UNSpecial N° 602 — Décembre – December 2001
 

La continuité dans le changement

Sérgio da Silva, ONU/SSE

M. Louis McCaul Les nouvelles technologies appliquées à la gestion administrative, aux conférences de l’ONU à Genève et au Palais des Nations et à sa sécurité, créent une dynamique qui demande une remise en question constante.

Pour ce qui est de la gestion administrative, l’utilisation généralisée du courrier éléctronique, de la toile et du travail de groupe, demande des mises à niveau périodiques de l’infrastructure existante pour procéder à des ajustements si tel en est le besoin.

Nous avons rencontré M. Louis McCaul, responsable de la section des services électroniques et de IMIS pour nous parler du présent et surtout de nous apporter sa vision concernant le futur prévisible dans le monde du travail de l’ONU à Genève.

Le trafic du réseau informatique du Palais des Nations augmente de 10% chaque année, et ceci notamment depuis trois ans. Qu’allez-vous proposer pour faire face à cette situation?

Le réseau est actuellement en mesure d’absorber ce trafic. Les dernières mises à jour ont permis la connexion au Centre du Commerce International, au Palais Wilson et à la Maison de l’Environnement au moyen de la fibre optique, ce qui assure la même vitesse de transmission des données que pour les utilisateurs du Palais des Nations.

Les audio et vidéo-conférence sont utilisées regulièrement et, à titre d’exemple, je peux vous citer la transmission du discours de Kofi Annan au personnel des Nations Unies, lors de son allocution pour annoncer l’attribution du prix Nobel.

On n’utilise d’ailleurs plus exclusivement les lignes téléphoniques pour assurer ces vidéo-conférences. Actuellement, on le fait aussi à travers le réseau informatique du campus de l ‘ONU à Genève. C’est ce qu’on appelle « vidéo sur IP » ou « voix sur IP » s’il s’agit uniquement de la transmission de la voix sur la toile.

La protection des données est plus que jamais à l’ordre du jour. Quels sont vos considérations en matière de sécurité? Dès la sécurité des données (sauvegarde), à l’accès à ces données (gestion des utilisateurs), à leur protection par rapport à des intrus et à la protection contre les virus?

La centralisation des serveurs nous permet d’avoir un bon système de sauvegarde des données. Nous regardons cependant des alternatives, tels que les réseaux de stockage des données (SAN), comme autre choix possible au système actuel, pour tenir compte des développements dans un proche avenir et de nous permettre d’avoir aussi des copies de données dans des sites géographiques éloignés.

Nous voulons offrir aussi l’accès à nos bases de données à travers l’Internet, et par des accès sécurisés, pour tous ceux concernés à l’extérieur, qui en manifesteront le besoin.

L’ordinateur pare-feu (firewall) actuel répond à un haut niveau de sécurité, ce qui permet d’assurer la protection de plus de 6000 postes de travail. Il va de soi que le système évoluera en fonction du besoin. On doit s’attendre à plus de tentatives d’intrusions (hackers) à l’avenir et à des virus encore plus virulents. C’est pour cela, qu’il est de la plus grande importance de nos jours, de disposer des meilleurs systèmes d’ordinateurs parefeu et de systèmes anti-virus efficaces.

Les nouvelles parues dernièrement dans la presse évoquent une forte croissance de l’intérêt dans les systèmes biométriques (voir TechNews No 57). Voyez-vous l’utilisation de ces systèmes au Palais?

Cela dépend des conséquences financières et de l’impact au niveau du système de gestion du PC et de son utilisation avec différents utilisateurs possibles et des limitations d’accès qui devront être installées. Voyez-vous, dans le cas d’un ordinateur défaillant, son utilisateur doit pouvoir utiliser un autre ordinateur sans être pour autant habilité à accéder aux données de l’utilisateur de l’autre ordinateur.

Quel est votre vision sur les développements technologiques que nous pourrons imaginer dans un proche futur au Palais des Nations?

Je vois, par exemple, l’utilisation des PC portables dans les salles de conférences sans avoir à les connecter directement au réseau, la connexion se faisant par ondes radio, de pouvoir utiliser ces PC portables à l’extérieur, tel comme si on était au bureau, à travers l’Internet , utilisant un réseau virtuel privé (VPN) et des procédures de sécurité appropriées pour un raccordement aux serveurs du Palais.

Il me semble que nous irons vers l’utilisation du téléphone de bureau que nous pourrons prendre dans la poche, partout où nous irons, et que parmi ses possibilités, il permettra l’utilisation du courrier éléctronique Notes, en l’occurrence, puisque c’est la norme adoptée par l’ONU.

Intranet va encore devenir plus important. Les portails d’accès aussi, imaginez l’information de l’ONU: à New York, à Genève ou à Bangkok sur un même portail, ça deviendrait un peu un site qui pourrait s’appeler « My UN»…

La formation en ligne interactive avec audio et vidéo, va beaucoup se développer dans les 5 années à venir et nous allons nous efforcer de trouver un moyen permettant d’ inciter le fonctionnaire à profiter des possibilités offertes par l’utilisation de ces nouveaux moyens, qui ont comme but l’amélioration de la qualité du travail.

Je vois 2002 comme l’année du début de la généralisation de l’écran plat, des claviers et des souris sans fil, avec des PC toujours plus puissants et une utilisation accrue des imprimantes couleur.

Le stockage éléctronique des documents à travers des scanners deviendra monnaie courante. Nous devrons mettre en application des décisions concernant les normes à travers le secrétariat qui sont définies par le Conseil des Technologies de l’information et des Communications (ICTB) du siège. Cela permettra parmi d’autres aspects, de faciliter l’intégration rapide des fonctionnaires qui changent leur lieu d’affectation par exemple. Mais d’une manière générale, il s’agit de partager la connaissance tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Secrétariat

Nous allons faciliter l’accès à IMIS, notre système de planification des ressources de l’entreprise, via Internet , ce qui permettra la liaison des lieux d’affectation entre eux. Par ex: le transfert des données concernant la mutation d’un fonctionnaire de Genève à Nairobi, sera fait ‘on line’ et la fermeture mensuelle des comptes aussi. Les petits bureaux sur le terrain, seront aussi reliés au site IMIS le plus proche à travers Internet.

Une migration vers Windows XP, aura logiquement lieu vers la fin de l’année prochaine, remplaçant ainsi Windows NT actuellement installé dans les PC que nous gérons. C’est un cycle évolutif et de mise à jour continue que nous porsuivons constamment.

Merci pour vos propos.