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Guerre et mer, modélistes du Cotentin

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TEXTE ET PHOTOS : JOËLLE MENETREY

Guerre et mer, modélistes du Cotentin

Je connaissais la Normandie par des récits de guerre. J’eus envie de retrouver les contours de cette Histoire de France qui s’estompe déjà dans les méandres du passé. J’y ai découvert bien plus que cela ; je suis tombée très vite sous le charme de ces villages authentiques parsemés de châteaux et de manoirs, de cet univers de marins dans l’âme et dans le coeur, de ces Normands chaleureux et fiers.

 

Nous commençons ce tour normand par un repas qui vient récompenser les participants d’un rallye pédestre et auquel nous sommes gentiment conviés ; des agneaux font la ronde autour des tournebroches, des arômes de cidre brut artisanal nous assiègent. L’ambiance est à la fête, rythmée par les chants des matelots, vifs et entraînants. Encore imprégnés de cette atmosphère gaie et bon enfant, nous longeons la côte, parsemant notre route d’arrêts-photos immortalisant nos découvertes.

Première halte dans le port du Becquet, encadré de deux pointes rocheuses qui lui ont donné son nom. Sa digue très originale fut construite en pierres du pays posées à la verticale, en construction sèche. Des mouettes, telles des commères sur leur pas de porte, en soulignent la crête. Le petit port de Fermanville, lui, offre un charmant tableau, solitaire dans son écrin de lande et de mer. Le silence règne, à peine troublé par le moteur d’un bateau de pêche qui prend le large.

Au bout d’un chemin bordé de murets de pierre se dresse, contre vents et marées, le phare de Gatteville, deuxième plus grand phare d’Europe avec ses 74,55 mètres. On arrive à la plate-forme après avoir gravi 365 marches sur 12 niveaux éclairés par 52 fenêtres – tout un calendrier !

Les courants tourmentés au large de Barfleur généraient de nombreux naufrages, tel le navire Blanche-Nef qui coula en 1120, entraînant avec lui dans les profondeurs des gens de haute noblesse.

Prenant conscience de la nécessité d’un phare, on érigea le premier, d’une hauteur de 25 m, en 1774 ; il est aujourd’hui converti en sémaphore et classé monument historique. Un feu devait être alimenté jour et nuit, laissant peu de répit aux gardiens montant le bois et le charbon à dos d’homme ; 16 lampes à huile dans une lanterne vitrée remplacèrent ce foyer en 1780. Les lentilles « modernes » ne pouvant être adaptées à cet édifice, on éleva une nouvelle tour où elles scintillèrent pour la première fois le 1er avril 1835.

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Current Issue - May 2013

Photo: © WHO
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