UN Special

Prix des denrées alimentaires : de la crise à la stabilité

  • Google
  • Facebook
  • Twitter
  • Instapaper
  • Add to favorites
  • RSS

FAO – JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION

ABDESSALAM OULD AHMED
DIRECTEUR DU BUREAU DE LA FAO AUX NATIONS UNIES À GENÈVE

La journée mondiale de l’alimentation a été décidée en 1980 par l’Assemblée générale des Nations Unies, afin de marquer la solidarité avec tous ceux qui souffrent de la faim dans le monde et commémorer la création de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) le 16 octobre 1945.
Cette journée a été célébrée cette année sous le thème Prix des denrées alimentaires, de la crise à la stabilité, afin de sensibiliser la population mondiale au danger lié à la volatilité des prix des denrées alimentaires et aux risques d’une nouvelle crise alimentaire. Parvenir à stabiliser les prix est une condition essentielle pour permettre l’accès de tous, notamment des plus vulnérables, à une nourriture décente. Les Etats, les Organisations internationales, la société civile et le secteur privé doivent travailler en partenariat afin de trouver des solutions durables pour nourrir une population mondiale qui pourrait dépasser les 9 milliards d’habitants d’ici 2050.
La fluctuation des prix fait peser une menace sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement. Selon la Banque mondiale, l’augmentation des prix des aliments, en 2010-2011, a jeté près de 70 millions de personnes dans l’extrême pauvreté. Il est donc important de déterminer les causes de la fluctuation des prix et de trouver des solutions efficaces afin de réduire les effets négatifs de ces fluctuations, notamment sur les groupes vulnérables de la société.

Comment en sommes-nous arrivés là ?
Entre 2005 et 2008, les prix des produits alimentaires de base ont atteint leur plus haut niveau depuis 30 ans. Au cours de cette période, le prix du maïs a augmenté de 74 % tandis que celui du riz a triplé, avec une hausse de 166 %. Des émeutes de la faim ont alors explosé dans plus de 20 pays. En 2008, les prix ont cependant recommencé à baisser – chutant de 33 % en 6 mois – en partie à cause de la crise financière qui a jeté l’économie mondiale dans la récession réduisant de ce fait la demande. La baisse a toutefois été de courte durée. En 2010, les prix des céréales ont grimpé de 50 % et leur  flambée s’est poursuivie début 2011, avant de baisser à nouveau légèrement. Les experts de la FAO estiment que l’instabilité des prix risque de se poursuivre. Dans les pays importateurs nets de produits alimentaires, la hausse des prix alourdit la balance de leurs importations pour nourrir leurs populations.  En 2010, les pays à faible revenu et à
déficit vivrier ont dépensé la somme record de 164 milliards d’USD pour ces importations, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2009. Les personnes vivant avec moins de 1,25 USD par jour sont, quant à elles, contraintes de sauter un repas. Les agriculteurs sont aussi affectés par la volatilité des prix puisqu’ils doivent anticiper les prix auxquels ils vont vendre, afin de décider sur quoi produire.
Les turbulences que traversent les marchés marquent une rupture avec la période 1975-2000, durant laquelle les prix des céréales sont restés relativement stables. La Révolution verte, lancée dans les années 60, a permis de faire face à une croissance démographique rapide – la population mondiale a doublé entre 1960 et 2000 – et contribué à ce que l’offre alimentaire satisfasse la demande. En Occident, la surabondance de produits alimentaires était due aux subventions que les pays de l’OCDE versaient à leurs agriculteurs. La situation est tout autre aujourd’hui. Le marché mondial s’est tendu : l’offre peine a suivre le rythme de la demande et les stocks sont à leurs plus bas niveaux. L’équilibre est facilement rompu si des chocs tels que sécheresses ou inondations frappent des régions productrices de premier ordre. La croissance économique rapide des pays émergents contribue aussi aux tensions actuelles sur les marchés : toujours plus de personnes mangent davantage de viande et de produits laitiers, d’où une augmentation rapide des besoins en graines fourragères. Les subventions et les mandats inflexibles sur la production de biocarburants contribuent à la pression sur la demande. En outre, les restrictions à l’exportation de produits alimentaires de base ont comme effet d’alimenter la hausse des prix. Les recherches de la FAO suggèrent, par ailleurs, que la spéculation, si elle n’est peut-être pas à l’origine des fluctuations des prix, pourrait en aggraver l’ampleur.

Comments are closed

Current Issue

Download PDF

Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Search by Cover

FOLLOW US

                                   

STAY UPDATED

Subscribe to our newsletter and we'll update you on the releases of our next issues            
2001-2014 © UN Special | Terms of Use