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Témoignage du Club de Musique des Nations Unies

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JAY WORMUS

 

ALEX EZANA, PRÉSIDENT DU CLUB DE MUSIQUE DES NATIONS UNIES

 

Jay Wormus

On n’entendra donc plus la guitare électrique de Jay Wormus, cette Gibson inspirée sur laquelle il enchaînait si remarquablement les solos de jazz et des airs de musique du monde. On ne l’entendra plus chanter ces grands standards du jazz de sa voix à la fois âpre et gaie comme un chant d’optimisme. On n’entendra donc plus sa flûte, douce et légère, interpréter des airs du répertoire classique. Mais nulle part peut-être, son absence physique et musicale ne résonnera aussi fort que parmi ses compagnons et amis du Club de musique des Nations Unies au sein duquel son talent musical, si riche et éclectique, s’exprimait avec tant de verve et de bonheur depuis près d’une dizaine d’années. Car comment pourrionsnous oublier ces innombrables moments de musique partagés en complices d’une même passion, avec leur lot de petits bonheurs mais aussi de vraies galères au fil des répétitions, concerts et déplacements ?

Comment pourrions-nous oublier en particulier le dernier concert qu’il donna avec nous, l’avant-veille du jour où une voiture folle vint fracasser sa vie ? C’était le 9 décembre 2011, au concert de la fête du personnel de l’ONU. Il n’était pas seul, bien entendu mais entouré de ses compagnons du United Nations World Music Project, avec lesquels il joua fabuleusement, à la flûte traversière, un bel air de musique sudafricaine intitulé « Mandela ».

En outre, Jay était non seulement un remarquable musicien mais aussi quelqu’un qui donnait beaucoup au Club de musique. Il en était le Secrétaire, qui rédigeait minutieusement et promptement tous les comptes rendus de nos assemblées générales et des réunions du comité exécutif. Il était aussi le gestionnaire de notre site internet (www. unmusicclub.com) qu’il tenait soigneusement à jour, permettant ainsi à chacun de retrouver les documents, les images, les enregistrements et les activités du Club. Travail exigeant pour lequel il puisait dans ses dons pour l’informatique.

C’est donc tout naturellement que le Club de musique des Nations Unies, en concertation avec la famille de Jay, a conçu le programme musical qui s’imposait pour un tel musicien et membre éminent entre tous de notre modeste association musicale onusienne. « Don’t play music for a funeral, but music my father would like », nous avait dit sa fille, Raphaella. C’est pourquoi le 16 décembre 2011, jour de la cérémonie religieuse, le temple protestant de Vandoeuvres où tant de ses vrais amis avaient réussi à se rendre malgré leur travail ou la pluie, le Club de musique fit de son mieux – avec son jazz manouche, sa chorale, ses musiques du monde, son groupe classique et son blues – pour contribuer modestement à la solennité douloureuse et recueillie des adieux, sans manipulation ni récupération forcément déplacées. Par la parole, le président du Club rendit dûment hommage à la mémoire et à la contribution de ce grand compagnon de musique et d’action, sans imposture ni occultation d’autrui. D’autant plus que nous avions appris à l’entrée du temple que, de son vivant, Jay jouait tout aussi remarquablement de la pop fusion avec un groupe de musiciens de Gaillard/Annemasse, qui eux aussi étaient bien présents à ses funérailles. Eux aussi ignoraient notre existence, comme nous la leur. Quelle leçon finale d’éclectisme talentueux et de modestie !

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Current Issue - May 2013

Photo: © WHO
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