UNSpecial N° 602 — Décembre – December 2001
 

211 ans

F. Subiger, UNOG

En 1790, l’Assemblée constituante décide la création de ce qui sera un nouveau système de poids et mesures sur une échelle décimale. Mais d’où vint ce changement?

En voici quelques détails, dans le contexte historique

Avant cette date, bien des pays et des provinces possédaient leurs systèmes de poids et mesures, avec pour chacun des avantages et des inconvénients. Les avantages restaient relatifs car les mesures ou calibres, piges… relevés à l’origine pouvaient varier mais cependant, dans les limites de la physiologie des proportions du corps humain. C’était sans grande précision, mais pourtant resté en usage pendant des millénaires. Les millénaires, s’ils pouvaient nous parler, nous rapporteraient aussi toutes les exceptions qui ont pu inspirer les fonctionnaires et les commerçants à rechercher une solution universelle.

Les désavantages nombreux et plus ou moins contournables des subdivisions par demis, quarts, huitièmes, se dessinaient car ceux-ci engageaient à des comptes laborieux. Ainsi, 1 livre valait 2 marcs; 1 marc, huit onces; 1 once, huit gros; 1 gros, 72 grains! A chaque changement d’unité de mesure, on changeait de casier ou de colonne; sans compter que la livre alimentaire n’avait pas de rapport fini, donc n’était pas de même poids que la livre servant à peser les objets ou les pièces de tissu. Il en était même pire quant aux unités de longueurs. En ajoutant à cela que les valeurs de ces mesures empiriques ne demeuraient pas constantes; s’il s’agissait de la livre de Paris ou de celle de Marseille, ou bien encore de la toise de Paris ou de celle de Lyon, et autres pieds, marches, coudées, grosses, etc.

Donc, sur les recommandations de l’Académie des sciences, l’Assemblée constituante d’alors décida de faire dériver toutes les unités du nouveau système de mesure, d’une unité fondamentale: l’unité de longueur. Cette unité fut nommée mètre, en rapport aux dimensions du globe terrestre. Le mètre fut alors et ainsi défini comme, la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. De plus, on adopta la progression décimale pour les multiples ou sous-multiples des unités.

Le système métrique était né

La loi du 1er août 1793 établit les relations existant entre les mesures: linéaires, de surfaces, de volumes, de poids et également de rapport décimal pour les mesures de poids et les monnaies. Ce n’est que bien après cette naissance et les nouveautés qui en résultèrent, que le système métrique fut imposé. C’est à l’aube de l’âge industriel, le 1er janvier 1840, que le système métrique fut rendu obligatoire en France.

Plus tard, en 1875, plusieurs Etats qui avaient adopté le système métrique, créèrent le Bureau international des poids et mesures, à Sèvres. Ce bureau fut chargé de construire et de conserver les étalons internationaux adoptés.

Depuis ce temps, le mètre règne tout en évoluant, en modifiant sa définition pour en énoncer avec encore plus de précision sa valeur de référence. Ainsi, en 1889, le mètre se définissait comme étant la longueur, à la température de zéro degré, du prototype international en platine iridié, et qui fut sanctionné par la conférence générale des poids et mesures, tenue à Paris, cette même année.

Par la suite, on modifia encore la définition de ce mètre pour l’exprimer encore plus scientifiquement et ne considérer son premier étalon comme historique.