cachent dautres intérêts
financiers. Peuton laisser quelques zozos samuser à faire
pétarader leurs machines au profit de quelques zinzins sans scrupules!
Déjà en 1988, le professeur, René Dumon,t déclarait:
«Ce rallye est indécent. Je compare cela à une bande
de fêtards qui organisent un banquet mais pas chez eux, et qui entrent
chez un pauvre pour ripailler sans linviter à partager. La
vraie aventure cest
la lutte contre la faim, cest aussi le combat pour leau rare.» Pour que les cris du célèbre agronome comme ceux du respectable ethnologue, Théodore Monod, et de quelques autres détracteurs ne se perdent pas encore une fois dans les sables il est temps de dire, haut et fort, à tous les responsables: ARRÊTONS ce déploiement de moyens matériels, financiers et humains (en 24 ans, plus de 31 morts et autant destropiés à vie) et, cest triste à dire, lesquels aurraient mieux fait de se mettre au service dune noble cause.
Lauteur est un ancien fonctionnaire de lONU et président de lONG Les amis de Bamba au Mali.