UNSpecial N° 602 — Décembre – December 2001
 

J-M Jakobowicz Un bon chef en 48h.!

Des millions de dollars sont dépensés en vain par l’Organisation pour essayer de transformer tout un chacun en gestionnaire modèle. Franchement, les résultats sont pathétiques. Après avoir passé quelques jours dans des «retraites» à répétition, nos gestionnaires en herbe reviennent gonflés à bloc. En général pendant une petite semaine ils font des efforts essayant de mettre en pratique ce qu’ils ont appris grâce à de petits cours intitulés: « Comment devenir un bon chef en quarante huit heures », ils créent des groupes de travail, des sous-groupes de réflexion et puis … C’est tout. Ils reprennent leurs bonnes vieilles habitudes.

Alors que faire? Tout d’abord, mieux recruter. Si l’ONU a besoin d’un gestionnaire pour diriger un service, il ne faut pas que l’Organisation engage un économiste, un diplomate ou un ancien ministre, il faut un gestionnaire. Deuxièmement, l’ONU est sûrement la seule grande entreprise au monde à ne pasfaire passer des tests psychologiques d’embauche. De tels tests pour les postes de responsabilités aideraient sûrement à avoir de meilleurs candidats. Troisièmement, ne pas transformer, comme le prévoit la nouvelle réforme, de bons techniciens en mauvais technocrates. Il n’est pas vrai que par les vertus de la mobilité on va faire d’un spécialiste en commerce électronique un chef de division. Enfin, s’il doit y avoir formation, elle doit être sérieuse et non pas uniquement destinée à enrichir quelques hôteliers en basse saison ou quelques firmes de consultants privilégiées. On ne devient pas un gestionnaire en passant trois jours dans un hôtel avec un gentil organisateur. Certains font des études de plusieurs années pour y parvenir. Si l’Organisation veut tirer le meilleur partide son personnel, elle doit envoyer les candidats à des postes de responsabilité suivre des cours pendant quelques mois dans une université et alors seulement on pourra espérer avoir de bons gestionnaires.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz.