UNSpecial N° 600 — Octobre – October 2001
 

From Our Man in Absurdistan

Miscellany

Eric Blair, UN

Rule of Thumb: For reasons of efficiency, speed, cost, and flexibility, in the framework of the ongoing effort of reform and streamlining of the Organization, and in order to bring its organizational principles in line with established practice, the Staff Rules have been amended as follows:

“Amendment to all Staff Rules – all series”: “Pursuant to staff regulations 12.2, 12.3 and 12.4., and staff rule 112.2 (a), the following text, of new article1.0, is inserted in the Staff Rules”: “The Staff Rules shall apply whenever convenient only. In all cases where two or more staff members have conflicting interests, the decision of the highest- ranking or most senior interested party shall be deemed to constitute a final ruling”. The United Nations Administrative Tribunal, the Joint Appeals Board, the Discrimination Panel, the Arbitration Commission, and all rebuttal panels and staff representative bodies are hereby abolished; due process is retired and undue process instated; the Universal Declaration of Human Rights is suspended in all United Nations compounds.”

Likewise, the Staff Regulations have been amended by the addition of the same text, inserted as new article 101.0.

It is brought to the attention of all staff that the foregoing amendments are intended as a provisional measure, to remain in force on a trial basis while the relevant organs, having reached the tentative conclusion that the Staff Rules and Regulations have long outlived their usefulness, study the feasability, the desirability, and the potential benefits of their abolishment, as well as a timetable and politically correct official grounds for such measure.

Deux valent mieux qu’un: Il arrive parfois qu’un collègue de haut rang s’en aille et qu’il ne soit pas remplacé tout de suite. Curieusement, l’absence de chef ne semble pas entraver outre mesure la bonne marche de la Maison. Au-delà des questions évidentes et embarrassantes, posons celle-ci: Pourquoi ne pas convertir un tel poste de directeur en deux postes de travailleurs?

Sans blague: L’anthropologue anglais Nigel Barley estime que “l’humour est une chose très sérieuse”. L’humour est le propre des gens sérieux, en somme. A l’opposé, on reconnaît ceux qui se prennent au sérieux, mais ne le sont pas, à leur manque d’humour.

Horaire/horreur: Une lectrice réagit (dans le numéro du 25 avril) à un article paru dans le Monde sur le projet de la Commission européenne de privilégier le mérite plutôt que l’ancienneté pour la carrière de ses agents. Comme si les deux notions étaient incompatibles. Cependant, si l’ancienneté est une donnée objective, le «mérite» est une porte ouverte sur davantage d’arbitraire qui permet tous les tours de PAS-PAS. Comment en effet un chef de service incompétent peut-il juger du mérite de ses subordonnés? Et quid s’il est malhonnête de surcroît?
La lectrice a bondi en lisant que le «mérite» des agents se jauge en partie sur la question de savoir s’ils sont encore joignables au bureau après 17 heures. Elle y reconnaît “l’idée très répandue, en France et dans bien d’autres pays, que le critère principal pour juger du sérieux d’un cadre (dans le public comme dans le privé) est le temps passé sur le lieu de travail, et notamment l’heure à laquelle il sort le soir de son bureau. [Non seulement] un tel raisonnement est très réducteur, [mais] il pénalise surtout les femmes cadres, même si elles ont été efficaces tout au long de la journée de travail. En effet, comment concilier vie de famille et horaires à rallonge?
En effet. Et pourquoi pas inclure dans les «critères» celui d’être joignable au bureau le matin avant 10, 9, voire 8 heures? Car l’astuce de bon nombre de cadres grands «bosseurs» tardifs au bureau consiste à n’arriver qu’à une heure bien avancée le matin. Leur journée n’est pas plus longue, elle est décalée. Il s’agit d’ailleurs d’une mauvaise question, et mal posée de surcroît. Car elle parle du soir en oubliant le matin et, surtout, elle fait l’impasse sur la qualité du travail accompli pendant la présence plus au moins «rallongée» au bureau.
Loin de nous d’interdire à tout un chacun de s’éterniser sur son lieu de travail. Mais combattons l’illusion qui assimile durée et qualité; de récentes observations tendent même à démontrer le contraire: que le travailleur à temps partiel ou à horaire allégé (les fameuses 35 heures) est moins souvent malade et accomplit sa tâche de manière plus expéditive. Rien de plus naturel: s’il y a une vie après le travail, on est plus motivé, et les biorythmes humains étalent le travail à faire sur le temps disponible, quelle que soit sa durée.
Il y a bien évidemment les estropiés de la vie, qui passent tout leur temps au travail, mais il serait malsain de les ériger en norme. C’est au fond une question de société: la délinquance des mineurs, par exemple, serait-elle sans lien avec l’absence prolongée de tous ces parents retenus au bureau en dépit du bon sens? Dans le fond, le temps de travail est du temps de vie amputé. Travaille bien qui travaille court; la vie et la société ont tout à y gagner.

Realpolitik: Où l’idée de poids écrase le poids des idées.

Pense-bête: Où l’arrière-pensée fait figure de pensée.

Repression Without Representation:
Rumour has it that UNOG will be barred from Participating in the upcoming SMCC (Staff Management Coordinating Committee) meeting, because in the current chaos about the validity of the elections here the Administration can distinguish no duly elected representatives to speak on our behalf. SMCC used to be the Administration’s fig leaf – the appearance of “good governance” – an exercice where it would patiently sit through the mandatory motions, before hurrying back to business as usual (doing as it pleases) with utter disregard for the staff’s positions and the agreements reached. However, until this day, it could point to the presence of staff representatives form the various duty stations to pretend that it had respected established procedures.
The difference goes beyond mere semantics. If our leaders were honest, they would postpone SMCC to allow the problem of UNOG’s staff representation to be solved and then proceed in a genuine plenary. But why bother? Who needs the cumbersome pretense of principled management where lawlessness is the rule of the place? The Administration’s approach has at least the merit of clarity. To be consistent, it could drop the other staff participants as well, and then, while they’re at it, the meeting itself. That could be sold to our “stakeholders” (the indifferent States) with a claim of, say, “enhanced efficiency” and a “reduction in the cost of operating the Organization” or some other buzzword of the day. Dirty, but quick. Who, beyond us, disposable staff, cares, after all?