Dr Athanase Hagengimana, ombudsman principal de l’OMS
CARLOS STREIJFFERT, EVELINE COVENEY
Le Dr Athanase Hagengimana, originaire du Rwanda, a suivi une formation de médecin psychiatre. Par la suite, il a fait des études et recherches sur les causes des conflits, notamment à l’Université de Harvard aux Etats-Unis.
Depuis trois ans, il est l’Ombudsman Principal au siège de l’OMS à Genève. Notre échange a eu lieu en français puisqu’il est parfaitement bilingue.
Après un parcours impressionnant en médecine psychiatrique, notamment au Rwanda, vous êtes devenu l’un des deux ombudsman de l’OMS. Hasard de la vie ou volonté de votre part ?
C’est l’aboutissement de mon parcours personnel et professionnel : Je viens du Rwanda, un pays qui a connu une période difficile. J’ai participé à la prise en charge des problèmes post-traumatiques juste après le génocide contre les Tutsi dans mon pays. J’ai ensuite travaillé dans la gestion des conflits en Afrique de l’Ouest puis aux Etats-Unis avant d’être engagé aux Nations Unies pour collaborer à la gestion du stress et des conflits avec le personnel en Côte d’Ivoire. Puis en 2009, j’ai été sélectionné au poste d’Ombudsman Principal de l’OMS.
Dans votre travail au quotidien, hormis votre formation et votre parcours professionnels, votre expérience personnelle prend-elle une part importante ?
Depuis 15 ans, je suis confronté à la gestion des conflits personnels. Ma formation ainsi que mon expérience professionnelle sont un bagage non négligeable.
Depuis 2010, l’OMS connaît une réduction drastique de son personnel. Avez-vous des statistiques ou des perceptions d’une augmentation conséquente des demandes d’assistance du personnel au bureau de l’Ombudsman ?
Dès le début de cette crise, le bureau de l’Ombudsman a été impliqué dans ce processus par l’Administration. Notre officine a aussi reçu très vite des demandes d’aide de la part du personnel affecté directement par les coupures de postes.
Dans cette situation difficile, ressentez-vous des frustrations quant à l’accomplissement de votre travail ?
Nous devons rester neutres dans notre rôle vis-à-vis du bureau du Directeur général et du personnel. Toutefois, dans une situation de crise financière, la Directrice générale nous fait part du manque d’argent et les employés viennent en rapport avec la perte de leur poste. La frustration naît de ce paradoxe qui demande des moyens en argent pour respecter le règlement afin d’abolir des postes. C’est une situation qui m’est très difficile car les gens qui viennent nous trouver ne reçoivent pas de réponses satisfaisantes.



