Un bon chef en 48h.!
Des millions de dollars sont dépensés en vain par lOrganisation pour essayer de transformer tout un chacun en gestionnaire modèle. Franchement, les résultats sont pathétiques. Après avoir passé quelques jours dans des «retraites» à répétition, nos gestionnaires en herbe reviennent gonflés à bloc. En général pendant une petite semaine ils font des efforts essayant de mettre en pratique ce quils ont appris grâce à de petits cours intitulés: « Comment devenir un bon chef en quarante huit heures », ils créent des groupes de travail, des sous-groupes de réflexion et puis Cest tout. Ils reprennent leurs bonnes vieilles habitudes.
Alors que faire? Tout dabord, mieux recruter. Si lONU a besoin dun gestionnaire pour diriger un service, il ne faut pas que lOrganisation engage un économiste, un diplomate ou un ancien ministre, il faut un gestionnaire. Deuxièmement, lONU est sûrement la seule grande entreprise au monde à ne pasfaire passer des tests psychologiques dembauche. De tels tests pour les postes de responsabilités aideraient sûrement à avoir de meilleurs candidats. Troisièmement, ne pas transformer, comme le prévoit la nouvelle réforme, de bons techniciens en mauvais technocrates. Il nest pas vrai que par les vertus de la mobilité on va faire dun spécialiste en commerce électronique un chef de division. Enfin, sil doit y avoir formation, elle doit être sérieuse et non pas uniquement destinée à enrichir quelques hôteliers en basse saison ou quelques firmes de consultants privilégiées. On ne devient pas un gestionnaire en passant trois jours dans un hôtel avec un gentil organisateur. Certains font des études de plusieurs années pour y parvenir. Si lOrganisation veut tirer le meilleur partide son personnel, elle doit envoyer les candidats à des postes de responsabilité suivre des cours pendant quelques mois dans une université et alors seulement on pourra espérer avoir de bons gestionnaires.
Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.