UNSpecial N° 601 — Novembre – November 2001
 

Exposition

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Musée de la SDN

De la Société des nations…aux Nations Unies: «l’esprit de Genève» au se ix

L’exposition présentée au Musée de

la Société des Nations illustre les efforts menés à Genève en faveur de la paix, à partir de 1920 dans le cadre de la Société des Nations et, depuis 1945, dans celui de l’ONU et de son Office Genevois, situé dans le bâtiment hérité de la SdN, le Palais des Nations. Des documents uniques – archives, journaux, affiches, caricatures, photographies, traités – retracent ce parcours.

«DE LA SOCIÉTÉ DES NATIONS…

Genève «capitale des nations ». Le 15 novembre 1920, une foule genevoise enthousiaste accueille les délégués de la Première Assemblée de la Société des Nations. Le même jour, une cérémonie au pied de la statue de Jean-Jacques Rousseau rappelle que le choix de Genève comme siège de la première organisation internationale de l’histoire n’est pas anodin et en réfère à ce fameux «esprit de Genève», que les premières années d’existence de la SdN devaient exalter.

Née de la volonté des vainqueurs de la Première guerre mondiale d’éviter le retour de toute guerre dévastatrice, la Société des Nations a pour objectif le maintien de la paix universelle, dans le cadre des principes fondamentaux du Pacte accepté par ses membres: «développer la coopération entre les nations et leur garantir la paix et la sécurité».

La Suisse a adhéré au Pacte le 16 mai 1920, devenant ainsi membre à part entière de la Société. Woodrow Wilson, Président des Etats-Unis, père fondateur de la Société des Nations

Palais des Nations Bibliothèque de l’ONUG Du jeudi 25 octobre au vendredi 23 novembre de 8h30 à 17h00

Après avoir installé son Secrétariat dans le Palais Wilson, la Société des Nations inscrit durablement sa marque dans le paysage urbain de Genève en faisant construire le Palais des Nations, dans lequel elle s’installe en 1936.

Des succès inégaux en faveur de la paix. Les premières années d’existence de la Société des Nations sont marquées de réels succès. Conformément aux dispositions du Pacte, plusieurs différends internationaux – entre la Suède et la Finlande, ou encore entre la Grèce et la Bulgarie – sont réglés pacifiquement. Les Accords de Locarno, signés en octobre 1925, et qui marquent les débuts d’une réconciliation franco-allemande, sont confiés à la SdN. Conséquence directe, l’Allemagne, vaincue et exclue de la Société par le traité de Versailles de 1919, y fait son entrée en 1926. En 1929, le délégué de la France, Aristide Briand, lance à la tribune de l’Assemblée, le tout premier projet politique d’Union fédérale européenne.

Les efforts de la Société des Nations n’ont toutefois pas réussi à endiguer les obstacles majeurs au maintien de la paix survenus à partir du début des années 30: elle ne parvient à empêcher ni l’invasion de la Mandchourie par le Japon, ni l’annexion de l’Ethiopie par l’Italie en 1936, ni celle de l’Autriche par Hitler en 1938 et, pour finir, elle reste impuissante devant le déclenchement de la Seconde guerre mondiale.

Une coopération technique réussie entre les nations. L’échec, politique, de la mission de sécurité collective de la SdN, ne doit cependant pas faire oublier un succès réel dans ce qui ne devait au départ être qu’un aspect secondaire de ses objectifs: la coopération technique internationale. Sous son égide en effet, un nombre considérable de conférences, comités intergouvernementaux et réunions d’experts se sont tenus à Genève, dans des domaines aussi divers que la santé et les affaires sociales, le transit et les communications, les affaires économiques et financières, la coopération intellectuelle. Ce travail, fructueux, s’est soldé par la ratification de plus d’une centaine de conventions par les Etats membres.

Il faut souligner en particulier l’œuvre sans précédent menée dès 1920 en faveur des réfugiés à l’instigation du Norvégien Fridtjof Nansen, dont les efforts ont été poursuivis avec succès par l’Office Nansen pour les réfugiés créé en 1930.

…AUX NATIONS UNIES»

L’Office des Nations Unies à Genève et l’héritage de la SdN. L’impuissance de la SdN à empêché un nouveau conflit mondial, la désaffection d’une partie de ses Etats membres et le déroulement de la guerre elle-même, conduisent à son agonie dès 1940. Le concept d’organisation internationale est toutefois désormais bien ancré dans les esprits et, le 1er janvier 1942, le Président des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt prononce l’expression de « Nations Unies ».

Le 26 juin 1945, les représentants de cinquante pays réunis à San Francisco adoptent la Charte des Nations Unies, fondatrice de la nouvelle organisation internationale. L’ONU naît officiellement le 24 octobre 1945, lorsque la Charte est ratifiée par les pays signataires.

Si, en raison de l’échec politique de la Société des Nations, la nouvelle Organisation a toujours évité de s’y référer explicitement, l’héritage transmis apparaît nettement, à la fois dans un certain nombre de principes énoncés par la Charte et dans les compétences et expériences développées dans le domaine de la coopération technique: la plupart des institutions spécialisées du système des Nations Unies peuvent en effet être considérées comme les héritières de l’œuvre initiée par la SdN.

Dissoute lors d’une dernière Assemblée tenue à Genève en avril 1946, la Société des Nations transmet à l’ONU l’ensemble de ses biens et de ses avoirs,

dont le Palais des Nations est l’un des fleurons. Si le siège de la nouvelle Organisation est désormais implanté à New York, on crée à Genève, dans ce bâtiment, l’Office européen des Nations Unies, devenu l’Office des Nations Unies à Genève en 1966. Il constitue un centre mondial de conférences diplomatiques et une base opérationnelle pour un grand nombre d’activités dans les domaines économique et social, continuant de faire vivre à Genève – par ailleurs siège d’un grand nombre d’institutions spécialisées, comme le HCR, le BIT, l’OMS ou l’OMM,…cet «esprit » qui avait poussé les hommes de 1920 à choisir la ville comme lieu de rencontre pour les nations.